Une professeure de psychologie de Glendon reçoit deux importantes subventions de recherche

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Evelyne Corcos, Ph. D. (à droite), professeure adjointe au Département de psychologie de Glendon, a reçu deux subventions de recherche du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), dans le cadre du programme Les textes, les documents visuels, le son et la technologie. La première subvention, accordée en 2007, était de 50 000 $. Une nouvelle subvention de 40 800 $ cette année permet à Mme Corcos de poursuivre ses recherches de pointe dans le cadre d’un projet utilisant les technologies les plus récentes pour favoriser l’apprentissage par l’expérience.
Les recherches d’Evelyne Corcos portent sur la communication sociale chez les adolescents à risque. La première phase de son projet a permis de mettre au point un prototype visant à changer les comportements grâce aux dessins animés. Lors de cette seconde phase, judicieusement appelée screenPLAY, des étudiants sont filmés en train de recréer des situations typiquement vécues par les adolescents telles que des discussions sur les comportements sexuels acceptables, des désaccords entre amis et camarades de classes ou des problèmes liés aux études.

Mme Corcos a créé des modèles dans lesquels les scènes identifient des capacités de raisonnement particulières utilisées dans les apprentissages sociaux. Dans un modèle, par exemple, on demande aux participants qui regardent les vidéos de déterminer si ce qu’ils voient est un exemple d’un comportement particulier. On leur fournit une définition écrite et orale du comportement et ils doivent expliquer les raisons de leur choix, en ayant aussi accès aux raisons données par les autres utilisateurs. On leur demande ensuite de classer toutes les réponses, de la plus efficace à la moins efficace. Afin de favoriser les échanges et d’ajouter un aspect ludique, les mots employés dans la définition sont utilisés dans une partie de Scramble à durée limitée. Enfin, les utilisateurs doivent créer une scène sur le comportement en question en utilisant le logiciel de conversion en dessins animés.


Une collection de personnages ados utilisés dans les vidéos

screenPLAY protège l’identité des utilisateurs en leur faisant créer un avatar qui les représentera sur le site Web. Les avatars actuellement disponibles permettent aux usagers de choisir non seulement un type de personnalité, mais aussi une gamme d’émotions.

Evelyne Corcos et son équipe ont déjà filmé des élèves du secondaire en train de recréer des scénarios que les adolescents considèrent pertinents pour eux. Grâce à la conversion des séquences filmées en dessins animés par un procédé appelé rotoscopie, les jeunes acteurs conservent l’anonymat.

Mme Corcos a réuni une équipe importante pour ce projet, composée principalement de professeurs et d’étudiants de l’Université York. Mentionnons entre autres Peter Paolucci, du Département d’anglais du campus Keele, dont l’apport particulier au projet est de traduire les aspects psychologiques en langage technologique; Shirley Hu, programmeuse de base de données et Boze Zekan, programmeur Flash et pour le Web; Fiona Dyshniku, étudiante au Département de psychologie de Glendon, qui travaille au contenu des vidéos; Samantha Shute, étudiants en beaux-arts à York, qui travaille à la production des vidéos; et Fiona MacDonald, graphiste. De plus, grâce à l’appui du programme RAY (Recherche à York) et du programme travail-études, les étudiants Javeria Arshad et Mohammad Affan Jalal prennent part à la recherche de contenu ainsi qu’à la collecte et l’analyse des données. Des vidéastes étudiants ont aidé à filmer les scènes.

« Les défis techniques particuliers à ce projet sont assez importants », de dire Evelyne Corcos. « Jusqu’à présent, tous les avatars sont créés un par un sur l’ordinateur ; il s’agit réellement d’une forme d’art, d’un type de peinture. Comme on peut s’en douter, cela coûte cher et prend beaucoup de temps. Nous explorons des techniques novatrices non seulement pour simplifier le processus, mais aussi pour ajouter des fonctions nouvelles et motivantes. »

À droite: Quelques avatars représentant des émotions différentes

Evelyne Corcos et son équipe ont produit un ensemble de douze scénarios présentés à un groupe de discussion composé d’élèves de la 9e à la 11e année. Mme Corcos a aussi reçu une subvention parallèle du CRSH dans le but d’examiner les capacités langagières des adolescents sous un angle nouveau. « Nous savons que beaucoup de jeunes ayant des problèmes d’ordre social ont souvent aussi des difficultés avec le langage », dit-elle. « screenplay sera bien sûr utile en tant que ressource pour les enseignants et les élèves, mais c’est la recherche qui offre de nouvelles perspectives sur la relation entre le langage, la connaissance et les habiletés sociales et qui nous permettra de tester des hypothèses et de concevoir des théories. »

On s’attend à ce que l’utilisation de ces outils amène de nombreux bienfaits. En décrivant ce qu’ils observent dans chaque scène, les participants améliorent leurs capacités d’expression orale et écrite et s’efforcent de résoudre des problèmes liés aux questions soulevées. Ils peuvent apprendre à « lire entre les lignes » lorsqu’ils observent le comportement de leurs pairs et à se mettre à la place des autres. screenplay est conçu pour encourager les adolescents à développer leurs capacités à créer des situations où tous sont gagnants, une technique qui n’est pas innée mais bien apprise. « Dans une société multiculturelle comme la nôtre, les habiletés sociales s’apprennent souvent ailleurs qu’à la maison », de remarquer Mme Corcos. « Les enfants immigrants, par exemple, découvrent souvent les problèmes liés à la violence et les normes de la culture dominante à l’école. »

« Avec ce projet, je vise tous les élèves du secondaire », a-t-elle ajouté. « Ils peuvent entendre ce que les autres ont à dire dans une situation particulière et décider de ce qui est efficace. L’accent est mis sur la raison – sur le fait de bien réfléchir. »

Qu’est-ce que l’avenir réserve à ce projet ? « Je veux présenter des scènes qui représentent le quotidien des adolescents, d’une façon amusante et qui favorise la collaboration avec d’autres adolescents », a répondu Evelyne Corcos. « Il y a un nombre infini de questions à examiner. De nouvelles scènes peuvent être ajoutées en tout temps et adaptées aux besoins de n’importe quel groupe. »

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 1 December 2008