Le psychologue Guy Proulx met sur pied un programme de stages pour les étudiants de Glendon

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Le département de Psychologie de Glendon annonçait récemment que le docteur Guy Proulx (à droite) avait joint pendant l’été le rang de ses professeurs titulaires. Guy Proulx n’est pas un nouveau venu à Glendon, puisqu’il enseigne sur le campus depuis plusieurs années à titre de professeur invité. Mais en mettant au service de Glendon l’essentiel de son attention professionnelle, il enrichit le Collège de sa vaste expérience et des atouts qu’elle lui procure, au grand avantage des étudiants.
De fait, le rôle de Guy Proulx à Glendon s’étend bien au-delà de l’enseignement en classe. Depuis son arrivée à Toronto en 1986, il a occupé nombre de postes éminents au Baycrest Centre for Geriatric Care et au Sunnybrook Health Sciences Centre (pour des détails, voir ci-dessous). Ce bagage professionnel lui a permis d’organiser des stages au centre Baycrest pour certains de ses étudiants de Glendon, un échange duquel tout le monde sort gagnant.

« Je suis convaincu que les étudiants d’aujourd’hui recherchent, dans tous les domaines, à acquérir une expérience pratique, appliquée », commente-t-il. Les stages au centre Baycrest offrent aux étudiants du premier cycle l’occasion de gagner une telle expérience, tout en mettant à la disposition de l’établissement un bassin de bénévoles instruits, puisque les étudiants connaissent la méthodologie de la recherche, qu’ils ont déjà réussi un certain nombre de cours de psychologie et qu’ils éprouvent pour la discipline un intérêt sérieux.

« Nos stagiaires sont bien équipés pour contribuer à la mise en œuvre des changements dans le mode de vie de nos patients, ce qui augmente la viabilité de notre système de santé tout en permettant aux étudiants d’acquérir, dans de nombreux domaines interreliés, une expérience pratique très utile », ajoute-t-il. Cette collaboration intersectorielle entre le système de santé et les établissements d’enseignement est cruciale pour l’avenir, selon lui, et il est très enthousiaste à l’idée de l’encourager.

Guy Proulx apporte à Glendon quarante-deux ans d’expérience professionnelle dans les établissements de soins prolongés. Il est spécialiste du vieillissement, de ses conséquences et des traitements possibles. « Le problème le plus important lié au vieillissement est la perte de mémoire et le déclin des fonctions cognitives, explique-t-il. Dans les pays développés, 8 % de la population de plus de 65 ans souffrira de démence; après 75 ans, la proportion passe à 17 %, et elle bondit à 37 % après 80 ans. Il y a aujourd’hui 600 millions de personnes âgées de plus de 65 ans, et d’ici 2050, ce nombre passera à 2 milliards. Au Canada, avec une espérance de vie actuelle de 80 ans malgré tous les problèmes de santé, ils sont nombreux, les problèmes liés au vieillissement que nous devons prendre au sérieux. »

Certaines des questions graves que nous devons examiner, d’après le docteur Proulx : étant donné le vieillissement critique de la population, combien de temps pourrons-nous, collectivement, maintenir nos services en santé? Comment réduire les inégalités sociales en santé, et dans les soins de santé? Enfin, en augmentant la longévité, ne sommes-nous pas en quelque sorte victimes de notre succès?

« Je cherche intensément à produire un effet sur les jeunes, dit Guy Proulx, à leur apprendre très tôt à adopter un mode de vie sain parce que c’est le meilleur moyen d’augmenter leur espérance de vie. L’attention accordée tout au long de la vie à de saines habitudes nous garantit aussi que les aînés pourront continuer à contribuer à la société et qu’ils auront moins besoin de recourir aux services en santé. » C’est pourquoi il encourage chacun à demeurer actif physiquement, à arrêter de fumer (ou mieux encore, à ne jamais commencer), à éviter l’obésité et à rester au fait de ce qui permet de préserver la santé.

« Guy est un ardent défenseur de l’amélioration de notre système de santé, affirme sa collègue du département de Psychologie de Glendon, Josée Rivest. Ses innovations sont et resteront des modèles de mise en œuvre pour les fournisseurs de soins de santé. Ses réalisations s’accomplissent grâce à un leadership qui tient compte des forces et des faiblesses de chaque membre de son équipe. Son expertise dans le domaine de la neuroscience est exceptionnelle, c’est un chercheur accompli et convaincu, et son souci à l’égard des besoins des patients, comme de tous les participants, est authentique. »

« L’Organisation mondiale de la santé définit la santé comme un équilibre entre le physique, le mental et le social, et pas uniquement comme l’absence de maladie, explique le professeur Proulx. Un collège spécialisé dans les arts libéraux comme Glendon peut contribuer à tous ces aspects grâce à ses programmes interdisciplinaires, dont le B. A. international (B.A.i) et l’École des Affaires publiques et internationales (ÉAPI), entre autres. Les étudiants en sciences humaines, au premier cycle comme aux cycles supérieurs, développent des compétences en recherche et en statistiques et des habiletés interpersonnelles qui peuvent servir énormément dans le domaine des soins de santé. »

Guy Proulx est fier de ses racines francophones. Il souligne que Toronto compte une grande population francophone pour qui le caractère bilingue de Glendon est un avantage de plus car il permet de s’adresser aux gens dans leur propre langue.

« J’ai conçu des outils d’évaluation neuropsychologique en français », indique-t-il. Mais les normes de la communauté francophone ne sont pas celles des autres groupes. Glendon est un endroit idéal pour établir ces normes et confirmer leur validité. Pour que l’évaluation d’un patient soit valide, il est capital qu’elle se fasse dans sa langue dominante. »

Au long de sa carrière, Guy Proulx a toujours travaillé dans des établissements affiliés à des universités, et l’enseignement est naturel pour lui. « Je veux servir de catalyseur aux relations entre Baycrest, Sunnybrook et Glendon, conclut-il, afin que les étudiants soient formés pour développer des programmes, et qu’ils acquièrent l’expérience pratique qui fera d’eux, à la fin de leurs études, les professionnels les mieux préparés. »

Au sujet de Guy Proulx

Le docteur Guy Proulx (Ph. D., C. Ps.) a obtenu son doctorat en psychologie de l’Université d’Ottawa en 1981. Il a été directeur du département de psychologie des hôpitaux St-Vincent et Elizabeth-Bruyère d’Ottawa, de 1981 à 1986. Entre 1986 et juillet 2009, il était directeur du département de psychologie du Baycrest Centre for Geriatric Care, à Toronto; il a également été nommé directeur de la neuroréadaptation. Depuis 1999, Guy Proulx était responsable des services neuropsychologiques à Sunnybrook, dans le contexte de l’Alliance Neuroscience. En 2008, il avait été nommé directeur du programme de santé cognitive et comportementale, un nouveau programme interdisciplinaire offert à Baycrest. En 2009, Guy Proulx a accepté un poste de professeur titulaire au collège Glendon de l’Université York. Il se spécialise dans l’évaluation et la réadaptation des troubles cognitifs chez les personnes frappées d’apoplexie ou atteintes de démence.

Il est l’auteur d’articles et de chapitres de livres dans le domaine de la gériatrie, du vieillissement cognitif et de la réadaptation. Il concilie différentes approches neuropsychologiques dans le but de réduire l’invalidité consécutive aux troubles cognitifs.

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 15 October 2009