Journée de simulation des Nations Unies : une première à Glendon

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Le 22 octobre, au pavillon historique Glendon, s’est déroulée – pour la première fois sur le campus – une journée de simulation des Nations Unies (Model United Nations Day aussi appelé DayMUN) entièrement planifiée, organisée et animée par des étudiants du Club des Nations Unies de Glendon. Dans le cadre des Model U.N., les participants simulent les activités de comités et d’organes subsidiaires de l’ONU, veillant à respecter les statuts et les règlements de l’organisation, notamment les procédures concernant les débats et le code vestimentaire (port d’une tenue occidentale pour les affaires). Chaque délégué représente un pays choisi à l’avance parmi les États membres de l’ONU.
Sous la direction de la présidente du club, Abbey Sinclair, étudiante de 3e année en Études internationales/Science politique à Glendon, et de la vice-présidente du club et secrétaire générale par intérim, Sarah Walker (2e année, Études internationales/Science politique), un Secrétariat regroupait trois directrices, Siobhan de Graaf, June Findlay et Lia Magi, et deux coordonnatrices des relations publiques, Karolina Stelmach-Kseniak et Emily Gould. Cette équipe a passé l’été et l’automne à organiser la conférence, choisir les thèmes des débats et inviter des conférenciers.

« DayMUN initie les étudiants au monde de la diplomatie et au domaine de la négociation, en les invitant à se glisser dans la peau d’ambassadeurs d’États membres de l’ONU, allant de l’Afghanistan au Zimbabwe, et à débattre de questions inscrites au vaste ordre du jour de l’organisation, a déclaré Abbey Sinclair. Avant de jouer leur rôle d’ambassadeur lors de la simulation, les étudiants font des recherches sur les problèmes mondiaux dont il sera question. »

« Les délégués préparent des exposés de position et des projets de résolution, définissent des stratégies, négocient avec leurs supporters et leurs adversaires, résolvent des conflits et naviguent parmi les règles de procédure de l’ONU, afin de parvenir à une coopération internationale visant à résoudre des problèmes qui touchent aujourd’hui presque tous les pays », a ajouté Abbey Sinclair. Fondé en 1983, le Club des Nations Unies de Glendon – qui participe à des conférences dans toute l’Amérique du Nord – s’est toujours efforcé d’atteindre « rien de moins que l’excellence diplomatique » dans ses projets d’étude sur les relations internationales, les politiques, l’économie et d’autres questions liées aux activités de l’ONU.

Vingt pays étaient représentés au sein des deux comités simulés. Les participants comprenaient quatorze étudiants de l’école secondaire Humberside Collegiate, venus tester leurs compétences en matière de débat face à des étudiants universitaires, et ainsi s’entraîner pour de futures conférences au niveau des écoles secondaires. Motivés et très bien préparés, les étudiants de Humberside ont beaucoup contribué à la conférence, n’hésitant pas à remettre en cause les positions des autres délégués et à argumenter pour animer les débats. La conférence leur a aussi permis de découvrir Glendon et certains considèrent maintenant la possibilité d’y faire des études postsecondaires. Sara Walker, secrétaire générale pour la journée, a déclaré : « Je suis très heureuse de constater que cette initiative qui visait au départ à mieux préparer les membres du club à des conférences hors campus, a permis de faire découvrir les activités de simulation des Nations Unies non seulement à d’autres étudiants de Glendon, mais aussi à des étudiants potentiels. Dans les années à venir, nous espérons inviter un plus grand nombre d’écoles. »


Au cours des deux séances, la Commission des droits de l’homme a discuté des « Conséquences de la ‘guerre contre le terrorisme’ sur les droits universels de la personne », tandis que le Comité économique et social a exploré les « Conséquences économiques et sociales de la production de pétrole sur l’économie mondiale », deux questions d’actualité d’une grande importance dans les affaires mondiales.

Dans son discours d’accueil, la principale Françoise Boudreau a souligné la fière tradition de Glendon en matière d’études internationales et d’affaires publiques.
« Le fondateur et premier principal du Collège, Escott Reid, était un éminent diplomate et universitaire. En outre, John W. Holmes, un autre diplomate renommé qui a fait partie de nos illustres professeurs, a participé à la création des Nations Unies et assisté à sa première Assemblée générale en 1945 » a dit Mme Boudreau. Puis d’ajouter : « Nous sommes fiers d’appuyer les initiatives des étudiants qui s’inscrivent dans le cadre de notre mandat, à savoir offrir des programmes d’études bilingues de grande qualité, mettant l’accent sur les affaires publiques. »

Trois conférenciers invités ont fourni une foule d’informations et des opinions éclairées sur les sujets à l’ordre du jour. Le professeur Benjamin Richardson, de la Faculté de droit Osgoode Hall, a exploré la question : « Comment responsabiliser davantage les pays producteurs de pétrole face aux préoccupations environnementales ».
M. Richardson a été l’un des membres fondateurs du New Zealand Centre for Environmental Law et conseiller en politiques pour le New South Wales National Parks and Wildlife Service en Australie.

Shadi Mokhtari, professeure adjointe à la Faculté de droit Osgoode Hall et à l’Université Columbia, a parlé des « Obstacles à l’application des droits de la personne dans le monde islamique ». En tant qu’Américaine d’origine iranienne, elle a fourni un point de vue unique sur certains des coûts liés à la guerre mondiale contre le terrorisme.

La troisième conférencière, la professeure Sharon Williams, également de la Faculté de droit Osgoode Hall, a fait partie de la Cour internationale de Justice créée à Rome en 1998, et du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie. Sa présentation portait sur « L’immunité contre l’obligation redditionnelle au niveau international ».

Toute la journée a été marquée par un grand professionnalisme, beaucoup de sérieux et une réelle coopération – un bel exemple pour les pays et les délégués qui participent réellement aux activités de l’ONU. Lors de la cérémonie de clôture, la secrétaire générale, Sarah Walker, a félicité les délégués pour leur conduite diplomatique exemplaire tout au long de la journée, et remis des prix aux participants qui avaient joué de manière remarquable leur rôle de délégué au sein de leur comité respectif. En outre, le Secrétariat s’est dit très satisfait de la conférence, et a exprimé le souhait que celle-ci devienne un événement annuel à Glendon, afin d’accroître les occasions d’enrichissement pour les nombreux étudiants qui se préparent à travailler dans la fonction publique.


Par Marika Kemeny, spécialiste en communications du Collège Glendon


Publié le 5 November 2004