Un nouveau cours populaire qui illustre bien la multidisciplinarité de la formation offerte au Collège Glendon

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Cette année, le Collège Glendon offre un nouveau cours qui est un exemple remarquable de la nature multidisciplinaire de la formation générale qu’il dispense. Le cours en question est donné par Charles-Antoine Rouyer, un diplômé de Glendon et de la Faculté des études environnementales de l'Université York, qui aborde la matière dans une perspective globale et d’une manière rafraîchissante.

Mettant en relation trois champs d'étude rarement associés l'un à l'autre, ce cours de première année d’une durée d’un an intitulé Communication, santé et environnement est offert dans le cadre du
programme d’études de l’environnement et de la santé du Département d'études multidisciplinaires de Glendon. C.-A. Rouyer présente un véritable « buffet » de sujets (ce sont ses propres mots) qui, après un examen approfondi, présentent nécessairement des liens entre eux. Les étudiants de tous les niveaux peuvent ainsi avoir un avant-goût de diverses disciplines avant de choisir celle dans laquelle ils souhaitent se spécialiser. Le cours couvre également les relations mutuelles entre ces domaines, plus particulièrement en regard des déterminants clés de la santé et de la viabilité écologique urbaine.

D’après Rouyer, nous ne pouvons séparer ces champs, car leurs caractéristiques et leurs répercussions se chevauchent. Prenons comme exemple la définition de la « santé ». Selon l’Organisation mondiale de la Santé, celle-ci peut être physique, sociale ou mentale. La Faculté des études environnementales enseigne que « l’environnement » se rattache aux sphères naturelle, sociale, urbaine et économique. Enfin, la « communication » peut se produire par l’entremise de divers médias ou entre individus.

Rouyer fait profiter son enseignement d’une multitude de compétences formelles et d’expériences concrètes et ce, autant dans le domaine de l’environnement que dans celui de la communication. Son premier contact avec Glendon remonte à 1984. Étudiant à Bordeaux, en France, il était venu au Canada dans le cadre d’un programme d’échanges d’étudiants. Après être retourné en France, il a fait une demande pour obtenir le statut de résident permanent. Il est ensuite revenu à Glendon en 1989 pour y faire un baccalauréat spécialisé en économique avec mineure en psychologie.

Il a vécu quelques expériences intéressantes en cours de route. Il est, entre autres, allé planter des arbres dans le grand nord de l’Ontario et il a rencontré d’autres étudiants de Glendon qui, comme lui, s’intéressaient vivement aux questions humanitaires et aux problèmes affectant la nature. Il a aussi découvert les soins de santé intégrés après avoir rencontré des étudiants en chiropratique qui demeuraient dans les résidences de Glendon.

« Ces relations ne sautaient pas aux yeux à l’époque, explique Rouyer. Présentement, je vois les études multidisciplinaires comme un « homme à tout faire » et (souhaitons-le) un « agent de liaison ». Il est primordial d’établir des liens entre différents champs d’étude. Nous avons accumulé un savoir impressionnant en tant qu’espèce, mais chacun de nous, en tant qu’individu, atteint un degré de spécialisation si élevé que nous en connaissons de plus en plus sur de moins en moins de sujets. Les champs d’étude sont souvent comparés à des silos solitaires, isolés les uns des autres. Je crois que cela explique en partie pourquoi nous connaissons les problèmes environnementaux actuels et pourquoi nous devons aborder ces problèmes de façon plus globale, plus multidisciplinaire. C’est ainsi que nous bâtirons un monde plus en santé et que chacun pourra bénéficier d’une meilleure qualité de vie. »

Rouyer a fait ses débuts en journalisme pendant ses études de premier cycle à Glendon. Il écrivait alors pour le journal étudiant ProTem. Cette première expérience dans le monde de l’édition lui a permis d’écrire pour L’Express de Toronto, un des journaux francophones de la ville, tout en suivant des cours du soir en journalisme à Ryerson. Il contribue encore régulièrement à L’Express, à Radio-Canada (Toronto) et à TFO, le réseau de télévision francophone de l’Ontario. Il a également obtenu une maîtrise en études environnementales de l’Université York. Il s’était alors penché sur le concept des « Villes-santé », un programme offert à l’échelle mondiale par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Le travail de journalisme de Rouyer porte principalement sur la santé urbaine, les Villes-santé, l’écologie urbaine et l’écotourisme. Le 16 mars, il présentera le mot d’ouverture de la conférence donnée par Bob Willard, un éminent auteur et conférencier spécialiste de la durabilité de l’environnement, sur The Next Sustainability Wave* à la Faculté des études environnementales de l’Université York.

Rouyer partage avec sa classe son expérience dans les trois sphères de son cours Communication, santé et environnement. En communication, il s’affaire à développer les connaissances médiatiques de ses étudiants et il s’efforce de stimuler leur sensibilité face aux problèmes actuels. « Je les encourage à remettre en question le contenu de ce que les médias d’information nous présentent », dit Rouyer. Dans sa classe, les étudiants analysent et critiquent le contenu, la présentation, le dit et le non-dit des informations présentées par les médias écrits et autres. En d’autres mots, ils reçoivent une formation en pensée critique. Ils apprennent à résumer une nouvelle et une émission, à en peser le pour et le contre, à en évaluer la partialité et le ton ainsi qu’à déterminer pourquoi tel sujet est abordé à ce moment précis et de cette façon précise.

Pour sa première année d’existence, le cours en communication, santé et environnement affichait complet : les cinquante places disponibles avaient déjà toutes été réservées dès le début du mois de juillet. On a d’ailleurs augmenté la capacité de cette classe à 75 étudiants pour l’année prochaine. Qu’est-ce que ça vous fait de revenir à Glendon, mais cette fois, à titre de chargé de cours? « Je suis heureux de revenir là où j’ai eu la grande chance d’étudier, affirme Rouyer. Glendon et la Faculté des études environnementales sont des milieux d’apprentissage très spéciaux, et je suis heureux de pouvoir intégrer ce que j’ai appris dans ces deux facultés et de le transmettre à des étudiants de première année. »

« En tant que journaliste ou communicateur, je me vois comme un gestionnaire de contenu ou d’information. Cependant, travailler dans ces secteurs, c’est un peu comme mettre un message dans une bouteille et la lancer à la mer : vous ne savez absolument pas qui trouvera la bouteille et lira le message, ajoute Rouyer. Lorsque j’enseigne, je peux "déboucher" la bouteille moi-même, transmettre directement le message et obtenir une réponse immédiate. C’est de la communication bidirectionnelle. J’ai ainsi l’occasion de connaître la prochaine génération et de contribuer à sensibiliser les décideurs de demain. »

* Liens vers les sites Web d’organisations travaillant dans les champs de la santé urbaine et des Villes-santé :
 L’article de C.-A. Rouyer au sujet de la santé urbaine et des Villes-santé est disponible sur le site Web du Réseau canadien de la santé (en français et en anglais) : http://www.canadian-health-network.ca/servlet/ContentServer?cid=1039795127473&pagename=CHN-RCS%2FCHNResource%2FCHNResourcePageTemplate&c=CHNResource&lang=Fr
 Coalition des communautés en santé de l’Ontario, http://ccso.ca/ccso.htm
 Réseau québécois de Villes et Villages en santé (RQVVS), http://www.rqvvs.qc.ca/
 Mouvement acadien des communautés en santé du Nouveau-Brunswick, http://www.crcp.nb.ca/macs/
 Réseau français des Villes-santé de l'OMS, http://www.villes-sante.com/ ; Quels sont les éléments d'une communauté en santé? : http://www.ccso.ca/la_CCSO/communeaut%E9s_en_sant%E9.htm .

Article soumis par Marika Kemeny, agente de communication de Glendon (février 2005)


Publié le 21 February 2005