Visite du lieutenant-gouverneur de l’Ontario

Share

L’honorable David Onley, lieutenant-gouverneur de l’Ontario, était en visite à Glendon le 11 janvier dernier. Le lieutenant-gouverneur avait été invité par Radha Persaud, professeur de sciences politiques, à présenter dans le détail aux étudiants de son cours sur le gouvernement canadien les fonctions et les responsabilités vice-royales.

Le lieutenant-gouverneur de l’Ontario est le représentant de la reine dans la province, comme l’est le gouverneur général dans l’ensemble du pays. Les hôtes du visiteur n’ont pas tardé à apprendre que le statut de leur invité se double de nombreux éléments protocolaires, depuis l’apostrophe officielle, « Son Honneur », jusqu’à la présence d’un aide de camp en uniforme et de plusieurs policiers en civil de la police provinciale de l’Ontario. Mais les formalités se sont arrêtées là : d’entrée de jeu, le lieutenant-gouverneur a indiqué clairement qu’il souhaitait s’adresser aux étudiants directement, afin d’expliquer ce qu’il considère comme son mandat et comme l’occasion qui lui est donnée d’être facteur de changement.

Selon la façon dont on compte, le lieutenant-gouverneur Onley est la 42e ou la 28e personne à occuper ce poste : il y a eu 14 représentants de la monarchie avant la Confédération et 28 après, lui-même y compris. Mais Son Honneur, qui est en poste depuis 2007, est le premier lieutenant-gouverneur physiquement handicapé; à l’âge de trois ans, il a été atteint de la polio et souffre depuis du syndrome de postpoliomyélite. Tout au long de ses 22 années de carrière d’éminent communicateur à CityTV – il a été le premier présentateur principal atteint d’un handicap visible –, il a fait de l’accessibilité son mandat personnel et a été un modèle exceptionnel de réussite pour les personnes qui doivent surmonter des handicaps physiques.

À gauche : L’honorable David Onley, lieutenant-gouverneur de l’Ontario

« David Onley est à l’origine de cette définition de l’accessibilité comme moyen de permettre aux gens de réaliser leur plein potentiel, a indiqué le principal de Glendon, Kenneth McRoberts, dans son mot de bienvenue. L’accessibilité, la vraie, signifie que les personnes handicapées peuvent participer pleinement à la vie sociale, culturelle et économique de l’Ontario. Parce que l’accessibilité inclut la possibilité de s’instruire, Son Honneur poursuit et renforce les programmes d’alphabétisation des jeunes autochtones mis en place par son prédécesseur. »

Le lieutenant-gouverneur, citant Santayana, selon qui « on ne peut savoir où l’on va si on ne sait pas où l’on est », a décrit son travail selon trois points de vue. Dans un vaste survol historique, il a commencé par rappeler les contributions des premiers lieutenants-gouverneurs, John Graves Simcoe en tête.

Les premiers représentants du monarque étaient des gouverneurs militaires et jouaient souvent le rôle d’espion pour la mère patrie. J. G. Simcoe a formulé des politiques de gouvernance pour les colons, il a fait construire des routes et encouragé l’installation continue de nouveaux venus. Il a instauré les cours de justice basée sur le modèle britannique et a contribué par ses efforts à l’abolition de l’esclavage. « Bien que les intérêts des puissants de l’époque l’aient empêché d’imposer une interdiction radicale et immédiate [de l’esclavage], les lois décisives qu’il a établies ont porté un coup fatal à cette infâme institution. Il me semble que nous pouvons tous être fiers du fait que les premières lois contre l’esclavage dans l’Empire britannique ont été établies ici, en Ontario. »

À droite : (de gauche à droite) le professeur Radha Persaud, Son Honneur le lieutenant-gouverneur de l’Ontario, l'aide de camp du lieutenant-gouverneur et le principal de Glendon, Kenneth McRoberts

Le lieutenant-gouverneur a ensuite passé en revue les principales responsabilités gouvernementales de la vice-royauté depuis la Confédération. Il a rappelé que la Reine est représentée dans l’ensemble du Canada par le gouverneur général, et dans chaque province par un lieutenant-gouverneur. Ces représentants sont sans affiliation politique et ils s’adressent directement aux citoyens d’un point de vue non partisan.

« Le lieutenant-gouverneur est le chef constitutionnel de chaque province; l’autorité dont il jouit lui permet d’encourager ou de réprimander le gouvernement au sujet des questions à l’ordre du jour, a-t-il expliqué. Le lieutenant-gouverneur entérine les projets de loi, autorise les nominations au Cabinet et l’ensemble des nominations aux différents conseils et commissions provinciaux, reconduit l’Assemblée législative et rédige les décrets de convocation aux élections. »

Il a ajouté que les lieutenants-gouverneurs d’aujourd’hui n’ont pas de réel pouvoir politique; celui-ci se trouve dans les faits entre les mains du premier ministre et des politiciens élus. Les lieutenants-gouverneurs ont le rang gouvernemental le plus élevé dans leur province après le monarque; lors d’événements officiels, ils ont préséance sur l’héritier de la couronne – le prince Charles, en l’occurrence.

« Toutefois, la responsabilité suprême du lieutenant-gouverneur, une responsabilité que je prends très au sérieux, est celle de gardien du processus démocratique. L’expression peut paraître un peu exaltée, mais je crois qu’elle décrit exactement la fonction et qu’elle est l’une des raisons fondamentales pour lesquelles notre système de gouvernement est meilleur que d’autres. »


Les étudiants parlent avec le lieutenant-gouverneur

Après une discussion au sujet de certains événements récents de la scène politique, Son Honneur a abordé le troisième axe de sa présentation, soit le mandat du représentant de la reine et l’avenir de la fonction.

Le lieutenant-gouverneur a cité un article du National Post paru en 2007 et signé par Akaash Maharaj, qui écrivait : « C’est facile… de considérer le poste de lieutenant-gouverneur comme un vestige de l’histoire et de disqualifier ses titulaires en les mettant au rang des accessoires d’apparat – non élus, qui plus est. » Mais, poursuivait Maharaj, le rôle a un grand potentiel démocratique, dans la mesure où le lieutenant-gouverneur « … peut dire la vérité en face à ceux qui sont au pouvoir, au nom de ceux dont les voix se perdent dans la société. »

Le lieutenant-gouverneur Onley s’est dit d’accord avec cette vision, avant d’ajouter : « À titre de premier lieutenant-gouverneur de l’Ontario atteint d’un handicap, ces voix sont [pour moi] celles des gens qui se battent pour l’accessibilité, et je choisis cette cause comme fil directeur de mon mandat. Par “accessibilité”, je n’entends pas seulement les courbes adoucies, les portes plus larges et les transports en commun accessibles aux fauteuils roulants, même si ces éléments ont leur importance. Par accessibilité, j’entends tout ce qui permet aux Ontariens handicapés de réaliser leur plein potentiel. »

À gauche : une étudiante parlent avec le lieutenant-gouverneur

Il a confirmé ensuite que le poste qu’il occupe a ceci d’exceptionnel qu’il lui permet de concentrer ses efforts sur un thème unique. C’est également une fonction qui varie dans le temps, capable de s’adapter aux changements d’une manière propre aux postes non élus et non partisans.

Les étudiants ont posé de nombreuses questions enthousiastes. Ils avaient visiblement été touchés par le dévouement et la passion manifestés par le lieutenant-gouverneur, et par son attitude ouverte et sans fioritures envers son public.

« Puisque le Canada est une monarchie constitutionnelle, et puisque des questions sur l’intégrité des institutions de gouvernance sont soulevées occasionnellement au sein du régime gouvernemental canadien, il est important que le rôle et les pouvoirs discrétionnaires de la Couronne soient compris, par ceux qui étudient le régime gouvernemental comme par les Canadiens en général, a déclaré la professeure Persaud – récipiendaire du Prix d’excellence du Principal de Glendon en 2005 pour l’enseignement – au sujet de la signification de cette visite.

Dans ce cas-ci, les étudiants de mon cours sur le gouvernement canadien ont appris à mieux connaître les responsabilités du lieutenant-gouverneur de l’Ontario, ainsi que l’histoire de la fonction vice-royale dans le système gouvernemental ontarien. Mes étudiants et moi sommes très reconnaissants à Son Honneur du temps consacré à cette rencontre extrêmement instructive, que nous considérons à l’unanimité comme l’événement marquant du cours. »

Au sujet de l’honorable David C. Onley

Le lieutenant-gouverneur David Onley se fait le champion des questions touchant les personnes handicapées depuis de nombreuses années. Il a été président du Comité consultatif des normes d’accessibilité du gouvernement de l’Ontario et membre du conseil sur l’accessibilité du Centre Rogers et du Centre Air Canada.

David Onley est né à Midland, en Ontario, et a grandi à Scarborough. Il a été intronisé au Temple de la renommée Terry Fox et au Scarborough Walk of Fame. Il a reçu le prix d’excellence Rick Hansen, le prix Courage to Come Back, ainsi que sept diplômes honorifiques.

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 1 février 2010