Conférence à Glendon sur le passé discriminatoire de la Nouvelle-Angleterre

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<p>Le 16 mars dernier, <a href="http://www.canisius.edu/modlang/faculty.asp">Eileen M. Angelini</a> pronon&ccedil;ait &agrave; Glendon une conf&eacute;rence intitul&eacute;e A Little Known History of Discrimination in New England: The Ku Klux Klan&rsquo;s Attacks on Franco-Americans in the First Half of the 20th Century [&laquo; L&rsquo;histoire m&eacute;connue de la discrimination en Nouvelle-Angleterre : les attaques du Ku Klux Klan contre les Franco-am&eacute;ricains dans la premi&egrave;re moiti&eacute; du 20e si&egrave;cle &raquo;]. Mme Angelini enseigne le fran&ccedil;ais au coll&egrave;ge Canisius de Buffalo. Elle est titulaire d&rsquo;une bourse Fulbright Canada-&Eacute;tats-Unis et occupe, &agrave; titre de chercheuse invit&eacute;e, la Chaire en mondialisation et &eacute;tudes culturelles de l&rsquo;Universit&eacute; McMaster. Elle &eacute;tait invit&eacute;e &agrave; Glendon par les professeurs <a href="http://research.news.yorku.ca/2010/11/15/professor-radha-persaud-to-examine-role-of-lieutenant-governor-of-quebec/">Radha Persaud</a>, du d&eacute;partement de Sciences politiques, et <a href="http://gl.yorku.ca/GlProfProfiles.nsf/UniqueF/GGAT-7NJQ3J?OpenDocument&amp;subnavigation=professeurs">Geoffrey Ewen</a>, coordonnateur du programme d&rsquo;&Eacute;tudes canadiennes.<br />&nbsp;<br />La conf&eacute;renci&egrave;re a fait un rappel historique concis de la relation qui unit le Canada francophone et la Nouvelle-Angleterre. Sa pr&eacute;sentation &eacute;tait centr&eacute;e sur le documentaire de Ben Levine, R&eacute;veil &ndash; Waking Up French: The Repression and Renaissance of the French in New England, et sur le Ku Klux Klan qui s&eacute;vissait &agrave; l&rsquo;&eacute;poque dans cette partie des &Eacute;tats-Unis. Mme Angelini pr&eacute;pare un article intitul&eacute; &laquo; New England and Canada: Understanding the Language, Cultural, and Historical Connections &raquo; [&laquo; Le Canada et la Nouvelle-Angleterre : pour comprendre les liens linguistiques, culturels et historiques &raquo;], qui para&icirc;tra dans le McMaster University Institute on Globalization and the Human Condition Working Papers Series.</p>
<p><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="http://monglendon.yorku.ca/tinymce/jscripts/tiny_mce/plugins/imagemanager/files/20110321/McRoberts_sm.gif" alt="" width="500" height="435" /></p>
<p class="image_caption" style="text-align: center;">De gauche &agrave; droite : le principal de Glendon, Kenneth McRoberts ; Geoffrey Ewen, coordinateur du programme d'&Eacute;tudes canadiennes &agrave; Glendon ; professeure invit&eacute;e Eileen Angelini ; et Radha Persaud, charg&eacute; de cours en science politique &agrave; Glendon</p>
<p>Elle &eacute;crit dans cet article : &laquo; En 1900, la population du Qu&eacute;bec a consid&eacute;rablement grossi. Beaucoup, en fait, par rapport aux terres agricoles disponibles. Parall&egrave;lement, la Nouvelle-Angleterre est en train de harnacher les grandes rivi&egrave;res afin d&rsquo;alimenter ses usines de textiles toujours plus grandes, pour lesquelles elle a besoin d&rsquo;ouvriers. Plus d&rsquo;un million d&rsquo;habitants du Qu&eacute;bec, des catholiques francophones, arrivent alors en masse dans les villes de Nouvelle-Angleterre qui &eacute;taient principalement anglophones et protestantes, cr&eacute;ant une telle quantit&eacute; de petits Canada, de communaut&eacute;s francophones, que la Nouvelle-Angleterre fut un temps surnomm&eacute;e &lsquo;Qu&eacute;bec en sud&rsquo;. <br /><br />Contrairement aux immigrants europ&eacute;ens de la m&ecirc;me &eacute;poque, ceux-ci avaient leurs racines &agrave; une journ&eacute;e de train de leur terre d&rsquo;accueil, o&ugrave; ils pensaient rester seulement le temps de gagner assez d&rsquo;argent pour rentrer chez eux et retrouver leurs fermes et leur mode de vie. Ils &eacute;taient d&rsquo;une loyaut&eacute; extr&ecirc;me envers leurs valeurs franco-catholiques, ax&eacute;es sur la communaut&eacute;, la coop&eacute;ration et la d&eacute;votion plut&ocirc;t que sur l&rsquo;individualisme, la comp&eacute;tition et le mat&eacute;rialisme qui pr&eacute;valaient aux &Eacute;tats-Unis. De fait, leur loyaut&eacute; &eacute;tait si forte qu&rsquo;elle leur a permis de pr&eacute;server leur culture, malgr&eacute; de nombreuses difficult&eacute;s.<br /><br />Dans les petites villes protestantes, on se mit &agrave; craindre cette affluence de gens qui parlaient une autre langue et pratiquaient une religion diff&eacute;rente. On reprocha aux pr&ecirc;tres d&rsquo;encourager les Canadiens fran&ccedil;ais &agrave; ne pas s&rsquo;assimiler, &agrave; ne pas apprendre l&rsquo;anglais. Dans toute la Nouvelle-Angleterre, des tensions s&rsquo;&eacute;lev&egrave;rent. L&rsquo;&eacute;lite des protestants anglophones forma des antennes du Ku Klux Klan, qui, du Massachusetts au Maine, se firent mena&ccedil;antes &agrave; l&rsquo;endroit des communaut&eacute;s francophones et men&egrave;rent des raids contre nombre d&rsquo;entre elles. Se glorifiant de ses adh&eacute;rents plus nombreux encore que dans le Sud, le Klan de la Nouvelle-Angleterre pouvait compter sur des membres influents, bien ancr&eacute;s dans la soci&eacute;t&eacute;. Parmi ceux qui jou&egrave;rent un r&ocirc;le dans la vie publique, l&rsquo;un fut &eacute;lu gouverneur du Maine; le KKK de Nouvelle-Angleterre avait m&ecirc;me une milice f&eacute;minine&hellip; &raquo;<br /><br />La conf&eacute;renci&egrave;re a r&eacute;pondu &agrave; de nombreuses questions, qui ont montr&eacute; que les &eacute;tudiants &eacute;taient bien pr&eacute;par&eacute;s et qu&rsquo;ils comprenaient les enjeux latents du sujet. Avec les professeurs Persaud et Ewen, Mme Angelini entend profiter de son mandat &agrave; la Chaire sur la mondialisation et les &eacute;tudes culturelles &agrave; McMaster pour donner suite &agrave; leurs &eacute;changes et &agrave; leur collaboration.<br /><br /><em>Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon </em></p>

Publié le 23 mars 2011