L’École de traduction de Glendon reçoit un important financement pour offrir des bourses d’études

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L’École de traduction de Glendon a reçu récemment 400 018 $ du gouvernement du Canada en vue d’attribuer des bourses et des bourses d’études. Le directeur de l’École, le professeur Andrew Clifford, a annoncé cette nouvelle importante lors de la Soirée des diplômés de l’École de traduction le 31 mars.


« L’honorable Rona Ambrose, ministre des Travaux publics et des Services gouvernementaux, a annoncé le 18 mars la signature de cinq accords de contributions pour l’attribution de bourses et les stages universitaires en traduction visant à renforcer les langues officielles du Canada », a dit Clifford, citant le communiqué de presse officiel du gouvernement. « Ces accords appuient le Programme de renforcement du secteur langagier au Canada du gouvernement fédéral qui favorise la formation d’une main-d’œuvre qualifiée et qui intègre les technologies langagières. »


De gauche à droite : les professeures Marie-Christine Aubin, Aurelia Klimkiewicz et Julianna Drexler ; les étudiants Durr-E-Ajam Tahir, Sean Van Wert et Nicholas Torti; en arrière : le professeur Andrew Clifford, l'adjointe administrative de l'École de Traduction Fiona Hansen, les étudiantes Abigail Leavens et Kathleen Dodd-Moher, la professeure Sylvie Clamageran et l'étudiante Anna Syska

Les diplômés et les étudiants, venus nombreux à la soirée, ont été heureux d’apprendre l’excellente nouvelle concernant les nouveaux financements gouvernementaux. Ils ont également apprécié les témoignages de professionnels sur les récentes tendances dans le secteur de la traduction ainsi que les occasions de réseautage pendant la soirée.

Les noms des récipiendaires des premières bourses et bourses d’études établies grâce aux nouveaux financements ont été annoncés pendant la Soirée des diplômés. La Bourse de mérite pour le BA avec spécialisation en traduction (une bourse de 6 000 $ par an renouvelable pendant trois ans) a été attribuée à Abigail Leavens, Filipe Pereira, Durr-E- Ajam Tahir et Nicholas Torti.

La Bourse de mérite pour le BA accéléré en traduction (une bourse de 6 000 $ par an renouvelable pendant deux ans) a été décernée à Kathleen Dodd-Moher, Abir Fadl, Heather Kearney, Julia Kuzeljevich, Anna Syska et Sean Van Wert.

En outre, deux étudiants ayant des besoins financiers ont reçu chacun une bourse de 2 000 $.

« Cette bourse d’études couvrira entièrement mes frais de scolarité pour la prochaine année universitaire », a dit Kathleen Dodd-Moher qui va entreprendre sa dernière année d’études. « C’est un avantage considérable qui va me permettre de me consacrer entièrement à mes études et à la préparation de ma carrière. »


Les gagnants des bourses, de gauche à droite : Abigail Leavens, Kathleen Dodd-Moher, Durr-E-Ajam Tahir, Anna Syska, Sean Van Wert et Nicholas Torti

Le professeur Clifford a présenté les quatre intervenants de la soirée, dont trois diplômés de l’École de traduction et une représentante de la profession venue de l’extérieur, Sharon Steinberg, directrice des opérations du bureau torontois de CLS Lexi-tech International Inc. Cette société est le plus grand fournisseur de services langagiers du secteur privé au Canada. Sous la direction de Steinberg, le bureau de Toronto, au départ un centre de ventes, est devenu un centre d’excellence multilingue.

Steinberg a parlé de l’importance des nouvelles technologies dans le secteur de la traduction et de la nécessité pour les professionnels de la traduction – qu’ils soient salariés ou indépendants – de maîtriser les outils technologiques. Elle a fourni une vue d’ensemble de l’évolution de la profession, depuis la traduction des manuscrits en passant par les traductions avec une machine à écrire jusqu’à l’utilisation de l’informatique de nos jours. « Les méthodes d’autrefois sont loin derrière nous, a dit Steinberg. Les nouveaux outils nous permettent de travailler plus vite et de produire des documents plus professionnels. […] La recherche sur Internet nous fournit également des quantités presque illimitées d’informations. » Steinberg a fait remarquer que, grâce aux communications électroniques, les traducteurs peuvent aujourd’hui travailler depuis n’importe où dans le monde. La technologie disponible à l’échelle internationale a aussi développé la traduction à partir d’un grand nombre de langues, particulièrement dans les lieux multilingues et multiculturels comme Toronto, où le français représente seulement 2 % de la composition linguistique de la population.

À droite : Sharon Steinberg

« Étant donné le manque de traducteurs qualifiés, les organisations ont dû faire venir des professionnels d’Europe et recourir à la traduction assistée par ordinateur ainsi qu’à d’autres outils. » Ceux-ci comprennent un éventail d’outils d’éditique et de traduction automatique. Aujourd’hui, les professionnels de la traduction doivent maîtriser ces outils.

« Le secteur de la traduction fait actuellement face à des défis, comme le manque de formation pratique, d’expérience et, parfois même, de connaissance des outils courants parmi les traducteurs. Il est alors impossible de fournir un travail parfait à la vitesse attendue. En outre, face au vieillissement rapide du bassin de traducteurs chevronnés, la relève est insuffisante pour répondre à la demande. »

La société de Steinberg assure un leadership dans l’industrie en formant des étudiants et de nouveaux traducteurs aux technologies d’aujourd’hui. La directrice des opérations a ajouté que les écoles de traduction devraient inclure dans leurs programmes une formation pratique aux outils de traduction pendant au moins une année universitaire, des travaux avec des échéances comme dans la vie professionnelle et une expérience de travail-études de 3 à 6 mois.
 
« Avoir une spécialisation permet de se démarquer et appartenir à une association professionnelle atteste du niveau professionnel du traducteur, tout en élargissant ses occasions de réseautage. Au cours des cinq prochaines années, les spécialisations dans les domaines financier, pharmaceutique et de l’automobile seront parmi les plus recherchées. »

À droite : Lovina Udhin

Les trois diplômés de Glendon ont rapidement parlé de leurs activités professionnelles actuelles. Lovina Udhin (BA en traduction, Glendon 2007) travaille comme réviseure du contenu en français pour les Marchés de détail de CIBC, son premier emploi depuis l’obtention de son diplôme. « Quand j’ai commencé, je ne connaissais pas la terminologie bancaire et j’ai dû apprendre beaucoup de choses très vite. Mes cours à Glendon en techniques de recherche, documentation et terminologie m’ont été très utiles. » Udhin a indiqué que, dans l’industrie, les normes actuelles sont de 1 500 mots par jour pour la traduction et de 7 000 mots par jour pour la révision. Elle a précisé qu’avec de l’expérience et une spécialisation dans un seul domaine, il est plus facile d’atteindre ces objectifs.

Erin Baswick (BA en traduction, Glendon 2005; MA 2009) travaille depuis cinq ans comme rédactrice de propositions pour Honeywell, Energy Solutions Canada. Pendant ses études de traduction à Glendon, elle a obtenu un certificat en rédaction professionnelle (Certificate of Technical and Professionnal Writing) qui lui a permis de trouver son travail. « Mon conseil est de ne pas trop se préoccuper des détails des descriptions de poste. Certaines compétences se chevauchent et d’autres peuvent être apprises rapidement. »

À gauche : Erin Baswick

Baswick dirige maintenant une équipe de rédacteurs techniques de propositions. « J’ai dû acquérir par moi-même les compétences requises et travailler fort. Étant donné la pression constante en matière de production, mes collègues n’avaient pas le temps de me former. »

Baswick a dit que les compétences acquises à Glendon lui ont été utiles, particulièrement dans le domaine de la recherche. « La traduction exige un apprentissage continu, a dit Baswick. Les grandes entreprises offrent l’avantage de financer la formation continue des employés. J’ai également reçu beaucoup de conseils utiles du département de traduction de Glendon et j’ai profité de chaque occasion qui m’était offerte. »

Anthony Michael (MA en traduction, Glendon 2005) travaille pour Service Canada (gouvernement du Canada) comme conseiller en qualité linguistique; il fait de la traduction et de la révision. Auparavant, il avait été traducteur pour une revue et avait créé des publicités pour HMV Records. Lorsqu’il a pris ses fonctions actuelles, son équipe comptait cinq traducteurs; aujourd’hui, ils ne sont plus que deux à assurer une charge de travail qui ne cesse d’augmenter. « Ceux qui nous approvisionnent en travail ne connaissent souvent pas la langue cible et n’ont aucune idée de ce que le travail représente ou des recherches nécessaires et, par conséquent, les échéances peuvent être très serrées. Comme il y a beaucoup de répétitions de termes et d’acronymes dans notre domaine, nous utilisons MULTITRANS pour accélérer le processus de traduction », a-t-il expliqué.

À droite : Anthony Michael

Michael conseille aux traducteurs débutants qui répondent à des offres d’emploi « d’inclure tous les outils technologiques qu’ils connaissent et toutes leurs expériences antérieures, car on ne sait jamais quelles compétences supplémentaires peuvent contribuer au recrutement. Les possibilités de travail étant nombreuses, il faut persévérer et continuer à envoyer son CV ».

Le professeur Clifford a précisé que de plus en plus d’emplois exigent un diplôme en traduction et qu’il est nécessaire d’avoir une formation professionnelle et une expérience pratique. Il a remercié le gouvernement du Canada pour son important soutien à la formation dispensée à Glendon aux meilleurs langagiers de demain, qui joueront un rôle essentiel dans le maintien des deux langues officielles du Canada.

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon

Publié le 20 avril 2010