Injustice réparée 31 ans plus tard : fruit du travail d’un diplômé de Glendon, Terry Walker

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Diplômé de Glendon et réalisateur à la télévision anglaise de la SRC (CBC), Terry Walker est arrivé à Glendon en 1969, après avoir passé une année comme boursier hockey études au Collège d’Ithaca dans l’État de New York. Gardien de but, il a aidé les Gophers de Glendon à remporter le championnat de hockey de l’Université York cette année-là. Ce succès a poussé Terry et son coéquipier Andy Raven à mettre leur adresse à l’épreuve en jouant pour l’équipe de Heerenveen, dans le nord des Pays Bas, l’année suivante. À leur retour à Glendon, ils ont décidé d’emmener la nouvelle équipe des Gophers en Europe pour y faire une tournée de six matchs. Mais Bunny Ahearne, [alors] président de la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF), a mis fin à leur tournée après un seul match. Pourquoi? Parce que le Canada s’était retiré de la compétition internationale deux ans plus tôt.

Terry Walker a débuté sa carrière à la CBC en 1976. Toute une génération de chroniqueurs sportifs, de recherchistes et de réalisateurs travaillant à travers le pays pour la CBC a connu Terry : la personne-ressource joviale et dynamique à TV News Syndication toujours capable de trouver des images inédites ou de faire un rapport rapide sur un grand match ou un événement sportif particulier. Terry a participé, comme journaliste ou réalisateur, à la couverture de nombreux événements nationaux et internationaux, y compris les Jeux olympiques de 1996 à Atlanta.

« Passons à novembre 2004 », déclare M. Walker. « Je suis réalisateur au sein de l’unité des documentaires télé de la CBC; je travaille sur le volet des années 1960 de la série « Hockey: A People’s History » (qui sera diffusée au début de 2006). Je fais des recherches sur l’équipe nationale du père David Bauer, inspirée de sa croyance selon laquelle le hockey pouvait servir à former des étudiants athlètes accomplis et, du coup, à redorer le blason du Canada sur la scène internationale du hockey. Avec l’aide d’un ancien membre de l’équipe nationale, Morris Mott – maintenant professeur d’histoire à l’Université de Brandon – je découvre une facette fascinante de l’histoire. Aux Jeux olympiques de 1964, le Canada se classe 2e à triple égalité et, selon les règlements d’alors de l’IIHF, il aurait dû gagner une médaille de bronze. Toutefois, juste avant la cérémonie de remise des médailles, ce même Bunny Ahearne tient une réunion « d’urgence » avec ses dirigeants et parvient à modifier les règlements : le Canada est maintenant au 4e rang et écarté du podium! »

À cette époque, la compétition de hockey olympique servait aussi de championnat du monde. L’IIHF, dans son livre de 1978, « Seventy Years of International Hockey », signalait que le Canada avait terminé 4e aux Jeux olympiques, mais 3e au championnat du monde. Des recherches plus approfondies ont révélé que les Canadiens n’ont jamais reçu leurs médailles de bronze du championnat du monde. Une série de courriels de M. Walker adressés à l’IIHF et à Hockey Canada ont finalement convaincu l’IIHF, au bout de six mois, de modifier son site Web où apparaissait l’absurdité de deux résultats différents à l’issue du seul tournoi olympique de 1964. L’IIHF a décidé également de décerner aux hockeyeurs canadiens leurs médailles de bronze du championnat du monde 41 ans après les faits! Un seul joueur est vivant aujourd’hui. Hélas, le père Bauer – l’âme de cette équipe nationale – est décédé en 1988.

M. Walker poursuit d’un air ravi : « La moitié du travail seulement est terminée; il est temps maintenant de faire pression pour qu’ils obtiennent la médaille de bronze OLYMPIQUE qui leur a été refusée. Ce but est plus difficile à atteindre, mais la cause est louable et juste. C’est aussi ce que ces anciens sportifs internationaux méritent et exigent. Comme l’un d’eux me l’a dit récemment : ‘Nous sommes allés là bas pour décrocher une médaille OLYMPIQUE, pas une médaille du CHAMPIONNAT DU MONDE!’ ».

« Et dire que le diplôme en histoire que j’ai obtenu à Glendon en 1973 m’a donné les compétences – et m’a aidé à occuper le poste – qui allaient permettre de réparer cette injustice historique », ajoute M. Walker. « Qui aurait pu alors penser… »

Cet article a été soumis à YFile par Marika Kemeny, spécialiste en communications du Collège Glendon.


Publié le 27 mai 2005