Une auteure célèbre choisit Glendon pour ses recherches préliminaires

Share

Ce n’est pas tous les jours qu’une auteure de renommée internationale, dont le dernier livre s’est retrouvé en tête de liste des meilleurs vendeurs du New York Times pendant 10 semaines, vient à Glendon dans le but d’effectuer des recherches préliminaires pour son prochain livre. Pourtant, c’est exactement ce que Sara Gruen a fait à la fin de novembre pour Ape House, un livre dont elle débute tout juste la rédaction.

Son troisième roman, Water for Elephants, a créé toute une sensation et est devenu un succès de librairie. Elle avait publié auparavant La leçon d’équitation (Riding Lessons), son premier roman, en 2004, et sa suite Parcours sans faute (Flying Changes) en 2005. Le fil conducteur qui relie toute son œuvre est clairement son grand intérêt pour les animaux, que ce soit éléphants, chevaux ou grands singes. Bien que le thème des animaux soit constamment présent dans l'oeuvre de Gruen, chacun de ses livres constitue aussi une analyse pénétrante du comportement humain et de la relation des êtres humains avec le monde animal.


De gauche à droite: William Greaves, Sara Gruen et James Benson

Sara Gruen est une rédactrice technique dont le travail a été primé. Ce n’est que récemment qu’elle s’est tournée vers le roman. Sa passion pour les animaux date toutefois d’il y a longtemps. Elle vit dans une communauté écologiste au nord de Chicago en compagnie de son mari, de leurs trois jeunes fils et de deux chiens, trois chats, deux chèvres et un cheval. Mme Gruen se décrit elle-même comme une Canadienne expatriée qui a « déménagé aux États-Unis en 1999 pour occuper un poste de rédactrice technique. Deux ans plus tard, j'ai perdu mon emploi, explique-t-elle. Au lieu de chercher un autre travail, j'ai décidé de prendre le risque d'écrire des romans à plein temps. »

Mme Gruen prend ses recherches préliminaires très au sérieux. L’idée d’écrire Water for Elephants lui a été inspirée par un article de journal et par la photo qui l’accompagnait, celle d’un cirque ambulant. Ne connaissant que peu de choses au sujet des cirques ou des éléphants, elle s'est plongée dans des recherches qui ont duré près d'un an. S'imprégnant de tout ce qu'elle pouvait trouver dans des livres et des magazines, elle visita ensuite à plusieurs reprises le Musée du cirque Ringling à Sarasota, en Floride, ainsi que le zoo de Kansas City. C'est d'ailleurs là qu’elle a pu en apprendre davantage au sujet du langage corporel des éléphants auprès d'un ancien dompteur d’éléphants.

Sara Gruen a entrepris la recherche pour son projet actuel en communiquant avec Mme Sue Savage-Rumbauch, D. Ph., une scientifique de haut niveau qui effectue des recherches sur le langage des chimpanzés bonobos au Great Ape Trust à Des Moines, Iowa. Mme Savage-Rumbauch lui a conseillé d’entrer en contact avec les professeurs émérites James Benson et William Greaves, deux membres du département de linguistique de Glendon avec lesquels elle collabore depuis de nombreuses années dans le cadre de ses recherches sur le langage des bonobos. Les deux professeurs ont invité Mme Gruen à venir passer un peu de temps avec eux à Glendon pour en apprendre davantage sur les grands singes.

À gauche : Kanzi, un des bonobos au Great Apes Trust à Des Moines, Iowa

Sara Gruen est l’une des célébrités les plus modestes qu’il soit donné de rencontrer. « En deux jours, j'ai appris énormément au sujet des grands singes et de ce qu'ils sont capables de faire », a-t-elle confié. Les professeurs Greaves et Benson lui ont montré photos, descriptions, documents de recherche et courts vidéos montrant que les bonobos sont capables de communiquer de façon très élaborée. Tous deux appuient la mission du Great Ape Trust selon laquelle les êtres humains devraient se sentir plus proches des autres espèces, que nous avons tous besoin d’en apprendre plus sur notre relation avec les autres animaux et d’être conscients que nous ne sommes qu’un élément dans le continuum de l’évolution.


Mme Gruen a pu avoir un aperçu de cette relation grâce à de courts vidéos montrant des bonobos qui répondaient à des questions, prenaient des décisions complexes et les communiquaient à leurs collaborateurs humains en exprimant une gamme complète d’émotions au moyen d’un langage corporel qui révèle des réactions très semblables aux nôtres. Comme le dit Mme Gruen : « Le moment fort de ma visite à Glendon a été de voir un vidéo de Kanzi [un des bonobos du Great Ape Trust] en train de ‘vocaliser’, c’est-à-dire d’utiliser de vrais mots pour exprimer ce qu'il voulait. Lorsque je l'ai entendu dire ‘amène de l'eau’ et ‘tout de suite’ avec des sons reconnaissables, c’a été un moment très émouvant. »

Les professeurs Benson et Greaves, qui collaborent depuis des décennies pour des recherches et des publications, étudient actuellement les rapports entre les êtres humains et les bonobos afin d’analyser leur vocalisation, leurs gestes, leurs expressions, leur langage corporel, etc. « Les bonobos expriment la concentration, la honte, l’affection, tout comme les humains, explique M. Greaves. Ils regardent fixement, pointent du doigt, établissent un contact visuel. Nous avons beaucoup en commun avec eux; du point de vue biologique, nous sommes très proches. »

Quant à Sara Gruen et à son prochain livre, elle a exprimé sa grande joie d’avoir eu l'occasion d'apprendre autant de détails scientifiques sur une espèce qu’elle n’avait pas étudiée auparavant. « J’ai déjà mon intrigue pour Ape House, dit-elle. Je voulais retirer de ma visite à Glendon une compréhension plus profonde des grands singes. Mais je repars aussi avec nombre d'anecdotes extraordinaires qui apporteront de l'eau au moulin. Ç’a été une visite des plus agréables. »

Détails sur la recherche mené à Glendon par les professeurs Greaves et Benson...

Cet article a été rédigé par Marika Kemeny, agente de communication de Glendon.


Publié le 4 décembre 2006