La Soirée annuelle de la traduction à Glendon : un bon filon pour connaître la profession

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L’École de traduction de Glendon organisait le 1er avril sa Soirée des anciens 2011, dans le but, comme toujours, de permettre aux anciens étudiants d’entretenir leurs réseaux et d’entendre les dernières nouvelles de l’industrie de la bouche de ceux qui y travaillent. Ce n’était pourtant pas une rencontre ordinaire, puisque l’on célébrait ce soir-là l’ancienne adjointe administrative de l’École, Aileen Rakocevic, qui a pris sa retraite il y a peu. Lisez le compte rendu de l’hommage à Aileen dans l’article Une fête en l’honneur d’Aileen Rakocevic, secrétaire administrative émérite de l’École de traduction de Glendon.
 
C’est Andrew Clifford, directeur de l’École de traduction de Glendon, qui a souhaité la bienvenue à l’ensemble des invités. La salle était comble; étudiants, professeurs et anciens élèves s’étaient donné rendez-vous pour participer au volet professionnel de la soirée. « À la fin des études, il faut faire un grand saut vers un territoire peu familier, a dit le directeur. La bonne nouvelle, c’est que le monde de la traduction est relativement petit et qu’il est facile de s’y faire des relations, de se bâtir un réseau. »

De gauche à droite : Gabriel Huard et Andrew Clifford

L’orateur phare de la soirée était Gabriel Huard, directeur du Service de normalisation terminologique de Travaux publics et Services gouvernementaux Canada, qui apportait des nouvelles du champ de la terminologie. Le Bureau de la traduction du gouvernement fédéral compte actuellement 2000 employés, des traducteurs pour la plupart, tandis que les services de traduction et d’interprétation parlementaires emploient près de 260 personnes. « Le mandat de notre direction est de procurer aux services publics des ressources terminologiques, afin que le personnel puisse communiquer adéquatement avec le public, a expliqué G. Huard. Notre banque permet au gouvernement fédéral d’utiliser en tout temps une terminologie claire et uniformisée, dans ses communications tant nationales qu’internationales. »

Il s’est dit très fier de Termium, le portail linguistique en ligne à nul autre pareil du Bureau de la traduction. Cet outil précieux pour la rédaction et la révision constitue la deuxième banque de terminologie en importance au monde, après celle de l’Union européenne. Disponible gratuitement depuis 2009, Termium est interrogé chaque année environ 75 millions de fois. Ses données couvrent 35 communautés linguistiques et leur richesse dépend en grande partie de liens commerciaux et politiques avec d’autres pays. Termium peut s’enorgueillir de posséder la plus grande banque de terminologie espagnole au monde, un reflet de l’expansion phénoménale du commerce entre le Canada et les pays d’Amérique latine. La banque de terminologie en mandarin arrive au deuxième rang des trésors de Termium, suivie de celle en portugais.

De gauche à droite: Jean-Marie Brouillette, Gabriel Huard, Andrew Clifford, Danièle Covelo et Jenn Cook

Trois anciens étudiants de Glendon qui exercent le métier de traducteurs ont ensuite pris la parole. Danièle Covelo est titulaire d’un baccalauréat (2002) et d’une maîtrise (2008) en traduction de Glendon. Elle est directrice des services linguistiques chez Johnson and Johnson inc. Elle a parlé des réalités de la profession qui attendent les traducteurs d’aujourd’hui. Elle-même était déjà traductrice professionnelle quand elle s’est inscrite à Glendon afin de parfaire sa technique et de valider ses compétences. « J’ai adoré chaque seconde de mes études à Glendon, et mes cours m’ont beaucoup appris, dit-elle. Mes cours de philosophie et les autres matières que j’ai étudiées m’ont donné une solide formation en sciences humaines et une bonne compréhension de différentes disciplines. » Selon elle, les traducteurs qui arrivent sur le marché du travail juste après leurs études auraient besoin de cours axés davantage sur la gestion et d’autres aspects du monde des affaires. Elle a présenté le travail de traduction dans l’industrie pharmaceutique, où elle exerce, et fait valoir à quel point les changements constants et les nouvelles découvertes rendaient le domaine stimulant. Elle précise aussi qu’en règle générale, de moins en moins de traducteurs se partagent une charge de travail de plus en plus grande, et que l’on attend d’eux qu’ils maîtrisent les outils de traitement de texte et de révision les plus avancés.

Jean-Marie Brouillette (maîtrise en traduction, Glendon, 2005), traducteur et réviseur pour Sears Canada, a parlé ensuite de son domaine de spécialisation. Il a fait un survol des changements qu’a connus la profession depuis 23 ans qu’il l’exerce – changements physiques autant que technologiques. « Quand j’ai commencé, tout le monde avait un bureau fermé; maintenant, c’est cubicules pour tous, au milieu de la frénésie, et ça devient difficile de se concentrer. » Il indique lui aussi que l’aisance avec les technologies de la traduction est un incontournable et représente un changement majeur par rapport aux dictaphones et aux services de dactylographie d’une autre époque. Il convient que le fait de pouvoir travailler de la maison est une évolution avantageuse, mais qui demande de la discipline et un bon sens de l’organisation.

La troisième oratrice, Jenn Cook (Glendon, B.A. 2005, M.A. 2010), traduit vers l’anglais pour la Fédération des caisses Desjardins de Montréal, la plus importante coopérative financière du Canada. Jenn avait commencé sa maîtrise en traduction à Glendon tout en travaillant sur le campus, mais elle a trouvé l’emploi qu’elle occupe maintenant avant d’avoir fini ses études. « Je n’étais pas tout à fait qualifiée pour la tâche décrite dans l’offre d’emploi parce que je n’avais pas les trois années d’expérience demandées, mais on m’a offert un contrat, qui est devenu éventuellement un poste à temps plein. » Forte de cette expérience, elle encourage les nouveaux diplômés à poser leur candidature pour n’importe quel emploi dans le domaine, même s’ils ne satisfont pas tout à fait aux exigences. « Desjardins fait traduire 7 millions de mots par année, dont 90 pour cent vers l’anglais, ce qui en fait un employeur de choix pour les traducteurs anglophones. »

Elle ajoute que le programme de traduction de Glendon lui a inculqué les habiletés techniques essentielles, la maîtrise du sens, le respect de la terminologie et la connaissance des nouvelles technologies. « Mes études à Glendon m’ont permis d’acquérir la confiance en moi. J’ai appris à me fier à mon instinct et à m’éloigner du mot à mot. Après tout, la traduction est beaucoup plus que la somme des mots – c’est une représentation culturelle d’un sujet donné ou d’une spécialisation. À titre de traductrice, je suis une ambassadrice de la culture anglo-canadienne. »

À la suite de ces présentations, la foule s’est adonnée au plaisir des retrouvailles et de la conversation, avant de se réunir à nouveau pour le temps fort de la soirée, l’hommage rendu à Aileen Rakocevic (tous les détails dans l’article Une fête en l’honneur d’Aileen Rakocevic, secrétaire administrative émérite de l’École de traduction de Glendon).

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 18 avril 2011