Glendon célèbre la vie de Pierre Fortier

Share

Grand, beau, avec un sourire irrésistible et un sens de l’humour plein de malice, tous ceux qui ont connu Pierre Fortier se souviennent de lui avec beaucoup de tendresse. Monsieur Fortier, professeur à la retraite de français et de littérature canadienne-française de Glendon, est décédé des suites d’une courte maladie le 30 janvier 2007 à l’âge de 75 ans.

Originaire de Québec, Pierre Fortier a fait des études de lettres classiques au Collège des Jésuites de Montréal et a par la suite complété ses études à l’Université de Montréal en littérature française et en philosophie. Après quelques années d’enseignement à Saint-Boniface au Manitoba et à l’Université Laurentienne de Sudbury, il s’établit à Toronto en 1966 et se joignit au corps professoral de Glendon en 1967 où il enseigna pendant près de 30 ans, en plus d’être directeur du département de Français et du département d’Études canadiennes à plusieurs reprises. Après sa retraite en 1994, le professeur émérite continua de consacrer son énergie inépuisable à promouvoir la communauté francophone de Toronto de nombreuses façons. En 1984, il avait co-fondé, avec la productrice de films Danièle Caloz, la Société d’histoire de Toronto, un organisme au sein duquel il prit une part active jusqu’à la toute fin de sa vie. Pendant plus de 20 ans, il consacra aussi beaucoup de temps et d’énergie aux Centres d’Accueil Héritage, un organisme bénévole qui aide les personnes âgées francophones à maintenir leur qualité de vie.

Pierre Fortier était passionné d’histoire et de civilisation. En collaboration avec Clermont Trudelle, un autre remarquable professeur de français et de civilisation canadienne-française de Glendon, il a publié de nombreux articles sur l’histoire et l’importance de la population francophone de Toronto. La voix sonore et profonde de M. Fortier était bien connue des milliers de téléspectateurs de nombreux programmes de Radio-Canada et de TFO (le réseau de télévision culturel et éducatif de l’Ontario français). Il a reçu de nombreux prix des gouvernements provincial et municipal pour sa contribution exceptionnelle à la communauté francophone de Toronto. En 2004, le lieutenant-gouverneur de l’Ontario lui a remis le Prix d’excellence de l’Ontario pour les personnes âgées en reconnaissance de son apport à la communauté francophone après 65 ans.

Le 7 mai dernier, une foule nombreuse d’amis et d’admirateurs s’est rassemblée dans la roseraie de Glendon et s’est ensuite rendue au Salon Albert Tucker pour célébrer le souvenir et la vie de M. Fortier d’une manière très représentative de son caractère. Il y avait de la musique de chambre, gracieuseté de Musique d’Antan, un groupe formé de professeurs de Glendon et de York qui ont joué sur des instruments d’époque et chanté de la musique française du XVIIe siècle par Lully, Loeillet et autres – une période qu’affectionnait M. Fortier. Et il y avait les témoignages : l’un après l’autre, ses amis et collègues de longue date ont rendu hommage à cet homme qui a eu une influence si positive aux points de vue personnel et professionnel et pour toute la communauté.

Jane Couchman, professeur de français et d’études des femmes à Glendon, a chanté pour Musique d’Antan en plus d’être une des maîtresses de cérémonie de l’événement en compagnie de Rolande Smith, présidente actuelle de la Société d’histoire de Toronto, qui a dit de M. Fortier qu’il était « un ami et collègue bien spécial, un homme extraordinaire. » Leurs éloges ont été repris par la directrice du département d’Études françaises de Glendon, Yvette Szmidt, qui a lu l’épitaphe pleine d’esprit qu’elle a composée pour M. Fortier, dans le style de Lafontaine. Ian Gentles, chercheur princial en histoire à Glendon, a rappelé les nombreux talents de Pierre Fortier, son humour contagieux, son amour de la peinture et de la musique de même que ses talents exceptionnels de joueur de tennis et d’athlète-né. M. Gentles a conclu avec l’épithète “excébeau”, une combinaison astucieuse d’excellent et de beau, comme la meilleure façon de décrire son vieil ami.

Les intervenants ont continué à se succéder au micro : Isabelle Girard des Centres d’Accueil Héritage; Isabelle Routhier de Radio-Canada, qui a rendu un hommage émouvant à l’importance de Pierre Fortier en tant que « grand communicateur engagé, un pilier vraiment passionné de la communauté […] une grande perte. » Carole Thibeault, une ancienne étudiante de M. Fortier, a affirmé que « tous ses étudiants étaient ses enfants. »

L’acteur et chanteur Robert Godin a pris la parole au nom du Théâtre français de Toronto, dont plusieurs membres étaient présents. En chanson, il a rendu un très bel hommage à son ami de longue date. Il a été suivi de la journaliste et traductrice Chaké Chilingirian de l’hebdomadaire de langue française L’Express de Toronto.

La sœur de M. Fortier, Denyse Dolbec, et sa nièce Claire Dolbec ont remercié toutes les personnes présentes pour cette très émouvante soirée de souvenir et d’affection pour un frère et un oncle qui leur a procuré tant de joies, qui les a mises au défi au moyen de nouvelles idées et qui a partagé avec elles sa grande érudition. Les derniers mots de remerciement sont venus de son ami et collègue de toujours, Clermont Trudelle; à la fin des discours, personne ne voulait toutefois s’en retourner chez soi. C’était un sentiment merveilleux que de se souvenir tous ensemble et de sentir la présence de cet homme qui représentait tellement pour eux, et ce de tant de façons.

Cet article a été rédigé par Marika Kemeny, agente de communication de Glendon.


Publié le 18 mai 2007