Plusieurs langues – Une profession : Regards sur la traduction en direct de Glendon

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« De l’abénaqui au zoulou, on compte quelque 6 800 langues dans le monde. […] La profession de traducteur […] remonte presque à l’origine du langage. Dès qu’il y a eu interaction au-delà de la collectivité immédiate, il a fallu des interprètes. […] Dans le village global d’aujourd’hui, comment le monde pourrait-il se passer des services de ces langagiers? » Ainsi s’amorçait l’invitation lancée par la Fédération internationale des traducteurs (FIT) à l’occasion de la Journée mondiale de la traduction 2006, qui a eu lieu le 28 septembre dernier.

La soirée organisée à Glendon dans le cadre de la Journée mondiale de la traduction a remporté un franc succès. Organisée par l’École de traduction de Glendon et l’Association des traducteurs et interprètes de l’Ontario (ATIO), l’événement annuel promeut le professionnalisme dans les disciplines que représente l’ATIO. La Fédération internationale des traducteurs, qui en est la marraine, compte 115 membres dans plus de 50 pays et représente 60 000 professionnels, dont des traducteurs, des interprètes et des terminologues appartenant à plus d’une centaine d’associations dans le monde.



Une assistance qui bat tous les records à la Journée internationale de traduction à Glendon.

Le thème retenu cette année, Plusieurs langues – Une profession, faisait ressortir l’importance de la profession de traducteur auprès des participants. Membres de l’ATIO, étudiants et étudiantes, ainsi que professeurs des programmes d’anglais, de français et d’espagnol de Glendon ont également pu réseauter et discuter entre collègues des questions d’actualité au sein de la profession.

Les deux conférenciers invités étaient Ian Martin, professeur d’anglais à Glendon et coordonnateur du programme D-TEIL (Discipline of Teaching English as an International Language), et Nancy McInnis, vice-présidente de l’ATIO, association qui, depuis 2002, organise conjointement avec Glendon les célébrations de la Journée mondiale de la traduction.

Dans sa conférence sur le respect de la diversité linguistique, M. Martin a établi un lien clair entre la conservation de diverses visions du monde et des langues. Il a donné l’exemple des questions linguistiques au Nunavut, territoire où il a joué un rôle actif dans les efforts pour rendre le développement communautaire et l’enseignement bilingues (anglais-inuktitut). « À mesure que les langues s’homogénéisent, on constate une perte de la diversité linguistique et de la diversité idéologique », a-t-il commenté. Il a poursuivi en établissant un parallèle intéressant entre la perte de diversité linguistique et celle de la diversité biologique. « Le concept voulant que l’identité linguistique du Canada se définisse en tant que dualité linguistique anglais-francais constitue un bon progrès par rapport au concept "d’unité", mais il s’agit en fait d’une vision limitée, qui va à peine au-delà d’une amorce de respect de la diversité », a-t-il poursuivi. Il a ensuite attiré l’attention des participants sur les activités de Terralingua, un organisme international à but non lucratif qui se consacre à l’appui à la diversité, qu’elle soit naturelle ou culturelle, et à sa promotion. Selon lui, cet organisme constitue un exemple exceptionnel de ce qui se fait au chapitre de la conservation de la langue. Finalement, il a fait ressortir l’importance de l’apprentissage des langues dans des contextes sociaux et universitaires. « La réalité bilingue de Glendon en est un excellent exemple, a-t-il indiqué. Glendon est un milieu où l’apprentissage de la langue se fait au quotidien. Je me sens choyé de pouvoir évoluer dans ce milieu bilingue tous les jours. »

La deuxième conférencière de la soirée, Nancy McInnis, a fourni des conseil pratiques tant pour les traducteurs débutants que pour les traducteurs chevronnés. En se fondant sur sa propre expérience de traductrice pigiste, elle a identifié les cinq éléments nécessaires à une carrière réussie : obtenir un diplôme, afin d’établir sa crédibilité; acquérir une formation et de l’expérience pertinentes; tenir compte du contexte culturel dans ses traductions; jouer un rôle actif au sein d’organismes tels que l’ATIO et faire du réseautage; créer un climat de confiance avec ses clients en étant un fournisseur sur lequel on peut se fier et qui est réaliste quant à ses compétences et à sa charge de travail.

« Des événements comme celui de ce soir revêtent une grande importance, a-t-elle ajouté. Les étudiants y sont exposés au monde du travail et en apprennent davantage sur les possibilités de carrière. Une fois qu’ils ont obtenu leur diplôme, les pigistes travaillent souvent de façon isolée et profitent grandement d’occasions de rencontrer d’autres professionnels de leur domaine et de discuter avec eux. »



La deuxième à partir de la gauche : Rosalind Gill, professeure de traduction; au centre: la directrice de l'École de traduction Marie-Christine Aubin; au lutrin: la vice-présidente de l'ATIO Nancy McInnis.

L’un des points marquants de la soirée a été la distribution des Prix d’excellence de l’ATIO à des étudiantes en traduction de Glendon qui ont su se démarquer. Les lauréates de cette année sont Diane Gagné, actuellement inscrite au programme de maîtrise en traduction à Glendon, et qui a obtenu la moyenne la plus élevée pendant sa dernière année au baccalauréat ; Veronica Cappella, étudiante de 4e année au baccalauréat spécialisé et étudiante au certificat en traduction espagnol-anglais, qui a obtenu une bourse de l’ATIO pour l’excellence de son dossier universitaire ; Virginie Langlois, en 3e année de traduction, qui a reçu une bourse du RTE (Réseau des traducteurs et des traductrices en éducation) pour avoir obtenu la moyenne la plus élevée en deuxième année de programme.

« Les événements comme la Journée mondiale de la traduction sont des occasions en or de rencontrer d’autres traducteurs de Toronto, a déclaré Diane Gagné. Cette soirée est aussi universitaire que professionnelle, car on peut y discuter avec des professeurs et des diplômés du programme de traduction. Glendon est le choix par excellence quand vient le temps de choisir un programme de traduction réputé. »

Le prochain événement organisé par l’École de traduction de Glendon sera la très populaire Soirée des anciens et anciennes, qui aura lieu cet hiver. Pour plus de renseignements sur cet événement, voir www.glendon.yorku.ca/traduction.

Cet article a été rédigé par Marika Kemeny et Marie Maher, du Service de recrutement et du marketing de Glendon.


Publié le 5 octobre 2006