Une ancienne de Glendon reçoit le prix NOMFA du meilleur scénario

Share

Le prix NOMFA (Northern Ontario Music and Film Awards) 2009 du meilleur scénario a été accordé le 25 avril dernier à Amanda McLachlan Darling, une diplômée de Glendon. Ce prix vient récompenser Pieces, le scénario original d’un long métrage qui est encore en quête d’un producteur.

Amanda McLachlan Darling est déménagée à Sudbury depuis peu, pour être avec son mari. « Je trouve fantastique que dans cette ville minière du nord, il y ait de la place pour les arts, a-t-elle déclaré en entrevue au Sudbury Star. Et là où il y a de l’art, il y a de la place pour moi ! »

Amanda McLachlan Darling représente un croisement assez rare entre les parcours universitaire et sportif. Elle est titulaire d’un B.A. en études françaises de York (Keele, 2003), avec double spécialisation en anglais et en français, et a reçu le prix Bryce Taylor, qui récompense les performances athlétiques remarquables. Elle a obtenu récemment une maîtrise en études françaises de Glendon (2008), avec spécialisation en littérature. « J’ai la passion des récits et de la narration, même si la linguistique m’attire aussi beaucoup. Le programme de maîtrise de Glendon m’a permis d’approfondir ma connaissance de la littérature et de donner libre cours à mon intérêt pour la linguistique. »

Amanda McLachlan Darling écrit depuis qu’elle est toute petite. Sa mère, qui s’est rendu compte qu’elle avait un talent pour les mots, a conservé précieusement ses « œuvres de jeunesse ». Amanda a écrit son premier roman à 15 ans (« une version très mauvaise de Lord of the Flies », selon elle), et son premier scénario peu de temps après (« une trame très mauvaise pour Star Trek »). « Quand j’ai compris que “rêveuse” n’était pas un métier, je me suis dit, tiens, je vais devenir écrivaine », plaisante-t-elle.

Son attirance marquée pour les dialogues et les effets visuels l’a poussée tout naturellement vers l’écriture scénaristique. Un jour, pour un producteur indépendant qui cherchait des scénarios à petit budget, elle a inventé l’histoire d’une jeune fille qui rêve d’implants mammaires et qui doit garder un petit garçon qui a besoin d’une transplantation cardiaque. Le résultat, Change of Heart, est en phase de postproduction chez Sterling Productions, d’Elora, en Ontario.

À droite : Amanda McLachlan Darling avec son prix du meilleur scénario

L’histoire d’Amanda McLachlan Darling est liée à l’Université York d’un bout à l’autre. Elle a rencontré son mari, John Recoskie (Osgoode, 2007) au club d’escrime de York. Ils se sont mariés en décembre 2006, et elle était en train de terminer sa maîtrise quand il a reçu une offre d’emploi d’un cabinet d’avocat de Sudbury, sa ville natale. « J’ai accepté de déménager à Sudbury s’il acceptait de pourvoir à nos besoins, le temps de lancer ma carrière d’écrivaine », explique-t-elle. Elle a écrit Pieces alors qu’elle venait juste d’arriver à Sudbury et, comme dans tout ce qu’elle écrit, on y trouve une composante autobiographique. « Mon mari travaillait de très longues heures, comme tous les jeunes avocats, et j’étais seule toute la journée dans un milieu déconcertant. Pieces illustre cet isolement, mais dans un décor différent. Cali, la protagoniste, a aussi peu de certitudes sur son avenir et sur son identité que j’en avais à ce moment-là. À la fin du film (comme à la fin de mon parcours, avec ce prix), Cali a appris à se connaître et à trouver sa place dans le monde. »

A. McLachlan Darling complète son horaire de travail en enseignant à temps partiel au Collège Boréal et à l’Université Laurentienne. L’enseignement n’était pas pour elle un choix de carrière, mais elle a appris à adorer l’exercice grâce à un programme d’échange organisé par le département d’études françaises de York, qui lui a permis d’être monitrice d’anglais à Pau, en France, pendant deux ans.

En ce qui concerne la suite de ses aventures, la conférence de presse qui a précédé la cérémonie de remise des prix lui a permis de rencontrer des gens qui lui ouvrent maintenant les portes d’un réseau des plus intéressants. Plusieurs maisons de production sont en train d’étudier Pieces en vue de le tourner, et, puisqu’il s’agit d’un film à petit budget, ses chances de voir le jour sont plutôt bonnes. Mais l’action se déroule à Sudbury, en hiver, et de nombreuses scènes doivent être tournées en extérieur. « Je suis bien contente d’avoir écrit le texte et de ne pas avoir à rester dehors toute la journée par -20 °C », dit-elle d’un air malicieux.

Comme ses deux parents sont écrivains, Amanda arrive dans le métier en sachant bien à quoi s’en tenir. Et, même si elle travaille seule, elle est ouverte à leurs commentaires, une fois le premier jet terminé. « C’est difficile parfois d’écouter leurs critiques, mais mon travail s’en trouve toujours amélioré. J’ai aussi reçu des commentaires de quelques réalisateurs du Nord de l’Ontario au sujet du scénario [de Pieces], avant de le proposer pour le concours, et leurs suggestions ont été très utiles également. Il y a un proverbe qui dit qu’il faut un village pour élever un enfant. Je pense que ça prend aussi un village pour raconter une histoire. »

Amanda McLachlan Darling aime plaisanter sur son apprentissage du français en disant qu’il a commencé dans le ventre de sa mère. Fille de deux anglophones qui ont mis beaucoup d’ardeur dans leur propre éducation française, elle a fait son primaire et son secondaire en immersion. À l’âge de 16 ans, elle a participé à un échange avec une école de Nantes, en France, ce qui lui a permis de renforcer ses habiletés en français. Glendon, avec ses petites classes et un milieu entièrement bilingue, était le choix évident pour la suite des choses. « Le français a toujours été une part importante de ma vie, raconte-t-elle avec un sourire. Chaque soir, ma mère me disait “je vous aime beaucoup”. Un jour, je lui ai dit qu’elle avait bien mérité le droit de me tutoyer. »

« Glendon m’a donné la chance de peaufiner mon français. Le bilinguisme n’offre pas que les habilités de langue, mais la connaissance d’une autre culture, la validation des différences entre deux groupes et une compréhension de la vitalité de la communication et l’importance de trouver le mot juste. Maîtriser une deuxième langue fortifie la première. »

Elle fait les louanges de l’expérience qu’elle a vécue à Glendon, et des encouragements qu’elle a reçus de tous ses professeurs et mentors dans cette petite communauté tissée serrée. Elle évoque entre autres la professeure Sylvie Rosienski-Pellerin, pour la force de sa passion, son énergie contagieuse et leur amour mutuel de la littérature jeunesse, un domaine qu’elle souhaite explorer dans la suite de ses études. Elle entend continuer à écrire des scénarios, sur des histoires qui ont une charge émotive importante. « Je veux partager ce que j’ai appris avec les autres, d’une façon créative, sérieuse et intéressante. » Mais elle entend aussi poursuivre ses études au doctorat. « Glendon est mon premier choix. Je ne m’imagine pas étudier ailleurs! »

Juste retour des choses, Rosienski-Pellerin, directrice du programme de maîtrise en études françaises de Glendon, n’a que des éloges pour le talent dont Amanda a fait preuve dans son cours. « Je ne suis… aucunement surprise du succès (bien mérité) d’Amanda, déclare-t-elle. Sa ‘première tentative’ d’écriture pour la jeunesse en français, Le Souci d’Amélie, qu’elle a écrite dans le cadre de mon cours de maîtrise, [était] très réussie et trouvera un jour, j’en suis sûre, sa place sur les rayons des librairies. C’est une jeune femme talentueuse, passionnée par l’écriture et que nous avons hâte de retrouver dans notre programme de doctorat en Études francophones qui devrait voir le jour en septembre 2010. Tous ceux qui l’ont connue pendant ses études à Glendon se joignent à moi pour la féliciter d’avoir gagné ce prix. »

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 8 mai 2009