Le monde du travail à la croisée des chemins : à Glendon, un symposium sur le passé et l’avenir des syndicats canadiens, états-uniens et britanniques

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Le 2 février, le Groupe de recherche de Glendon sur les affaires publiques et internationales était l’hôte d’un symposium qui avait pour sujet le contexte historique et l’avenir du travail et des syndicats au Canada, aux États-Unis et en Grande-Bretagne. Sous la gouverne d’Ian Roberge, professeur de sciences politiques à Glendon et coordonnateur du certificat bilingue en Administration publique et politique publique, le symposium doit aussi une part de son succès aux membres du Club des étudiants en économie de Glendon.

Trois invités ont participé à la table ronde, au cours de laquelle ils ont exploré différents aspects et différents lieux du syndicalisme. Geoffrey Ewen, professeur au département d’Études canadiennes de Glendon, a présenté un panorama historique du syndicalisme au Canada. Il a abordé la question de l’influence du catholicisme européen dans les premières années du 20e siècle, au Québec en particulier. M. Ewen a souligné les principales questions auxquelles les syndicats se sont attaqués, telles que les salaires équitables, le droit de faire la grève et la nécessité de développer des relations positives entre employés et employeurs.

Le deuxième invité, Alex Bryson, est actuellement le Wertheim Fellow à la Harvard Law School; il travaille à partir du National Bureau of Economic Research (NBER) à Cambridge, au Massachusetts. M. Bryson est spécialiste de l’évaluation des programmes de transition entre l’aide sociale et le travail et spécialiste des relations industrielles; il est aussi, depuis 2005, rédacteur du British Journal of Industrial Relations.

M. Bryson a centré son intervention sur l’état des syndicats britanniques et leur déclin général dans le secteur public. Sa présentation du point de vue de l’employeur a apporté à la discussion une dimension fort utile. « Les syndicats sont favorisés quand ils améliorent la performance financière du lieu de travail, a-t-il déclaré, ou quand ils représentent les employés de façon efficace. » Il s’est attardé sur la notion de la « part du marché syndicale ». Selon lui, les syndicats vivent actuellement de leurs acquis et de leurs investissements, ou, comme il le dit, « des restes de la fortune familiale ».

Le troisième invité, le professeur Rafael Gomez, du département d’Économie de Glendon, a défini et mis en rapport les notions d’« attitudes » et de « valeurs » dans le contexte des syndicats de travailleurs. Il s’est penché aussi sur certaines des énigmes que soulève le travail du défunt professeur Noah Meltz, de l’Université de Toronto, spécialiste de la syndicalisation au Canada et aux États-Unis, ancien président de l’Association canadienne des relations industrielles (ACRI), et ancien directeur du Centre for Industrial Relations de l’Université de Toronto. En s’interrogeant sur le lien entre la religion et les syndicats, M. Gomez a présenté l’idée que les syndicats soient des « biens d’expérience », c’est-à-dire que l’adhésion est une expérience nécessaire pour qui veut attribuer aux syndicats leur véritable valeur.

Le Groupe de recherche de Glendon sur les affaires publiques et internationales est voué au développement de l’intérêt et des connaissances des étudiants de Glendon en ce qui concerne les affaires publiques. Le GRG cherche à promouvoir des recherches variées au sein du Collège, par le biais d’une approche comparative des affaires publiques qui privilégie la diversité des méthodes et des problématiques. Le Groupe de recherche examine des questions cruciales à l’intérieur de cette sphère, du point de vue de la théorie comme de la pratique. Le GRG sur les affaires publiques et internationales cherche ainsi à réaliser le mandat initial de Glendon, qui est de développer une connaissance approfondie des affaires publiques chez ses étudiants.

Cet article est proposé par l’agente de communications de Glendon, Marika Kemeny, en collaboration avec Nicole Hylmar, étudiante de 4e année en économie et coprésidente du Club des étudiants en économie de Glendon.


Publié le 16 février 2006