Humanidad – Les enfants travailleurs à la Galerie Glendon

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<p>L&rsquo;une des expositions les plus &eacute;mouvantes de ces derniers temps a &eacute;t&eacute; inaugur&eacute;e le 15 f&eacute;vrier &agrave; la Galerie Glendon. Elle a pour titre <em>Humanidad &ndash; les enfants travailleurs</em>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une collection de photographies, fruit d&rsquo;un projet au long cours des artistes qu&eacute;b&eacute;cois <a href="http://www.culturepourtous.ca/articles/diasol.htm" target="_blank">Miki Gingras et Patrick Dionne</a>, qui ont baptis&eacute; cette aventure &ndash; et leur collaboration &ndash; Humanidad.</p>
<p>Depuis cinq ans, Miki Gingras (photographe) et Patrick Dionne (artiste visuel) voyagent cinq mois par ann&eacute;e dans les r&eacute;gions les plus pauvres du Nicaragua &agrave; bord de leur fourgonnette Volkswagen, qui leur sert de moyen de transport, de maison et d&rsquo;atelier. Ils c&ocirc;toient des enfants travailleurs et racontent avec eux leur quotidien en photos.</p>
<p style="text-align: center;"><img src="http://myglendon.yorku.ca/tinymce/jscripts/tiny_mce/plugins/imagemanager/files/20110222/Gingras_and_Dionne__bw_photos.JPG" alt="" width="408" height="321" /><span class="image_caption"><br />De gauche &agrave; droite : Miki Gingras et Patrick Dionne<br />devant les photos prises par les enfants travailleurs</span></p>
<p>L&rsquo;exposition pr&eacute;sent&eacute;e &agrave; Glendon est une collection de photographies en noir et blanc prises par les enfants, ainsi que de photos en couleurs et de vid&eacute;os des artistes. Une image tr&egrave;s poignante montre un gar&ccedil;on d&rsquo;une douzaine d&rsquo;ann&eacute;es, debout &agrave; c&ocirc;t&eacute; d&rsquo;une pile d&rsquo;adobe. Patrick d&eacute;crit la journ&eacute;e de ce gar&ccedil;on : il se l&egrave;ve &agrave; 3 h et sort pour fabriquer autant de briques qu&rsquo;il le peut, couvert de boue et expos&eacute; aux &eacute;l&eacute;ments. &Agrave; midi, quand le soleil est trop chaud pour rester dehors, il laisse ses briques &agrave; s&eacute;cher, rentre chez lui, se lave et va &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, de 13 h jusque vers 19 h. &Agrave; la fin de la journ&eacute;e, il revient &agrave; la maison, prend son repas et va se coucher, et le lendemain matin, &agrave; 3 h, &ccedil;a recommence. Il fait ce travail depuis qu&rsquo;il a neuf ans.</p>
<p><img style="float: left;" src="http://myglendon.yorku.ca/tinymce/jscripts/tiny_mce/plugins/imagemanager/files/20110222/The_boy_who_makes_mud_bricks.jpg" alt="" width="237" height="192" /></p>
<p><span class="image_caption">&Agrave; gauche : Le gar&ccedil;on qui&nbsp; fabrique des briques en adobe</span></p>
<p>D&rsquo;autres photos montrent des enfants en train de vendre des produits au march&eacute;, de transporter du bois ou de travailler aux champs. Certaines des photos les plus d&eacute;rangeantes sont prises dans un d&eacute;potoir &agrave; la p&eacute;riph&eacute;rie de Managua, sur une montagne de d&eacute;chets qui s&rsquo;accumulent depuis 60 ans. Des enfants, des adultes aussi, sont occup&eacute;s &agrave; les trier, dans la crasse et les mati&egrave;res dangereuses; l&rsquo;air qu&rsquo;ils respirent est vici&eacute; par les vapeurs toxiques. Beaucoup de ces enfants fuient leur existence mis&eacute;rable en sniffant de la colle. L&rsquo;esp&eacute;rance de vie moyenne est de 30 ans.</p>
<p>L&rsquo;approche adopt&eacute;e par Humanidad pour ce projet et les photos qui en &eacute;mergent sont tr&egrave;s &eacute;loign&eacute;es des images de souffrance et de mis&egrave;re auxquelles nous avons &eacute;t&eacute; habitu&eacute;s. &laquo; Nous sommes des artistes, mais nous voulons que nos sujets gagnent quelque chose avec notre projet, qu&rsquo;ils cr&eacute;ent, qu&rsquo;ils apprennent, explique Miki. Gr&acirc;ce &agrave; cette collaboration, les enfants deviennent des artistes dans leur village et ils sont fiers de ce qu&rsquo;ils accomplissent. &raquo;</p>
<p><img style="float: right;" src="http://myglendon.yorku.ca/tinymce/jscripts/tiny_mce/plugins/imagemanager/files/20110222/Two_sleepers.jpg" alt="" width="208" height="252" /></p>
<p><span class="image_caption">&Agrave; droite : Deux qui dorment</span></p>
<p>Les deux artistes, qui parlent tous deux couramment l&rsquo;espagnol, font participer les enfants travailleurs &agrave; chaque &eacute;tape de l&rsquo;entreprise. Ils se mettent en contact avec les organismes locaux afin d&rsquo;obtenir leur approbation et d&rsquo;&eacute;viter que les enfants se sentent exploit&eacute;s. Ils laissent les enfants et leurs parents organiser l&rsquo;horaire, de mani&egrave;re &agrave; ne pas nuire &agrave; leurs t&acirc;ches quotidiennes.</p>
<p>Ensemble, ils mettent au point des &laquo; cameras oscuras &raquo; rudimentaires, faites de bo&icirc;tes de conserve, en utilisant du papier plut&ocirc;t que de la pellicule pour obtenir des n&eacute;gatifs. Ils enseignent aux enfants comment prendre des photos et les d&eacute;velopper, fabriquent des chambres noires de fortune, puis ils leur passent le relai, afin que ce soient eux qui prennent acte de leurs vies et de celle de leur communaut&eacute;.</p>
<p>Quand ils ont pass&eacute; trois semaines dans un endroit, les artistes organisent avec les enfants une exposition des photos. En partant, ils laissent les photos et les n&eacute;gatifs derri&egrave;re eux, ce qui leur assure une pr&eacute;sence durable.</p>
<p><img style="float: left;" src="http://myglendon.yorku.ca/tinymce/jscripts/tiny_mce/plugins/imagemanager/files/20110222/A_worker.jpg" alt="" width="214" height="184" /></p>
<p><span class="image_caption">&Agrave; gauche : Un enfant travailleur</span></p>
<p>Patrick confirme l&rsquo;impression qui &eacute;mane des photos : les enfants sont tr&egrave;s s&eacute;rieux et fiers des t&acirc;ches qu&rsquo;ils accomplissent, aussi ingrates ou &eacute;puisantes qu&rsquo;elles soient. Ils savent que leur famille a besoin de ce qu&rsquo;ils gagnent pour survivre et ils ne remettent pas en question l&rsquo;obligation de contribuer. Comme plus de 50 % de la population du Nicaragua a moins de 18 ans, la n&eacute;cessit&eacute; de travailler rejoint m&ecirc;me les plus jeunes.</p>
<p>&laquo; Aujourd&rsquo;hui, quand on parle d&rsquo;acte de cr&eacute;ation, il ne s&rsquo;agit pas seulement d&rsquo;&eacute;taler de la peinture sur une toile, commente Marc Audette, conservateur de la Galerie Glendon &agrave; l&rsquo;occasion du vernissage. Dans le projet Humanidad, l&rsquo;art se prolonge jusqu&rsquo;aux sujets &ndash; ces enfants qui travaillent &ndash; et ils finissent par s&rsquo;approprier le r&ocirc;le cr&eacute;ateur. Par ce transfert, les outils, les lieux et les acteurs de l&rsquo;art en viennent &agrave; d&eacute;passer leurs fonctions habituelles. &raquo;</p>
<p><img style="float: right;" src="http://myglendon.yorku.ca/tinymce/jscripts/tiny_mce/plugins/imagemanager/files/20110222/boy_on_garbage_heap.JPG" alt="" width="251" height="189" /></p>
<p><span class="image_caption">&Agrave; droite : Un trieur de d&eacute;chets</span></p>
<p>&laquo; Ce qui est magistral dans l&rsquo;approche de Humanidad, c&rsquo;est leur collaboration, le caract&egrave;re inclusif de leur d&eacute;marche et leurs efforts pour comprendre le monde de ces enfants &agrave; partir de leur point de vue, observe quant &agrave; elle Christina Clark-Kazak, professeure adjointe au d&eacute;partement d&rsquo;&Eacute;tudes internationales et &agrave; l&rsquo;&Eacute;cole des affaires publiques et internationales de Glendon. Leur approche est sensible sans &ecirc;tre sensationnaliste, elle s&rsquo;int&eacute;resse &agrave; la r&eacute;alit&eacute; quotidienne plut&ocirc;t qu&rsquo;&agrave; ce qui est sinistre ou horrifiant, ajoute Mme Clark-Kazak, qui est &eacute;galement pr&eacute;sidente de l&rsquo;Association canadienne d&rsquo;&eacute;tudes sur les r&eacute;fugi&eacute;s et la migration forc&eacute;e (Canadian Association for Refugee and Forced Migration Studies, CARFMS). Ces enfants affichent un certain orgueil au sujet de la contribution qu&rsquo;ils apportent &agrave; leur famille, ils ne se per&ccedil;oivent pas n&eacute;cessairement comme des victimes. &raquo;</p>
<p style="text-align: center;"><img style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" src="http://myglendon.yorku.ca/tinymce/jscripts/tiny_mce/plugins/imagemanager/files/20110222/Rheault_Gingras_Dionne_Audette.JPG" alt="" width="421" height="317" /><span class="image_caption">De gauche &agrave; droite :<br />Martine Rheault, Coordonnatrice des affaires</span><span class="image_caption"> culturelles et artistiques de Glendon ;<br />les artistes Miki Gingras et</span><span class="image_caption"> Patrick Dionne;<br />et Marc Audette, conservateur &agrave; la Galerie</span><span class="image_caption"> Glendon</span></p>
<p>Patrick explique que si ces enfants n&rsquo;ont pas d&rsquo;enfance au sens o&ugrave; nous l&rsquo;entendons ici, ils sont nombreux &agrave; vivre dans l&rsquo;innocence et l&rsquo;espoir; par ailleurs, les adultes de ces communaut&eacute;s prennent plaisir aussi &agrave; se conduire comme des enfants, quand l&rsquo;occasion se pr&eacute;sente. Les enfants qui travaillent dans cette partie du monde se conforment aux attentes &ndash; ils n&rsquo;ont pas le choix &ndash;, mais ils sont fiers de leur r&ocirc;le dans la vie familiale.</p>
<p><img style="float: left;" src="http://myglendon.yorku.ca/tinymce/jscripts/tiny_mce/plugins/imagemanager/files/20110222/crowd.JPG" alt="" width="243" height="183" /></p>
<p><span class="image_caption">&Agrave; gauche : Les visiteurs &eacute;coutent avec attention les explications des artistes</span></p>
<p>Et quel avantage &agrave; long terme esp&egrave;re-t-on de ce projet? &laquo; Chaque exp&eacute;rience v&eacute;cue peut &ecirc;tre le d&eacute;but de quelque chose, explique Miki -- une &eacute;motion ou un encouragement, une fen&ecirc;tre ouverte sur une possibilit&eacute; nouvelle... &raquo;<br /><br />Miki Gingras et Patrick Dionne reviendront &agrave; Toronto en mai pour un projet &eacute;ducatif intitul&eacute; <em>L&rsquo;&eacute;cole s&rsquo;expose &agrave; Glendon</em>, qu&rsquo;ils r&eacute;aliseront en collaboration avec la Galerie Glendon et les enseignants d&rsquo;arts visuels du Coll&egrave;ge. Le projet est subventionn&eacute; par le programme <a href="http://www.arts.on.ca/Page716.aspx" target="_blank">Projets d&rsquo;&eacute;ducation artistique</a> du <a href="http://www.arts.on.ca/" target="_blank">Conseil des arts de l&rsquo;Ontario</a> et vise les &eacute;l&egrave;ves du <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Le_Coll%C3%A8ge_fran%C3%A7ais" target="_blank">Coll&egrave;ge fran&ccedil;ais</a> de Toronto. Dans un contexte interactif, les &eacute;l&egrave;ves d&eacute;couvriront le processus artistique de Humanidad, affineront leur regard critique sur l&rsquo;art, exploreront les orientations actuelles des arts visuels et produiront des &oelig;uvres d&rsquo;art qui seront expos&eacute;es &agrave; la Galerie Glendon.<em></em></p>
<p><em><img style="float: right;" src="http://myglendon.yorku.ca/tinymce/jscripts/tiny_mce/plugins/imagemanager/files/20110222/Furgiuele_Doupe.JPG" alt="" width="236" height="177" /></em></p>
<p><span class="image_caption">&Agrave; droite : Parmi les visiteurs - Rosanna Furgiuele, principale adjointe, Services aux &eacute;tudiants; et Aaron Doupe, g&eacute;rant, Affaires &eacute;tudiantes</span></p>
<p><em>Humanidad &ndash; les enfants travailleurs</em> est &agrave; l&rsquo;affiche &agrave; la <a href="http://www.glendon.yorku.ca/gallery/francais/index.html" target="_blank">Galerie Glendon</a> jusqu&rsquo;au 24 mars. Les directions routi&egrave;res, les heures d&rsquo;ouverture et divers autres renseignements sont disponibles sur le site Web de la Galerie.<br /><br /><em>Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon</em></p>

Publié le 24 février 2011