La romancière Sara Gruen revient rendre visite au Groupe de recherche de Glendon sur le discours entre les humains et les bonobos

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Depuis septembre, l’auteure à succès Sara Gruen participe à une tournée très chargée visant à présenter son nouveau roman Ape House. Lorsqu’au début de novembre, elle est venue à Toronto pour participer au Festival international des auteurs, elle a pris le temps de retourner rendre visite au Groupe de recherche de Glendon sur le discours entre les humains et les bonobos. Elle souhaitait reprendre contact avec les savants émérites Jim Benson et Bill Greaves des départements d’Études anglaises et de Linguistique de Glendon – qui sont les chercheurs principaux du projet – et avec les étudiants qui travaillent sous leur direction.

La première visite de Gruen à Glendon remonte à quatre ans, lorsqu’elle faisait des recherches préliminaires pour son roman Ape House, en vue de son étude approfondie au Great Ape Trust à Desmoines, dans l’Iowa. De l’avis de tous, elle avait trouvé sa visite à Glendon à la fois très agréable et fort utile. « Après avoir quitté votre bureau, je suis allée à l’arrêt d’autobus, mais j’aurais vraiment préféré aller au bureau des inscriptions », avait-t-elle écrit dans une lettre de remerciements adressée aux deux professeurs.

Ape House, qui connaît un immense succès, examine l’idée selon laquelle les bonobos qui sont élevés dans une culture où la langue parlée et les représentations symboliques sont la norme, acquièrent le langage de la même façon que les enfants, c’est-à-dire en y étant exposés. « Le roman de Gruen contribue à présenter, d’une manière accessible et divertissante, une image multifacette de la culture entre les grands singes et d’autres êtres capables de ressentir des sensations », a expliqué Sue Savage-Rumbaugh, Ph.D., scientifique à l’avant-garde de la recherche sur le langage des singes au Great Ape Trust, dans un article consacré à l’importance du roman.

À droite : Kanzi

Financé par le programme Research at York (RAY) depuis deux ans, le projet de recherche de Glendon sur le discours entre les humains et les bonobos (BHD) a débuté il y a six ans. Les étudiants chercheurs Bruce Anderson, Charlotte Petrie, Maria Wong, Jenny Teplitsky, Meng Yang, Laura Guecha, Cadence Lavoie et Ashley Thomas participent à ce projet sous la supervision de Benson et de Greaves. L’équipe BHD a étudié les aptitudes de Kanzi et de Panbanisha, deux bonobos du Great Ape Trust, à participer activement à des échanges avec Savage-Rumbaugh et d’autres soignants, en utilisant un ensemble de systèmes sémiotiques sociaux.

Lorsque Gruen a contacté Savage-Rumbaugh en 2006, celle-ci l’a adressée à Benson et à Greaves, avec qui elle collaborait depuis plusieurs années dans le cadre de ses recherches sur le langage des bonobos. Les deux professeurs ont alors chaleureusement invité Gruen à venir faire une visite à Glendon pour en apprendre plus sur les grands singes. Le compte rendu de sa visite subséquente au Great Ape Trust a fait l’objet d’un enregistrement vidéo.

À gauche : Panbanisha
     
La visite de cette année à Glendon ressemblait à la fois à une visite entre amis et à une rencontre scientifique. « Sara et nos étudiants ont parlé pendant plusieurs heures de leurs expériences avec Panbanisha, Kanzi et d’autres bonobos du Great Ape Trust », a expliqué Greaves. « Sara nous a appris beaucoup de choses et, en retour, nous lui avons fourni des informations supplémentaires, notamment en lui montrant quelques vidéos d’archives. Nous étions au même niveau et avons eu une conversation très enrichissante. »

« À la fin de sa visite, Sara a dédicacé des exemplaires de Ape House, puis plusieurs chercheurs ont proposé de l’inviter à dîner », a ajouté Benson. « Malgré dix entretiens prévus à la radio et à la télévision le lendemain, elle était partante et l’aventure a commencé! »

« Arriver jusqu’au restaurant a été toute une aventure », a confirmé l’étudiante chercheuse Maria Wong. « Nous nous sommes perdus en route, avons eu du mal à héler un taxi et, une fois dans le taxi, le chauffeur n’était pas spécialement sympathique. Tout ce temps-là, je craignais que Sara n’en ait assez d’être avec nous et ne décide de retourner à son hôtel au lieu d’aller dîner avec nous. Heureusement, elle est restée et nous avons passé une excellente soirée ensemble. En plus des bonobos, nous avons parlé de sa famille et de ses animaux familiers, et elle nous a raconté dans quelles circonstances elle a fait l’acquisition d’une chèvre. »

De gauche à droite : Charlotte Petrie, Meng Yang, Maria Wong, Sara Gruen et Laura Guecha

L’équipe de recherche a confirmé que Sara Gruen a un rapport remarquable avec les bonobos. « Normalement quand nous montrons des clips vidéos sur les bonobos, nous expliquons ensuite la vidéo et, notamment, pourquoi nous avons extrait ces séquences », a dit Wong. « Avec Sara, nous n’avons rien eu à expliquer. Elle a tout de suite compris. »

Les professeurs Benson et Greaves et les étudiants qui participent au projet de recherche de Glendon sur le discours entre les humains et les bonobos feront une présentation sur les progrès de leurs travaux le mercredi 1er décembre à 18 h au Centre BMO du Manoir Glendon. La présentation, coorganisée avec le Club de linguistique de Glendon, fait partie de la série de conférences données cet automne sous l’égide du Centre de recherche sur le contact linguistique de Glendon. Tout le monde est le bienvenu à cette présentation.

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 24 novembre 2010