« Nouveau Monde, nouvelle Europe, nouvelle donne? » - Conférence à Glendon de Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre français

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Le 20 février, le sénateur français et ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a donné une conférence co-organisée par Glendon, la Fondation Vari et le Consulat général de France à Toronto. La conférence s’est déroulée en présence de Daniel Jouanneau, ambassadeur de France au Canada, Philippe Delacroix, consul général de France à Toronto, M. et Mme Vari, philanthropes très en vue, David Collenette, ancien ministre fédéral et membre d’honneur de Glendon, Greg Sorbara, ancien ministre des Finances de l’Ontario et actuellement député provincial, Madeleine Meilleur, ministre de la Culture et des Affaires francophones de l’Ontario et Lorna Marsden, présidente de l’Université York. De nombreux étudiants et membres du corps professoral se trouvaient aussi dans l’élégante salle du Sénat de Glendon, comble pour l’occasion.

Le principal de Glendon, Kenneth McRoberts, a chaleureusement accueilli M. Raffarin et sa femme Anne-Marie, actuellement en visite privée au Canada. M. et Mme Raffarin « sont deux grands amis du Canada, qui incarnent l’importance que la France accorde à l’Ontario, où plus de cent accords inter-universitaires sont actuellement en vigueur», a déclaré M. McRoberts.

Le deuxième mot d’accueil, tout aussi cordial, fut prononcé en français et en anglais par Mme Helen Vari, membre honoraire à vie du Conseil d’administration de l’Université York et présidente de la Fondation Vari, qui fournit un important soutien à l’Université York. Établie par Helen et George Vari, la Fondation Vari appuie le développement de l’identité nationale canadienne dans plusieurs domaines, notamment l’environnement, l’enseignement, l’adaptation des nouveaux immigrants et la promotion des relations culturelles entre la France et le Canada. Mme Vari a déclaré que M. Raffarin est « un des hommes d’État les plus respectés du monde », ajoutant que « l’amitié, le dialogue et la compréhension entre les nations ont une importance primordiale ».

M. Raffarin a mentionné ses liens étroits avec le Canada, qu’il visite souvent. « Le Canada est un pays doté d’une conscience et très sensibilisé aux besoins de l’humanité », a dit l’ancien Premier ministre. Puis, il a fait état des grands changements dans le monde ces quinze dernières années, changements qui ont entraîné l’émergence de nombreux pays et créé de nouveaux problèmes, de nouvelles situations internationales et de nouvelles menaces. Il s’est attardé sur deux influences majeures en matière de politiques mondiales actuelles : l’émergence de la Chine et le nouveau visage de l’Islam. M. Raffarin a donné un aperçu des prodigieux développements en Chine, qui causent de nombreux problèmes mais ouvrent aussi de formidables perspectives non seulement sur le plan du commerce et des affaires, mais aussi en matière d’établissement d’alliances visant à favoriser une plus grande coopération mondiale et une paix durable. Selon M. Raffarin, les solides alliances avec la Chine peuvent être un moyen pour les pays occidentaux de se montrer fermes à l’égard de questions telles que la corruption, le processus démocratique et les droits de la personne.



Voir ci-dessus: M. Jean-Pierre Raffarin (tout gauche) donne son discours à la Salle de sénat de Glendon. À sa gauche, la présidente de l'université York, Mme Lorna Marsden, M. Philippe Delacroix, le consul-général de France à Toronto, et l'ancien ministre de transport de Canada M. David Collenette

Ensuite, M. Raffarin a parlé de l’Islam, de son réveil et de la montée de l’islamisme radical. « Les 1 milliard 200 millions de musulmans dans le monde exercent un pouvoir énorme qui doit être canalisé vers des objectifs autres que la violence », a-t-il déclaré avant d’ajouter que « la France partage le désir des États-Unis de protéger le monde de la violence, même si elle n’est pas toujours d’accord avec les méthodes américaines ». Au sujet des vives réactions suscitées par les récentes caricatures de Mahomet,
M. Raffarin a affirmé qu’étant donné la situation mondiale actuellement explosive, il serait sage d’auto-limiter la liberté d’expression à l’égard de certains sujets délicats. Il a poursuivi en expliquant la décision de la France d’interdire le port du voile islamique dans les écoles, en raison de l’histoire républicaine du pays et pour veiller à ce que tous les enfants français soient considérés comme égaux à l’école.

Pour finir, M. Raffarin a affirmé que l’Europe – et la France en particulier – est bien placée pour apporter certaines solutions aux défis liés à l’émergence de ces deux principales forces politiques. « L’Europe a pour mission importante d’offrir un lieu où ces puissances peuvent se rencontrer et apprendre à coexister en paix, a dit en conclusion M. Raffarin. Un réseau entre la France et le Canada pourrait être très utile pour créer ce genre de lieu, étant donné que le Canada possède la vitalité nécessaire pour entreprendre ce processus. »


Informations sur Jean-Pierre Raffarin :

Jean-Pierre Raffarin a étudié le droit à l’Université de Paris II - Panthéon-Assas, puis a obtenu un diplôme de l’École Supérieure de Commerce de Paris. Il a débuté sa carrière comme publicitaire puis, en 1977, il a été élu conseiller municipal de la ville de Poitiers. Il a ensuite occupé des mandats de plus en plus importants, tout d’abord comme conseiller régional puis comme président du Conseil régional de Poitou-Charentes. En 1989, il a été élu député européen, puis sénateur du département de la Vienne en 1995. La même année, il a été nommé ministre des Petites et Moyennes entreprises.

Jean-Pierre Raffarin est devenu Premier ministre en 2001, poste qu’il a occupé jusqu’à sa démission en 2005. Il est actuellement sénateur de la Vienne et membre du Groupe interparlementaire France-Québec. Il est chevalier de la Légion d'honneur et titulaire de la Grand-Croix de l'Ordre national du Mérite.

Cet article a été soumis à Y File par Marika Kemeny, agente de communication du Collège Glendon.


Publié le 27 février 2006