Allocution de l’ambassadeur John McNee au Collège Glendon sur le Canada et l’Union européenne

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De passage à son alma mater le 3 novembre dernier, M. John McNee, ambassadeur du Canada auprès du Royaume de Belgique et du Grand-Duché de Luxembourg, a été chaleureusement accueilli. Dans son allocution, il a exposé son point de vue sur l’avenir de l’Union européenne et sur les relations que pourrait entretenir le Canada avec la communauté européenne au cours des prochaines années.

Selon M. McNee, l’Union européenne est une création unique en matière de relations internationales et un immense succès sur les fronts politique et économique. Il a souligné qu’en raison de la mondialisation rapide et du vieillissement de la population dans ses pays membres, elle se trouve actuellement à la croisée des chemins. « Personne ne conteste le fait que l’UE a suscité une grande transformation depuis la Deuxième Guerre mondiale, a déclaré M. McNee, et qu’il en a résulté 50 ans de paix, un record pour l’Europe, ainsi qu’une promesse de paix soutenue. » De plus, la perspective de se joindre à l’Union a incité certains pays à instaurer la paix et la démocratie sur leur territoire. Depuis l’ajout récent de dix nouveaux États, l’Europe est presque entièrement unie et libre.

L’ambassadeur McNee a souligné les avantages d’adhérer à l’UE : la promesse d’une richesse accrue et d’une forte croissance économique. Il a cependant fait observer que les participants à l’Union avaient des visions divergentes. « Si la constitution proposée pour l’Union a été rejetée l’été dernier, ce n’est pas à cause de son contenu. Lors d’un référendum, les réponses se rapportent souvent aux questions sous-jacentes », a expliqué M. McNee. Il a pointé du doigt l’insatisfaction des Français face à leur actuel gouvernement et les sentiments anti-immigrants comme étant des causes possibles de leur rejet de la constitution. De même, les craintes relatives à la désorganisation de la société qu’ils ont toujours connue peut avoir été un facteur clé de la réponse négative des Pays-Bas à la proposition. Même si le nationalisme et les vieilles peurs ont entraîné le rejet de la constitution, ce processus a généré un bénéfice important : il a suscité une discussion sérieuse sur l’avenir de l’UE.


La mondialisation et le vieillissement des populations sont des défis que doivent relever la plupart des pays industrialisés, et la manière d’aborder ces problèmes varie d’un État à l’autre. Le fait qu’il soit un pays construit sur l’immigration, qui fait bon accueil à la diversité et aux changements qu’elle suscite, confère au Canada de grands avantages. Les pays membres de l’UE observent avec intérêt l’exemple canadien. « L’actuelle situation du Canada est très favorable : la dette nationale est jugulée, les taux d’inflation et de chômage sont bas et l’absorption des immigrants par la société contribue à abaisser l’âge médian de la population, a souligné M. McNee. Hormis les États-Unis, c’est avec l’Europe que le Canada entretient les plus étroites relations et ce, dans pratiquement tous les domaines de la politique », a-t-il ajouté. Il s’est dit optimiste quant à la possibilité d’étendre l’ALÉNA afin qu’elle englobe l’Union européenne, qu’il considère comme un partenaire naturel en raison de ses valeurs et de son approche de collaboration. Ce partenariat serait extrêmement avantageux lors d’événements planétaires, comme les épidémies, les catastrophes naturelles et les manœuvres de défense.

Les étudiants présents ont formulé des commentaires et des questions sur des enjeux importants, comme la contribution du Canada à la reconstruction de l’Afghanistan, par exemple. Ils ont voulu savoir de quelle manière le Canada sert de modèle à l’UE au plan des politiques d’immigration, si l’UE devrait ouvrir ses portes à un plus grand nombre de pays dans un proche avenir et quel rôle joue la Russie d’aujourd’hui en Europe. Répondant à une question sur la vie d’un diplomate de carrière, l’ambassadeur McNee a indiqué que les multiples déménagements et changements sont difficiles pour les familles. Toutefois, les occasions d’apprendre et d’expérimenter étant nombreuses, c’est une vie stimulante et très satisfaisante. Il a terminé en remerciant encore une fois Glendon de l’avoir invité et il s’est dit absolument ravi d’être de retour après de si nombreuses années d’absence.

John McNee est titulaire d’un baccalauréat en histoire (Collège Glendon, Université York, 1973) et d’une maîtrise en histoire (Cambridge, R.-U., 1975). Il a été boursier du Canada à Cambridge de 1973 à 1975. M. McNee est entré au ministère des Affaires extérieures en 1978. Il a été affecté à Madrid, Londres, Tel-Aviv, Damas et Beyrouth. Au ministère des Affaires étrangères à Ottawa, il a travaillé au Secrétariat de l'élaboration des politiques et à la Direction des relations transfrontalières entre le Canada et les États-Unis. Il a également été directeur à la Direction du personnel et directeur général à la Direction générale du Moyen-Orient, de l'Afrique du Nord et des États du Golfe. M. McNee a aussi fait partie du Groupe de travail du premier ministre Trudeau sur la paix et la sécurité internationale et a travaillé au Bureau du Conseil privé. Avant de devenir ambassadeur auprès du Luxembourg et de la Belgique en 2004, il a été sous-ministre adjoint pour l'Afrique et le Moyen-Orient au ministère des Affaires étrangères à Ottawa.

Article soumis par Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 10 novembre 2005