Ne tirez pas sur le messager – Journée mondiale de la traduction à Glendon

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L’École de traduction de Glendon et l’Association des traducteurs et interprètes de l’Ontario (ATIO) ont souligné conjointement le 27 septembre dernier la Journée mondiale de la traduction, célébrée chaque année avec beaucoup de succès au Salon Albert Tucker.

Candace Séguinot, professeure de traduction à Glendon, a animé la soirée. La première oratrice, Nancy McInnis, présidente de l’ATIO, a souhaité la bienvenue à la nombreuse assemblée composée d’étudiants, de diplômés, de traducteurs et d’interprètes. Mme McInnis a parlé de l’ATIO et a encouragé toutes les personnes présentes à visiter son site Web amélioré (http://www.atio.on.ca), qui présente une nouvelle section intitulée Nouvelles du monde. « Cette section offre un compte rendu intéressant des questions et des défis auxquels les traducteurs et interprètes font face aujourd’hui », a-t-elle dit. Elle a aussi encouragé les étudiants à profiter de l’adhésion étudiante gratuite à l’ATIO et de l’occasion de s’inscrire sur place.

Chantal Evans (à gauche) reçoit sa bourse ATIO pendant la soirée
de la Journée internationale de traduction

La soirée mettait en vedette trois oratrices invitées : Hazel Cole-Egan, interprète de conférence et traductrice agréée, Lida Nosrati, interprète communautaire, et Lyse Hébert, traductrice et interprète communautaire. À l’opposé des thèmes plus joyeux des années précédentes, les exposés de cette année ont abordé des sujets plus graves comme les conflits, les contraintes et les dangers physiques auxquels sont confrontés certains interprètes en exercice aujourd’hui.

« Dans le monde actuel, les interprètes travaillent dans la ligne de tir, au propre comme au figuré », a affirmé Mme Cole-Egan. « On les tient parfois responsables des mauvaises communications et ils peuvent faire l’objet de critiques en raison de ce que certains considèrent comme des inexactitudes. » Elle a expliqué le rôle et les activités de l’Association internationale des interprètes de conférence (AIIC), dont les membres au Canada ont formé l’Association canadienne des interprètes de conférence (ACIC). Fondée en 1953, l’AIIC est la seule association internationale d’interprètes de conférence. Elle rassemble 2800 professionnels dans plus de 250 villes et plus de 90 pays. Au Canada, elle compte 119 membres, principalement des femmes. « Au Canada, on retrouve le plus grand nombre d’interprètes de conférence à Montréal, Ottawa et Toronto », a ajouté Mme Cole-Egan, « et bien que le français et l’anglais continuent d’être les langues principales, l’espagnol et le japonais gagnent en importance. »

Lida Nosrati a ensuite pris la parole pour faire part de son expérience en tant qu’interprète communautaire. « Les interprètes communautaires sont des professionnels qui assurent la liaison entre des personnes qui ne parlent pas la même langue », a expliqué Mme Nosrati, qui est titulaire d’une maîtrise en traduction de Glendon. Elle a souligné qu’en plus de leurs compétences dans les langues en question, les interprètes communautaires doivent prendre en compte plusieurs autres facteurs au cours de leur travail, principalement leur propre contexte culturel et celui des groupes ou des personnes avec lesquels ils travaillent, afin de bien comprendre les différences pouvant influer sur leur travail. Les interprètes communautaires travaillent dans des domaines variés tels que les soins de santé, les services sociaux et les tribunaux. À l’heure actuelle, chaque organisme ou groupe professionnel possède son propre processus de formation et d’évaluation, mais certains n’ont malheureusement ni l’un ni l’autre. « Étant donné que les interprètes communautaires peuvent quelquefois être responsables du succès ou de l’échec de l’acte de communication, le besoin est grand d’établir des normes pour la formation et l’évaluation des professionnels », a ajouté Mme Nosrati. « Les interprètes communautaires font souvent face à des conflits, à des contraintes et à des conséquences graves dans le cadre de leur travail. Ils ont besoin de plus de recherche spécialisée et d’une formation plus complète. »

La troisième oratrice de la soirée, Lyse Hébert, œuvre comme traductrice et interprète communautaire, en plus d’être chargée de cours en Études françaises au Collège militaire royal du Canada. Elle est diplômée de Glendon et poursuit en ce moment des études de doctorat sous la direction de Daniel Simeoni, professeur de traduction à Glendon. « Je suis très heureuse d’être de retour à Glendon », a-t-elle dit. « J’ai beaucoup apprécié mes études de baccalauréat et toutes mes expériences positives en tant qu’étudiante. » Mme Hébert, qui a récemment travaillé comme interprète à Cuba, a choisi comme thème le conflit inhérent à l’interprétation communautaire. « Le conflit est au cœur même de l’interprétation communautaire », a-t-elle affirmé. « Parfois, il peut y avoir de grandes différences entre les valeurs et les idéologies des parties en présence. Le rôle de l’interprète doit être de faire en sorte que chaque groupe comprenne clairement ce que l’autre partie a à dire, y compris tout type de communication non-verbale qui peut se produire. » Sur une note plus grave, Mme Hébert a parlé des risques encourus par les interprètes dans des milieux dangereux tels que les zones de guerre. Elle a aussi parlé des 216 interprètes tués jusqu’à maintenant au cours de la guerre en Iraq – une énorme perte de vies civiles – et a invité l’auditoire à observer un moment de silence pour ces victimes ayant perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions.

Il y avait toutefois place aux réjouissances, alors que deux étudiantes de Glendon ont reçu des prix décernés par la Fondation de l’ATIO (FondATIO). Christiane Simard vient tout juste de compléter son baccalauréat spécialisé en Traduction (2007) à Glendon, tout en continuant d’enseigner. Elle a reçu le Prix d’excellence de l’ATIO, remis à l’étudiant ayant la moyenne la plus élevée dans ses cours de traduction. Chantal Evans, qui débute le programme de Traduction cet automne, a reçu la bourse d’aide financière de l’ATIO, décernée chaque année à un étudiant méritant.


Christiane Simard (à gauche) accepte son prix d'excellence ATIO

La soirée a attiré une foule qui s’est déversée jusque dans la salle Fireside adjacente et à qui elle a offert de nombreuses occasions de se mêler aux invités et de réseauter, de revoir d’anciens camarades de classe et de reprendre contact avec les professeurs. Comme toujours, le succès de l’événement tient en grande partie à Aileen Rakocevic, l’assistante de programme très aimée de l’École de traduction. Aileen est la force motrice dans l’organisation de cette soirée et d’autres événements de l’École de traduction, de l’envoi des invitations à la préparation des délicieux desserts qui font partie intégrante de ces rencontres.

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon, en collaboration avec Marie Maher, coordonnatrice des publications et nouveaux médias de Glendon.


Publié le 12 octobre 2007