Un homme de la Renaissance au Département d’anglais de Glendon

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Igor Djordjevic, professeur nouvellement arrivé au Département d’anglais de Glendon, apporte un nouveau champ d’intérêt qui enrichira le programme d’Études anglaises à Glendon. Jeune universitaire, Djordjevic est titulaire d’un baccalauréat en Littérature anglaise de la State University of New York à Binghamton ainsi que d’une maîtrise (2001) et d’un doctorat (2005) de l’Université de Toronto.

Originaire de Belgrade en Serbie, Djordjevic, fils d’un journaliste affecté à plusieurs endroits du globe, a vécu dans de nombreux pays au cours de son enfance, notamment au Kenya et au Liban. Il commence ses études universitaires à l’Université de Belgrade, mais la situation politique de la région devenant de plus en plus instable, il transfert à Binghamton où il termine ses études. Après l’obtention de son diplôme, il travaille comme professeur d’anglais à l’American Community School du Liban à Beyrouth au niveau secondaire et au programme de baccalauréat international (BI). Toutefois, il se rend vite compte qu’il a besoin d’une formation plus poussée pour réaliser son rêve d’enseigner à l’université.


Professeur Igor Djordjevic

Ayant épousé une Canadienne, l’Université de Toronto était un choix évident, et il y complète ses études supérieures, se concentrant sur la littérature de la Renaissance anglaise. « J’ai toujours beaucoup aimé l’histoire, raconte M. Djordjevic, et je m’intéresse particulièrement à l’influence que les œuvres littéraires exercent sur l’idée qu’une société se fait de son histoire. » Afin de mieux comprendre les concepts formés par la société de la Renaissance au sujet de son passé, M. Djordjevic a étudié de nombreuses œuvres, y compris les pièces historiques de Shakespeare, retraçant les pistes jusqu’à leurs sources historiques. « L’étude du Moyen Âge me fascine, ajoute M. Djordjevic, parce qu’elle révèle les façons dont on employait les discours historiques à cette époque. » Shakespeare, Marlowe et d’autres utilisaient leurs œuvres, dont l’action se déroule dans le passé, à des fins didactiques ou de propagande relatives à leur propre époque. Transposer leurs points de vue à une autre époque les rendaient plus faciles à accepter, et aussi moins dangereux : des remarques négatives au sujet des souverains et des membres importants de la société de l’époque pouvaient entraîner des conséquences fâcheuses. « Lorsqu’on étudie la littérature de la Renaissance sous l’angle de la pertinence historique, on découvre que les auteurs ne cessent d’utiliser l’histoire. En fait, nous pouvons aussi appliquer cette grille d’analyse à notre époque pour comprendre plus clairement nos concepts et messages historiques actuels », ajoute-t-il.

Djordjevic enseigne trois cours cette année : un cours de première année sur l’analyse des genres et des approches propres aux textes littéraires; un cours de troisième année sur – quoi d’autre? – la littérature de la Renaissance; et pour le trimestre d’hiver, il met sur pied un nouveau cours de quatrième année, tout juste approuvé par le Conseil de la Faculté, intitulé “Imagining the Past: The Literary Uses of History in the Renaissance”. Il a conçu ce cours pour qu’il soit flexible, utilisant une gamme de genres littéraires et d’exemples chaque année.

M. Djordjevic a publié de nombreux articles dans des revues spécialisées et travaille présentement à la rédaction d’un livre reposant sur sa recherche de doctorat. Utilisant les Chroniques de Holinshedcomme source principale, cet ouvrage se concentre sur la guerre de Cent Ans et la guerre des Deux-Roses, deux périodes déterminantes de l’histoire de l’Angleterre. « C’est au cours de ces épisodes qu’est né le sentiment d’identité nationale de l’Angleterre, explique M. Djordjevic. La lecture des Chroniques de Holinshednous apprend comme les gens lisaient l’histoire à cette époque, c’est à dire dans le but d’éclairer les problèmes et les événements du présent. »

M. Djordjevic rêve aussi d’organiser une conférence sur le médiévisme un jour, ici même au campus Glendon. « Ne serait-il pas merveilleux de juxtaposer les conceptions historiques des francophones et des anglophones à propos de l’autre groupe dans un tel lieu?, ajoute-t-il. Cette dualité conviendrait parfaitement à la dualité propre à Glendon. »

M. Djordjevic se sent chez lui dans le milieu bilingue de Glendon grâce à sa bonne maîtrise du français oral et écrit. « Être professeur à Glendon, c’est un rêve, dit-il, une situation idéale pour un jeune universitaire : pouvoir enseigner dans un cadre si beau et être accueilli si chaleureusement par les autres membres du corps enseignant. » Sa vision de l’avenir? « Je veux contribuer à la vie du Collège et de l’Université en en faisant le point central de mon propre travail. »

Cet article a été rédigé par Marika Kemeny, agente de communication de Glendon.


Publié le 23 octobre 2006