Allocution de David Orchard à Glendon

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David Orchard, fermier biologique de la Saskatchewan et ardent défenseur de l’environnement, s’est adressé le 29 novembre dernier aux étudiants de Glendon lors d’une conférence publique intitulée « Le Canada dans un contexte de mondialisation ».

Deux fois candidat à la direction du défunt Parti progressiste-conservateur, Orchard s’est classé deuxième derrière Joe Clark en 1998. S’étant converti avec succès à l’agriculture biologique en 1975, il continue d’exploiter en Saskatchewan la ferme centenaire qui appartient à sa famille depuis quatre générations. Son engagement sans faille pour la cause environnementale englobe également des questions comme l’enfouissement des déchets nucléaires en sol canadien, la coupe à blanc de nos forêts, la salubrité de l’air, de l’eau et des aliments et d’autres sujets connexes.

S’adressant en français et en anglais aux étudiants de science politique et aux membres de la communauté, David Orchard a tenu d’entrée de jeu à dissiper l’impression qu’il est opposé au libre-échange. « Je ne suis pas contre le libre-échange; je suis contre le fait que notre pays soit dominé et gouverné par une puissance étrangère. Pour le Canada, mondialisation signifie en réalité américanisation. Depuis notre adhésion à l’ALENA [Accord de libre-échange nord-américain], nous avons de moins en moins d’échanges commerciaux avec les autres pays et de plus en plus avec les États-Unis, a déclaré Orchard. En outre, soixante-quinze pour cent du commerce canadien est effectué par des entreprises américaines exploitées à partir du Canada », a-t-il ajouté. Selon lui, le problème qui résulte de cette situation est que ces entreprises ne sont pas liées par les lois et pratiques d’affaires canadiennes. Le Canada perd donc le contrôle des pratiques commerciales, des questions environnementales et d’autres préoccupations importantes.

Dans un éloquent plaidoyer adressé à la génération montante, il a souligné l’importance de protéger nos industries et notre commerce et de maintenir notre contrôle sur les questions liées à la défense et à l’environnement. Orchard s’est dit convaincu que le Canada possède la masse critique et la puissance économique nécessaires pour conserver son indépendance et qu’il ne doit pas craindre de faire l’objet de représailles de son puissant voisin en cas de désaccord entre les deux pays. Il a également affirmé qu’il n’était pas trop tard pour que le Canada se soustraie à des ententes qui le désavantagent sur les plans économique et environnemental.

Orchard a étayé sa communication à l’aide de nombreux faits et citations. Il a également distribué plusieurs des articles qu’il a publiés sur des sujets comme la vente de Petro-Canada, les réformes électorales, comment le libre-échange a modifié le Canada et les pressions américaines pour que le Canada participe à la guerre en Iraq. Il a captivé son auditoire, à preuve les questions nombreuses et variées posées par les participants, qu’ils soient en accord ou en désaccord avec ses propos.

Les deux professeurs de science politique qui ont eu l’idée de cette conférence, Radha Persaud et Edelgard Mahant, y avaient amené leurs étudiants. Pour ces derniers, ce fut une précieuse activité d’enrichissement, une occasion de rencontre et d’échange de points de vue avec une personnalité importante de la scène canadienne actuelle.

Article soumis par Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 2 décembre 2004