La professeure Ellen Gutterman parmi les finalistes du prix Vincent-Lemieux 2007

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Une toute nouvelle professeure de Glendon fait partie des finalistes pour le prix Vincent-Lemieux, édition 2007. Ce prix, nommé d’après l’éminent professeur de sciences politiques de l’Université Laval, est attribué tous les deux ans par l'Association canadienne de science politique (ACSP).

L’ACSP remet ce prix commandité par les Presses de l’Université Laval à l’auteur de la meilleure thèse de doctorat soumise, en anglais ou en français, à une université canadienne au cours des deux années précédentes, dans l’un des domaines des sciences politiques.

Ellen Gutterman, qui est actuellement professeure adjointe au département de sciences politiques de Glendon, a proposé à l’Université de Toronto, en 2005, une thèse intitulée On Corruption and Compliance : Explaining State Compliance with the 1997 OECD Anti-Bribery Convention [Corruption et conformité : du respect par les États de la Convention sur la lutte contre la corruption de l’OCDE.] La question qu’elle tente de résoudre par ses recherches est celle de l’étonnante variation observée entre les États-Unis, l’Allemagne, la France et le Royaume-Uni, quatre des principaux pays exportateurs membres de l’OCDE, quant au respect d’une convention internationale qui les oblige à combattre chez les exportateurs la corruption transnationale qui mine le commerce international.

« Mon étude rend compte des raisons qui expliquent que, parmi les États assez semblables qui forment ce groupe, certains se conforment à cet engagement juridique international, alors que d’autres ne le font pas », précise-t-elle. Son argument principal est que le respect par un État d’un engagement international est fonction de l’efficacité avec laquelle la norme mondiale en jeu dans cet engagement s’articule aux politiques nationales de l’État en question.

Comment Ellen Gutterman a-t-elle choisi son sujet? « Mon intérêt pour la politique des pays développés date de longtemps, commente-t-elle. Les années 1990 ont marqué le début de sérieuses préoccupations au sujet de la corruption comme obstacle à la gouvernance. Je suis devenue consultante pour Transparency International, une importante organisation non gouvernementale basée à Berlin. Les recherches que j’ai effectuées pour cet organisme avaient pour principal objet le respect, par les États, de leur engagement, et c’est ce qui m’a menée vers mon sujet de thèse. »

À sa grande surprise, Ellen Gutterman s’est aperçue qu’entre les quatre États qu’elle étudiait, les dissidents n’étaient pas ceux auxquels on se serait attendu en se fiant aux stéréotypes habituels. Alors que les États-Unis et l’Allemagne se conforment à un très haut degré, la France ne le fait que modérément et le Royaume-Uni, pas du tout. Les raisons qui expliquent la conformité ou la non-conformité de chaque État sont complexes et dépendent de facteurs nationaux. Parmi ceux-ci, on trouve des questions comme le degré de conscience et de sensibilité d’une société donnée au sujet de la corruption, et le fait que les politiques qui lient le pays soient présentées ou non en des termes correspondant aux priorités de la société qui le compose. Comme les quatre pays étudiés présentent un degré de développement et des normes sociales semblables, elle a pu tirer des conclusions significatives pour l’approche théorique qu’elle a mise au point. « Le sujet est toujours d’actualité et ma théorie tient toujours! », affirme-t-elle. Elle prévoit publier ses résultats sous forme d’articles dans des revues savantes, ainsi que dans un ouvrage de synthèse.

Ellen Gutterman est l’une des quatre finalistes du prix Vincent-Lemieux. Les autres finalistes sont Kristin Good, de l’Université de Toronto, dont la thèse s’intitule Multicultural Democracy in the City: Explaining Municipal Responsiveness to Immigrants and Ethno-Cultural Minorities [Démocratie multiculturelle dans la cité : l’ouverture des municipalités face aux immigrants et aux minorités ethnoculturelles]; J. Scott Matthews, de la University of British Columbia, dont la thèse est intitulée Campaign Learning and the Economy [L’économie et les leçons tirées des campagnes électorales]; et Katleen McNutt, de la Simon Fraser University, dont la thèse porte le titre Virtual Policy Networks: Navigating the Policy Web [Les Réseaux des politiques virtuelles : Naviguer la toile des politiques]. Le prix sera décerné lors de la rencontre annuelle 2007 de l’ACSP à la University of Saskatchewan, à Saskatoon, le 31 mai.

Fraîchement débarquée à Glendon, Ellen Gutterman donnera plusieurs cours dès cet automne : un cours de deuxième année, Introduction to International Relations, un cours de troisième année, International and Transnational Organizations, ainsi qu’un séminaire de recherche avancée, Transnational Crime and Corruption. « Je suis emballée par l’ambiance sur le campus et par l’accueil que j’ai reçu de mes collègues, déclare-t-elle. J’espère aussi faire partie, dans un avenir pas trop lointain, de l’École des affaires publiques de Glendon, qui ouvre ses portes cet automne. »

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 8 juin 2007