« Air Solidarité » apporte à l’Afrique une aide dont elle a grandement besoin

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Dans un effort concerté, le monde entier s’est mobilisé pour venir en aide aux victimes du tsunami. L’humanité a donné une preuve tangible de ses plus belles qualités en partageant une partie de ses richesses et en tendant une main secourable à ceux qui en avaient grand besoin. Cette tragédie et ses répercussions accaparent l’attention des médias, mais des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour inciter les gens à accorder leur attention à d’autres tragédies également, en particulier la dévastation et la souffrance qui affligent de nombreuses régions d’Afrique par suite de catastrophes naturelles ou causées par l’homme.

Daphne Schiff, professeure émérite dans le domaine des sciences du vol au Département d’études pluridisciplinaires de Glendon, est l’une de ces voix. Mme Schiff a pu constater par elle-même la souffrance et la pauvreté que la guerre, la famine et la maladie peuvent provoquer dans certains secteurs de l’Afrique. Avec son amie et partenaire de vol Adele Fogle (présentement présidente d’Aviation International à Guelph, en Ontario), elle participe depuis sept ans à une mission humanitaire annuelle menée en Afrique centrale par Air Solidarité, une organisation bénévole basée à Paris. Les deux femmes se surnomment les « Air-O-Sols » et au cours des dernières années, toutes deux ont piloté un avion monomoteur sur la moitié nord-sud d’un périple de 6000 km qui leur a permis de livrer des fournitures médicales et scolaires et d’inspecter les sites où sont utilisés les dons amassés aux fins des projets de la mission. En octobre 2004, comme Adele Fogle ne pouvait l’accompagner, Daphne Schiff a fait seule, à partir de Bogandé au Burkina Faso, la moitié sud-nord de ce raid aérien annuel.

Air Solidarité a apporté une aide grandement nécessaire à bon nombre de projets importants par le passé. Le groupe a notamment contribué à la construction d’écoles, de cliniques sanitaires, de bibliothèques et de centres d’éducation nutritionnelle, il a participé à des campagnes d’immunisation et a contribué à l’érection d’un barrage.


La mission de cette année vise à favoriser la mise sur pied de huit nouveaux centres de soins de santé ainsi que la création d’organisations villageoises de gestion des terroirs et d’un programme d’appui aux agro-pasteurs au Burkina Faso. Elle vise également à établir un programme d’alphabétisation et un programme de promotion de la micro-entreprise au Cameroun, à venir en aide au Centre de rééducation et d’appareillage des handicapés de Bogandé, à contribuer au programme de formation d’équipes paramédicales au Mali, à améliorer la qualité de l’eau potable en s’associant à des organismes locaux au Mali et au Sénégal et à soutenir un programme destiné à apporter un soutien personnalisé aux enfants en difficulté de Brazzaville.


Afin de participer à cette mission humanitaire, les Air-O-Sols doivent amasser approximativement 40 000 $ chaque année. Ce montant couvre la contribution en espèces de 15 000 $ que chaque équipe participante doit fournir ainsi que les dépenses de carburant et d’hébergement liées à la tournée d’inspection. Pour les Air-O-Sols toutefois, ces vols ont davantage pour but de rencontrer les gens et de découvrir par elles-mêmes leurs pays, d’établir des rapports personnels qui lient étroitement les aidants avec ceux qui ont besoin d’aide.

Mmes Schiff (à droite) et Fogle volent ensemble depuis longtemps. Il y a des années, elles se sont jointes au groupe « The ‘99s », une association féminine de course créée par Amelia Earhardt dans les années 1930 pour offrir aux femmes la possibilité de faire de la course d’aviation, elles qui jusque-là pouvaient donner des cours mais pas participer aux compétitions. La première course avait réuni 99 participantes, d’où le nom du groupe.

« Nous adorions la course. C’était un pur enchantement, explique Mme Schiff. Mais il était temps de nous rendre utiles, de faire quelque chose dans le domaine de l’action humanitaire. ». C’est ainsi qu’elles sont devenues les Air-O-Sols et se sont jointes à Air Solidarité en 1998.

« J’ai rencontré des gens merveilleux et je me suis fait des amis à vie lors de ces voyages. J’ai eu le privilège d’être l’invitée d’honneur lors de célébrations locales. L’automne dernier par exemple, j’ai été invitée à un festin dans un village où j’étais la première personne blanche que les villageois voyaient de leur vie. C’était formidable », a ajouté Daphne Schiff. Sa collection de photos illustre les expériences émouvantes et les gens extraordinaires qu’elle a rencontrés lors de ses périples. Parmi les plus anciens contacts qu’elle a établis, elle mentionne le pharmacien-chef d’Air Solidarité en Afrique qui vit à Bogandé. À son arrivée, il l’attendait sur la piste d’atterrissage et il l’a conduite en ville sur sa motocyclette pour lui présenter sa famille. La totalité des bagages de Mme Schiff se composait de fournitures médicales et scolaires qui ont été très appréciées par ceux qui les ont reçues. Les fournitures médicales étaient un don de Novopharm et d’Apotex, deux sociétés commanditaires des expéditions des Air-O-Sols.

« C’est très important de venir en aide aux victimes des grands désastres comme le récent tsunami en Asie. Cependant, j’aimerais que les gens reportent leur attention sur les nombreuses autres tragédies qui se produisent dans le monde, en particulier en Afrique. Ces tragédies ont cours depuis longtemps et les communautés ont besoin de l’aide soutenue des pays développés pour se remettre sur pied et pouvoir envisager un avenir meilleur », a conclu Daphne Schiff.

Article soumis par Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 20 janvier 2005