Une ambassadrice canadienne, en visite à Glendon, donne un aperçu des possibilités de carrière au Service extérieur

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Renata Wielgosz, diplômée de York (PhD en science politique, 1985), aujourd’hui ambassadrice du Canada auprès de la République hellénique et de la République de Chypre, est venue à Glendon le 17 novembre pour parler de son travail ainsi que des possibilités de carrière et du processus de recrutement au Service extérieur canadien. Elle a été reçue par le principal de Glendon Kenneth McRoberts, qui fut l’un de ses professeurs lorsqu’elle étudiait à l’Université York. Sa visite à Glendon était tout à fait naturelle, sachant que le Collège a notamment pour mandat de former les chefs de file et les hauts fonctionnaires bilingues de demain.

À gauche : Le principal Kenneth McRoberts (à gauche) avec l'ambassadrice Renata Wielgosz

Wielgosz est entrée au ministère des Affaires extérieures, aujourd’hui appelé le ministère des Affaires étrangères et du Commerce international (MAECI), il y a 27 ans, en tant qu’agente du Service extérieur, dans la filière politique/économique. Elle a indiqué que travailler pour un seul employeur, tout en ayant l’occasion d’explorer de nombreuses opportunités et de travailler dans divers endroits aux côtés de personnes toujours différentes, offre de nombreux avantages.

En présentant une vue d’ensemble de sa carrière, Wielgosz a démontré que les missions auxquelles les diplomates participent dépendent des événements du moment. Lors de son premier poste en Union soviétique en 1982, en plein milieu de la guerre froide, Mikhail Gorbachev était alors ministre de l’Agriculture de l’URSS. Comme il était déterminé à améliorer les pratiques agricoles de son pays, la première mission de Wielgosz fut de planifier une visite de deux semaines pour Gorbachev dans plusieurs régions agricoles du Canada. Il fut très gratifiant de constater qu’il mit en place une grande partie de ce qu’il avait appris pendant sa visite.

Wielgosz a travaillé dans la plupart des régions du monde notamment en Amérique du Sud, dans des pays de l’Union européenne, à l’Organisation des États américains à Washington, et aujourd’hui en Grèce et à Chypre. Elle a été envoyée en poste en Inde juste après l’écrasement du vol d’Air India, une catastrophe qui avait entraîné un surcroît de travail diplomatique pour l’ambassade. De retour à Ottawa entre 1988 et 1991, elle a été chargée de dossier pour la Pologne, l’Allemagne de l’Est et la Tchécoslovaquie pendant les années marquées par la chute du Mur de Berlin, le mouvement Solidarité en Pologne et la dissolution de la Tchécoslovaquie ayant mené à la naissance de la République tchèque et de la République slovaque. « Ces profondes transformations ont entraîné des modifications des traités, de nouvelles politiques, des décisions concernant la reconnaissance des nouveaux pays et des analyses des nouvelles relations. »

« Selon que l’on travaille pour un gouvernement libéral ou pour un gouvernement conservateur, les priorités et la manière de régler les problèmes sont différentes », a expliqué Wielgosz. Elle a aussi parlé de sa première affectation à l’Assemblée générale des Nations Unies – un poste de quatre mois à New York – où elle a découvert un microcosme de tous les pays et a vécu une formidable initiation à la diplomatie.

« Le travail dans une ambassade est varié : on peut accomplir des tâches ordinaires – telles que remplacer un passeport perdu ou inscrire un enfant canadien né à l’étranger – comme s’occuper d’urgences internationales, a-t-elle ajouté. Un ambassadeur est comme un chef d’orchestre. Il doit s’assurer que tout le monde travaille de manière harmonieuse. Toutes les activités de l’ambassade ont des répercussions au Canada, à la fois sur le marché de l’emploi, sur la coopération avec les autres pays et sur les secteurs clés de l’économie. »

« Un poste à l’étranger dure généralement entre 3 et 4 ans, a expliqué Wielgosz. La première année, il y a énormément de choses à apprendre ; la deuxième année, on est prêt à travailler ; puis l’année ou les deux années qui suivent, on termine les projets entrepris. » Wielgosz a énuméré les compétences les plus importantes pour réussir dans le Service extérieur, notamment avoir de bonnes compétences en négociation, bien travailler dans les situations de face-à-face, établir des relations multilatérales et savoir les rétablir quand des problèmes surviennent. « En tant qu’agent du Service extérieur, il faut être capable de réagir rapidement, a-t-elle ajouté. L’examen du Service extérieur reflète d’ailleurs la réalité du travail diplomatique. Il présente en effet des situations hypothétiques et évalue la manière dont le candidat y fait face. »

« Après 27 ans, mon travail m’apporte encore une immense satisfaction, ainsi que la chance de voyager et de vivre de formidables aventures. Travailler avec des gens exceptionnels et très dévoués est aussi très motivant. »

La fonction publique du Canada prévoit un taux d’attrition de 50 % au cours des 5 à 10 prochaines années. Ce grand vide devra être comblé par de jeunes diplômés, qui pourront obtenir rapidement des promotions durant leur carrière. Le MAECI recrute activement en prévision de la tendance à venir.

« Le Canada fête 100 ans de service extérieur en 2009, a ajouté Wielgosz. Nous avons de remarquables réalisations à notre actif, dans le domaine de la diplomatie. » Elle a cité en exemple le prix Nobel de la paix décerné à Lester B. Pearson en 1957 ; la Convention d’Ottawa de 1997 visant à mettre fin à l’emploi des mines antipersonnel dans le monde ; et la participation à l’évacuation en 2006 des étrangers se trouvant au Liban.

Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, le MAECI remplit un vaste éventail de rôles comprenant des consultations, l’organisation d’événements, l’établissement de partenariats, la recherche d’experts dans divers domaines, l’alignement des politiques, l’ouverture de nouveaux marchés mondiaux, etc. « Le ministère des Affaires étrangères représente le visage du Canada dans le monde. Notre pays est reconnu pour ses activités de défense des droits de la personne et de promotion de la paix », a ajouté Wielgosz.

Pour en savoir plus sur Renata Wielgosz

Renata Wielgosz est entrée au ministère des Affaires extérieures en août 1982 à titre d’agente du Service extérieur, dans la filière politique/économique. Parmi ses postes à l’étranger, elle a été affectée à la Mission du Canada aux Nations Unies à New York ; à New Delhi (Inde) ; à Prague (République tchèque) ; et à la mission du Canada à l'Organisation des États américains à Washington.

À Ottawa, Mme Wielgosz a été chargée de dossier d’abord pour l'URSS puis pour la Pologne, la Tchécoslovaquie et l'Allemagne de l'Est à la Direction des relations avec l'URSS et l'Europe de l'Est ; agente ministérielle au Cabinet du ministre des Affaires extérieures (à deux reprises) ; agente ministérielle au Secrétariat de gestion ; chargée de dossier pour les questions multilatérales liées à l'énergie à la Direction de l'énergie et de l'environnement ; directrice adjointe à la Direction de l'Amérique du Sud et des affaires interaméricaines ; et directrice des Affaires interaméricaines.

Elle a été ambassadrice auprès du Venezuela de 2005 à 2007. En 2007, elle a été nommée ambassadrice du Canada auprès de la République hellénique et, en octobre 2009, elle a reçu son accréditation auprès de la République de Chypre.

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 3 décembre 2009