Une professeure d’études hispaniques de Glendon reçoit une prestigieuse récompense du gouvernement espagnol

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La professeure Esther Raventós-Pons, du département d’Études hispaniques de Glendon, a reçu l’une des plus prestigieuses marques de reconnaissance offertes par le gouvernement espagnol : elle a été nommée Comendadora de la Orden del Mérito Civil par le ministère des Affaires étrangères de l’Espagne, une distinction semblable, dans notre pays, à l’Ordre du Canada. Lors d’une cérémonie officielle qui a eu lieu à Ottawa, le 26 septembre, Mme Raventós-Pons et six autres personnes œuvrant dans le milieu universitaire ont reçu la superbe médaille d’or et d’émail de l’Orden des mains de l’ambassadeur d’Espagne, Mariano Alonso Burón, qui a souligné le rôle essentiel de Mme Raventós-Pons dans la compréhension toujours meilleure au Canada de la culture espagnole.


À droite : L'ambassadeur d'Espagne au Canada, M. Mariano Alonso Burón décerne le certificat de l'Orden del Mérito Civil à la professeure Esther Raventós-Pons

Membre du corps professoral de Glendon depuis 2000, Mme Raventós-Pons est spécialiste de la littérature espagnole contemporaine. Ses autres intérêts sont tout à fait multidisciplinaires, puisqu’ils embrassent la littérature latino-américaine, la langue et la littérature catalanes, la littérature des femmes et les arts visuels.

La récompense qu’elle a reçue est la reconnaissance officielle, par le gouvernement espagnol, de ses réalisations dans le domaine de la promotion de la langue et de la culture espagnole au Canada, grâce à l’organisation de divers événements culturels qui ont permis à ce pays d’accueillir d’éminents artistes et universitaires espagnols. Le rôle joué par Mme Raventós-Pons dans le développement de programmes universitaires d’études hispaniques, ainsi que ses publications dans des revues savantes lui valent également cette récompense.

Rosa Garrido, professeure d’Études hispaniques à l’Université Trent et chef du département au moment où E. Raventós-Pons y occupait un poste (de 1994 à 1996), a prononcé le discours de présentation lors de la cérémonie et résumé les remarquables réalisations de la lauréate (pour des détails, voir ci-dessous la section intitulée « Au sujet d’Esther Raventós-Pons »). Mme Garrido, qui est, selon Mme Raventós-Pons elle-même, son modèle et son mentor, a loué les réalisations universitaires de son émule, son approche collaborative de l’enseignement, l’énergie dont elle fait preuve quand il s’agit d’améliorer l’expérience universitaire de ses étudiants, et son dévouement à l’art et à la culture espagnols.


Esther Raventós-Pons et les représentants du gouvernement espagnol au Canada ont un long passé commun en matière de coopération. À de multiples occasions, elle a servi d’agent de liaison pour l’organisation au Canada de rencontres culturelles et littéraires avec des invités espagnols. Pendant son mandat de directrice du département d’Études hispaniques de Glendon (de 2004 à 2008), elle a travaillé en étroite collaboration avec le personnel de l’ambassade, et avec l’ambassadeur lui-même, pour élargir la portée du programme et de ses activités. L’une des conséquences importantes de cette collaboration a été la création d’un poste de chargé de cours/adjoint d’enseignement, financé conjointement par le Collège et par le ministère des Affaires étrangères de l’Espagne. Le titulaire de ce poste doit aider à l’enseignement de l’espagnol à Glendon, contribuer au développement de nouveaux programmes et assurer la liaison avec les étudiants du département. En ce moment, cette personne participe à la mise sur pied du programme de doctorat en Études hispaniques qui doit être inauguré à Glendon dans un avenir prochain. « Le soutien constant de mes collègues, en particulier celui du principal de Glendon [Kenneth McRoberts], a contribué de façon inestimable à mon travail pour le développement de ce programme », a déclaré Mme Raventós-Pons.

« Dans le vaste champ de la vie culturelle torontoise, la professeure Raventós-Pons a joué le rôle d’attachée culturelle à titre honorifique, en favorisant les échanges littéraires et artistiques entre le Canada et l’Espagne, soutient Mme Garrido. Les artistes canadiens et espagnols ont amorcé une collaboration très fructueuse grâce à ses contacts avec des galeries d’art de Toronto et de Barcelone. La présence cette année à la Toronto Art Fair de la prestigieuse galerie catalane Contrast est également le résultat de ses bons offices. Elle est allée encore plus loin, cependant, en faisant connaître en Espagne l’art et les artistes canadiens, y compris les œuvres de l’artiste visuelle [diplômée de York, B.B.A. 1977] Shelagh Keeley. »

À droite : La médaille de l'Orden del Mérito Civil

Une autre présence importante pour Glendon lors de cette cérémonie du 26 septembre était celle de Guillaume Bernardi, professeur d’art dramatique à Glendon et metteur en scène réputé. Dans la conférence qu’il a prononcée, M. Bernardi a comparé différentes versions du mythe de Don Juan : Le Moqueur de Séville, de Tirso de Molina, qui date du début du 17e siècle - c’est la première; puis celle de Molière, Don Juan, qui fut jouée pour la première fois en 1665; et The Joker of Seville (1978), la version iconoclaste du poète et dramaturge caribéen, prix Nobel de littérature, Derek Walcott.

« L’annonce de cette récompense m’a totalement surprise, se souvient E. Raventós-Pons, et on me fait un grand honneur en me l’accordant. Quand l’ambassadeur lui-même m’a téléphoné pour me féliciter, j’étais très émue; mais c’est pendant la cérémonie que cela est devenu une réalité… Le fait de recevoir l’une des plus grandes récompenses officielles de l’Espagne compte parmi les expériences les plus stimulantes de ma carrière. Je tiens à souligner que cette médaille ne reconnaît pas seulement ma contribution, mais aussi le soutien sans relâche accordé à mon travail par le principal de Glendon, Kenneth McRoberts, et par mes collègues du département d’Études hispaniques. Voilà ce qui permet vraiment de faire connaître toujours un peu plus la culture espagnole à Glendon, à York et dans l’ensemble du Canada. »

À gauche : Guillaume Bernardi donne le discours-porgramme à la cérémonie d'honneur

Les travaux en cours de Mme Raventós-Pons portent sur l’intérêt croissant pour le corps dans l’érudition contemporaine et dans la société en général – ce que l’historien de l’art espagnol Pedro A. Cruz Sánchez nomme « l’omniprésence du corps ». « Le but de ma démarche est de souligner le rôle significatif du corps dans la photographie et dans la fiction des Espagnoles, explique Mme Raventós-Pons. Malgré cet intérêt croissant [pour le corps] dans la critique littéraire et artistique espagnole, le manque d’études sur le travail des artistes visuelles espagnoles est criant, et notamment dans le cas des photographes de sexe féminin. » Elle entend publier ses résultats dans un livre qui mettra en relief l’importance de la photographie et de la présence des femmes dans l’Espagne contemporaine et dans la vie culturelle espagnole.

Esther Raventós-Pons participe également à un autre projet intéressant, une collaboration novatrice entre les départements d’Études hispaniques et d’Études d’art dramatique de Glendon. Mme Raventós-Pons et Guillaume Bernardi sont en train de mettre au point un cours de quatrième année intitulé, de façon assez énigmatique, « Théâtre espagnol et latino-américain : du drame au jeu » [Spanish and Latin American Theatre: From Drama to Performance / Teatro español y latinoamericano: del drama a la actuación]. Le premier trimestre, enseigné par Mme Raventós-Pons, portera sur la littérature du Siglo de Oro, le Siècle d’or espagnol (XVIe et XVIIe siècles). Le deuxième trimestre permettra de produire une pièce de cette époque, sous la direction de M. Bernardi.


Au sujet d’Esther Raventós-Pons

Esther Raventós-Pons, qui parle couramment l’anglais, l’espagnol, le catalan et le français, a obtenu un baccalauréat (1992), une maîtrise (1993) et un doctorat (1999) de l’Université de Toronto, avec une spécialisation en littérature de l’Espagne contemporaine. De plus, elle est titulaire d’un diplôme en arts visuels de la Escuela de Artes Aplicadas y Oficios Artísticos de Barcelone, et a fait des études au Musée du Louvre (France) et au Museo del Prado (Espagne). Elle a enseigné dans plusieurs universités ontariennes, entre autres à l’Université de Toronto (de 1992 à 1994), à l’Université Trent, à Peterborough (de 1994 à 1996), à l’Université McMaster, à Hamilton (en 1996 et 1997), ainsi qu’à l’Université Brock, à St. Catherines (de 1996 à 2000). Elle enseigne au département d’Études hispaniques du collège Glendon de l’Université York depuis 2000 : d’abord comme professeure adjointe (de 2000 à 2004), et maintenant comme professeure agrégée (depuis 2004).

Ses domaines de recherche et d’enseignement couvrent plusieurs disciplines, dont la littérature espagnole contemporaine, l’art, la littérature des femmes et la théorie de la critique. Elle a publié à de nombreuses reprises dans ses domaines de spécialisation : des livres et des articles savants sur la littérature et l’art contemporains, ainsi que des présentations lors de colloques universitaires nationaux et internationaux. Son ouvrage très estimé, Rupturas Espaciales : Palabra e Imagen en Textos Catalanes Postfranquistas met à profit sa double expertise en arts visuels et en littérature. Elle a publié de nombreux articles dans des revues littéraires et rédigé certains chapitres d’ouvrages portant sur ses domaines de spécialisation.

La professeure Raventós-Pons a été invitée à prononcer des conférences dans huit universités et a présenté plus de trente communications savantes lors de symposiums et de colloques universitaires au Canada, aux États-Unis, en Amérique latine, en Europe et au Pakistan.

En septembre 2007, Mme Raventós a reçu la Encomienda de la Orden del Merito Civil de Sa Majesté le roi Juan Carlos I, en reconnaissance des services rendus à la nation espagnole. Cette distinction est l’équivalent du titre de Commandeur de l’Empire britannique. Parmi les personnes nommées Comendador se trouvent des généraux, des fonctionnaires de haut niveau et des magistrats du gouvernement espagnol. Le titre est accordé également aux citoyens espagnols qui résident à l’étranger, qui ont atteint dans leurs pays d’accueil des niveaux de responsabilité importants et qui se sont distingués par des services exceptionnels rendus à l’Espagne.

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 4 novembre 2008