Une rencontre flamboyante avec la poète et romancière Susan Musgrave lors d’une lecture de la série Ondaatje

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Un récital de poésie bizarre et amusant, suivi d’une discussion détendue avec Susan Musgrave, poète, romancière et auteur de littérature pour enfants : voilà les plaisirs qu’a pu goûter le public de Glendon le 17 novembre, dans le contexte de la série de lectures publiques Michael Ondaatje.

 Au cours de sa longue et illustre carrière, Susan Musgrave a publié dix-sept recueils de poésie, trois romans, trois ouvrages hors fiction, quatre livres pour enfants et plusieurs recueils d’essais humoristiques. Les titres de certains de ses poèmes vous donneront une idée des thèmes qui l’occupent : A Man to Marry [« Un homme à marier »]; A Man to Bury [« Un homme à enterrer »]; Tarts and Muggers [« La Belle et la brute »]; Cocktails at the Mausoleum [« Cocktails au mausolée »]; The Embalmer’s Art [« L’art de l’embaumeur »]; Forcing the Narcissus [« Forcer le Narcisse »], pour n’en nommer que quelques-uns.

À gauche : Susan Musgrave à Glendon

« Susan est une créature sauvage et une poète authentique, une personne qui a chéri sa liberté en des circonstances parfois… chaotiques, a déclaré l’hôte de la soirée, le poète Chris Dewdney, qui enseigne la création littéraire sur le campus Keele et à Glendon. Sa biographie se lit comme un récit d’aventures, rempli de pays exotiques, de truands, de trafiquants de drogue, de tragédies devant le juge, de séduction devant le juge et d’amours de prison. En fait, sa biographie est tellement extraordinaire qu’elle en a vendu les droits pour le cinéma. »

Auteure prolifique, Susan Musgrave est d’avis que l’on ne peut forcer l’inspiration en établissant pour l’écriture un cadre rigide – tout en admettant qu’il faut écrire sans cesse pour que quelque chose d’important finisse par émerger. « J’écris moins qu’avant, a-t-elle ajouté. Je suis peut-être moins obsédée par l’écriture parce que j’ai d’autres soupapes, comme mon amour pour la nature. »

À Glendon, elle a lu des extraits de plusieurs de ses livres récents, dont You’re In Canada Now...A Memoir of Sorts [« Tu es au Canada maintenant… Un genre de mémoire »], publié par Thistledown Press en 2006. Ses écrits trahissent son besoin de repousser les frontières, de débusquer l’outrageux et l’irrévérencieux, mais cela ne cache pas la profondeur immense des idées qu’elle explore et des émotions qu’elle n’a pas peur d’exprimer ni de décortiquer. Son dernier roman s’intitule Cargo of Orchids (Knopf Canada, 2000; « Un cargo d’orchidées », non traduit) et son dernier recueil de poèmes, What the Small Day Cannot Hold: Collected Poems 1970-1985 (Beach Holme Publishing, 2000; « Ce qui ne tient pas dans une petite journée », non traduit).

À droite : Le poète Chris Dewdney présente Susan Musgrave

Susan Musgrave est impossible à cataloguer. « On lui a collé toutes les étiquettes : écoféministe et antiféministe; humoriste de bas étage et poète maudite; analyste de la scène sociale et politique et sirène enragée de la côte ouest », a commenté Dewdney.

Susan Musgrave est mariée à Stephen Reid, romancier et ancien membre du célèbre Stopwatch Gang. Stephen Reid, qui a été emprisonné deux fois pour vol de banque, est actuellement en semi-liberté. Ils vivent en Colombie-Britannique, où ils partagent leur temps entre Sidney et Haida Gwaii (les îles de la reine Charlotte). Susan enseigne la poésie à l’Université de la Colombie-Britannique, dans le programme de création littéraire de la maîtrise en beaux-arts.

Quand on lui parle de son choix de vivre plus de la moitié de l’année sur Haida Gwaii, elle répond : « Cela me donne le temps de lire et d’écrire. C’est une vie simple où peu de choses vous rejoignent, peu de distractions. C’est aussi un endroit où la nature est magique et belle. »

Au sujet de Susan Musgrave

Susan Musgrave a reçu des prix dans cinq catégories littéraires : la poésie, la fiction, la création hors fiction, la littérature jeunesse et le travail d’éditeur. Elle a grandi sur l’île de Vancouver, en Colombie-Britannique. Elle a fait paraître plus de vingt livres et a été parmi les finalistes des prix du Gouverneur général et du prix Stephen Leacock. En 1996, elle a reçu le prix littéraire canadien CBC/Tilden de la poésie et le prix Vicky Metcalf des éditeurs de nouvelles pour enfants. Elle a été présidente du Writers’ Union of Canada en 1997-1998. Au printemps 1999, son mari Stephen Reid et elle ont fait l’objet du documentaire The Poet and The Bandit (« La poète et le bandit »), produit par le réseau anglophone de Radio-Canada pour la série Life and Times.

Au sujet de la série de lectures publiques Michael Ondaatje

La série de lectures publiques Michael Ondaatje est commanditée par le romancier de réputation internationale Michael Ondaatje, qui a enseigné la littérature anglaise à Glendon pendant de nombreuses années, ainsi que par le département d’études anglaises de Glendon. Elle met en vedette des écrivains et des poètes canadiens contemporains, qui lisent des extraits de leurs ouvrages récents et discutent de leur expérience du processus de création.

Parmi les auteurs qui ont participé à la série, notons Michael Winter, Gil Courtemanche, David Adams Richards et Michael Ondaatje lui-même.

Le prochain auteur invité à la série de lectures Michael Ondaatje est Barbara Goudy, écrivaine, éditrice et professeure de création littéraire à l’Université Ryerson. La date, l’heure et le lieu de la rencontre seront annoncés.

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 20 novembre 2009