Un professeur de science politique de Glendon examine le rôle du lieutenant-gouverneur du Québec

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Le professeur de science politique de Glendon Radha Persaud (à droite) a reçu récemment une importante subvention de recherches du gouvernement du Québec, sur deux ans, dans le cadre du Programme de soutien à la recherche en matière d’affaires intergouvernementales et d’identité québécoise. Son projet de recherche sur le rôle du lieutenant-gouverneur du Québec visera à déterminer si cette fonction est considérée comme celle d’un chef d’état ou comme un obstacle politique.


 « J’ai l’intention d’orienter mes recherches sur l’histoire, le processus de nomination ainsi que les tensions ou les problèmes liés au rôle vice-royal au Québec, particulièrement à une époque récente », explique Persaud. « Ce sujet est grandement lié à l’identité du Québec, mais a également une importante interface fédérale-provinciale, car le lieutenant-gouverneur est nommé par le Gouverneur général sur les conseils du premier ministre, une caractéristique centrale du système monarchique constitutionnel du Canada. »

Étant donné que le lieutenant-gouverneur du Québec souligne l’identité monarchique britannique  de cette province, il sera important d’examiner si cette particularité institutionnelle du système gouvernemental québécois crée des tensions ou des problèmes qui gênent la légitimité de la province et sa capacité au sein de la fédération canadienne. « En d’autres termes, précise Persaud, il s’agit de savoir si l’institution du lieutenant-gouverneur est un héritage qui enrichit ou gêne la capacité du Québec en matière d’autodétermination au sein du système fédéral, particulièrement dans des domaines où la province est censée avoir une autonomie assez importante dans le contexte d’un système fédéral, qui – dans une certaine mesure – se veut asymétrique dans l’esprit, si ce n’est aussi dans la forme. »

Persaud affirme qu’il s’agit d’un sujet riche et d’actualité, qui contribuera aux discussions publiques sur l’importance et la légitimité d’un chef d’état au Québec, une province qui fut au cœur du compromis établi par les partenaires fondateurs du système canadien de gouvernance. Il soutient que ce débat est particulièrement important pour les gouvernements et les sociétés du Québec, car les ententes constitutionnelles fédérales actuelles s’écartent – à l’égard de certaines questions importantes – des principes généraux du fédéralisme et, de ce fait, des conceptions du Canada telles qu’elles étaient représentées en 1867.

Le professeur Persaud a démontré dans ses recherches antérieures et les cours qu’il enseigne à Glendon son intérêt continu pour le rôle du lieutenant-gouverneur. Le 11 janvier 2010, l’honorable David Onley, lieutenant-gouverneur de l’Ontario, a été invité comme conférencier à un cours de Persaud sur le gouvernement canadien. Dans sa présentation, Onley a fourni une description détaillée de son rôle vice-royal et de ses responsabilités et a répondu aux questions des étudiants.

Persaud considère son projet actuel comme le début d’un processus d’officialisation du statut et du pouvoir politico-légal du chef d’état au Québec et, par conséquent, dans le reste du Canada. Ce processus permettrait de légitimer le pouvoir du chef d’état et de le formaliser dans une sorte d’action républicaine visant à régler les problèmes du fédéralisme et le rôle du chef d’état dans le système parlementaire. « La question centrale dans cette étude vise donc à déterminer s’il devrait y avoir un processus basé au Québec pour choisir un lieutenant-gouverneur – ou un autre chef d’état ayant des pouvoirs résiduels – qui légitimerait davantage cette fonction auprès de la population québécoise, par rapport au système actuel de nomination. Ce processus n’empêcherait pas des consultations éventuelles entre le premier ministre et le premier ministre provincial avant une nomination. »

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 16 novembre 2010