Un diplômé de Glendon corédige un nouveau livre sur la transformation du système d’enseignement supérieur

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Le modèle traditionnel des études de premier cycle en Ontario n’est plus viable. Telle est la thèse du nouveau livre Academic Transformation: The Forces Reshaping Higher Education in Ontario corédigé par Ian D. Clark, Greg Moran, Michael Skolnik et David Trick (Montréal et Kingston : Queen’s Policy Studies Series, McGill-Queen’s University Press, 2009), qui paraîtra le 30 novembre. La recherche appuyant cette publication a été financée par le Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur.

À gauche : David Trick

« L’Ontario fait face à un défi lié à l’explosion des inscriptions dans les établissements postsecondaires », a déclaré le coauteur David Trick (Glendon BA 1977), ancien sous-ministre adjoint de l’Éducation postsecondaire au gouvernement de l’Ontario et ancien président-directeur général et vice-recteur de l’Université de Guelph-Humber. « Or, le modèle d’enseignement de premier cycle – sur lequel compte presque exclusivement la province – prévoit que l’enseignement doit être seulement assuré par des professeurs qui font de la recherche originale. Il s’agit du modèle d’éducation le plus cher pour les établissements postsecondaires. La dépendance à l’égard de ce modèle – qui associe l’enseignement et la recherche universitaires – n’offre pas une diversité suffisante d’expériences de baccalauréat à des étudiants dont les antécédents, la situation, les aspirations et les styles d’apprentissage varient. »

Le projet a démarré il y a deux ans, lorsque le Conseil ontarien de la qualité de l’enseignement supérieur – un organisme indépendant du gouvernement provincial – a commandé une série de documents visant à examiner certaines des grandes questions auxquelles font face les universités et les collèges, et à déterminer quelques priorités pour l’avenir. Le Conseil avait demandé aux quatre collaborateurs de rédiger des documents basés sur leurs différentes perspectives.

« Nous avons rapidement découvert que nos observations étaient très interdépendantes, a dit Trick. Nous avons donc décidé qu’il serait plus constructif et plus stimulant d’écrire un livre ensemble. »

Chaque participant a apporté une vaste expérience pertinente au projet. Pendant 22 ans, Ian D. Clark a travaillé au gouvernement fédéral, dans des organisations s’occupant d’affaires économiques et budgétaires, avant de diriger pendant neuf ans le Conseil des universités de l’Ontario, l’organisme de défense des universités ontariennes.

Greg Moran a consacré sa carrière à l’enseignement, à la recherche et à l’administration à l’Université Western Ontario, où il a été vice-recteur principal et vice-président (Affaires académiques).

Michael L. Skolnik a fait une grande partie de sa carrière universitaire à l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario (IEOP) de l’Université de Toronto, afin d’étudier l’organisation et la gouvernance des systèmes d’enseignement supérieur au Canada et à l’étranger. Il s’intéresse particulièrement à la relation entre les universités et les collèges.

David Trick a passé vingt ans aux ministères des Finances et de l’Éducation postsecondaire du gouvernement de l’Ontario, avant de devenir président fondateur d’un établissement regroupant un collège et une université, puis consultant dans l’enseignement supérieur. Il est aussi membre du conseil d’administration de l’Association des diplômés de l’Université York et du comité consultatif du principal du Collège Glendon.

Le livre soutient que plusieurs nouvelles stratégies valent la peine d’être examinées. Celles-ci comprennent la création de nouvelles universités axées sur l’enseignement; la promotion des postes à temps plein occupés par des professeurs qui se consacrent uniquement à l’enseignement; et la modification du diplôme de premier cycle en trois ans. Une autre recommandation propose de créer une université ouverte qui reconnaîtrait pleinement les connaissances acquises antérieurement et tirerait davantage parti des technologies pour l’enseignement. Le livre recommande aussi d’améliorer les transferts entre les collèges et les universités, et d’encourager la différenciation institutionnelle grâce à un ensemble de politiques gouvernementales claires, de règlements et d’incitations financières.

Trick a expliqué que la principale difficulté du projet a porté sur l’analyse des pressions exercées sur le système ontarien d’enseignement supérieur par l’augmentation des inscriptions et par les attentes plus élevées à l’égard des recherches menées par les professeurs. « Il nous a fallu plusieurs mois pour réunir tous les éléments du projet. Il est inhabituel d’avoir quatre coauteurs, mais il en résulte un meilleur livre. »

Le livre s’adresse à un vaste public. Les professeurs, le personnel, les administrateurs et les étudiants des établissements postsecondaires, ainsi que les représentants du gouvernement, y trouveront des informations sur le fonctionnement du système d’enseignement dans son ensemble et sur son efficacité. Les parents représentent un autre public cible, sachant qu’ils sont de plus en plus nombreux à vouloir savoir s’ils peuvent compter sur le système d’enseignement supérieur pour préparer leurs enfants à l’avenir.

« Selon nos meilleures estimations, entre 60 000 et 100 000 étudiants supplémentaires voudront faire des études universitaires d’ici l’année 2021. Les décisions que nous prendrons ces prochaines années auront des répercussions sur le type d’enseignement qui leur sera offert. Nous espérons que le livre permettra aux lecteurs de mieux comprendre les forces qui remodèlent actuellement le système d’enseignement supérieur. »

Trick a indiqué que plusieurs responsables des politiques s’intéressent au livre. Ils reconnaissent que l’enseignement supérieur ne s’invente pas tout seul et qu’un leadership est nécessaire dans le secteur des politiques d’éducation. « Nous devons nous assurer d’avoir suffisamment de places pour répondre à l’augmentation du nombre d’étudiants. Nous devons aussi veiller à ce que les étudiants aient accès à des programmes de grande qualité, et à ce que l’éducation soit offerte à un coût abordable pour le gouvernement et pour les étudiants. La récession économique mondiale a souligné l’urgence d’un leadership en matière de politiques. »

« Glendon est un formidable modèle d’éducation universitaire, a dit Trick à propos de son alma mater. Le collège est centré sur les étudiants et leur offre des possibilités d’interactions avec les professeurs et leurs camarades. Il leur fournit aussi un environnement qui assure la continuité de l’apprentissage en dehors des salles de classe. L’Ontario doit trouver de nouveaux moyens pour offrir une expérience éducative de grande qualité à un nombre sans cesse croissant d’étudiants. »

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 24 novembre 2009