L’interprétariat à la cote à Glendon

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À Glendon, deux rencontres complémentaires portant sur l’interprétariat communautaire et une troisième sur l’interprétariat parlementaire ont reçu un accueil extrêmement enthousiaste de la part des étudiants, des professionnels et des membres de la communauté multiethnique torontoise. Le nombre maximal de participants atteint à chacune des trois rencontres illustre bien l’intérêt très vif que suscite cette discipline spécialisée et ses besoins criants en matière de formation.

À droite : La professeure de traduction de Glendon María Constanza Guzmán

Le 29 février, Claudia Angelelli, de la San Diego State University, a donné une conférence publique intitulée Minding the Gaps in Healthcare Interpreting: New Directions in Research, Practice and Standards (« Manques et ouvertures dans l’interprétariat en soins de santé : nouvelles orientations pour la recherche, la pratique et les normes »). Organisée par María Constanza Guzmán, professeure de traduction à Glendon, la conférence était co-commanditée par l’École de traduction de Glendon, le Centre de recherche sur le contact linguistique (CRCL) de Glendon et la Multi-Languages Corporation.

À gauche : La professeure Claudia Angelelli, qui a donné la conférence publique ainsi que l'atelier

La professeure Angelelli est l’auteure de nombreuses publications savantes, dont Medical Interpreting and Cross-cultural Communication (« Interprétation médicale et communication transculturelle ») et Re-visiting the Role of the Interpreter: a Study of Conference, Court, and Medical Interpreters in Canada, Mexico and the Unites States (« Le rôle de l’interprète revu et corrigé : interprètes de conférences, interprètes juridiques et interprètes médicaux au Canada, au Mexique et aux États-Unis »). Mme Angelelli a décrit les habiletés et la formation nécessaires à cette discipline et confirmé que la demande pour des interprètes, dans tout le pays et dans tous les champs, n’est pas satisfaite à l’heure actuelle. La soirée a été l’occasion de faire connaître aux étudiants les réalités de la profession et de souligner le besoin criant de formation professionnelle, dans un domaine où la plupart des praticiens n’en ont pas.


Les participants de l'atelier d'interprétation communautaire avec M-C Guzmán à la droite en bas

Le lendemain, 1er mars, Mme Angelelli a animé toute la journée un atelier d’interprétation destiné à un groupe choisi de participants, étudiants et autres, dont un grand nombre travaille déjà comme interprètes communautaires dans une grande variété de domaines. Présidé par María Constanza Guzmán et par la directrice de Multi-Languages, Lola Bendana, l’atelier, comme le dîner, était offert gracieusement par les commanditaires à un groupe représentatif de la diversité de la communauté torontoise. Le cantonais, le mandarin, l’espagnol, le créole, le vietnamien, l’ourdou, le tamil, l’hindi, le portugais, l’italien et le français ne sont que quelques-unes des langues parlées par les participants. Comme les habiletés générales et les approches de l’interprétation s’appliquent à n’importe quelle langue, chacun a pu tirer parti de l’information transmise.

À gauche : Les interprètes parlementaires Bryce Graham et Claudette Branchard

Le troisième événement de la session portant sur l’interprétation a été, le 17 mars, une conférence publique commanditée par l’École de traduction de Glendon et offerte, en français et en anglais, par deux interprètes parlementaires à Ottawa, Bryce Graham et Claudette Branchard. La présentation, intitulée « Démystifier l’interprétation : formation, carrières, expériences » (Demystifying Interpretation: Training, Careers and Experience), et la discussion qui l’a suivie ont mis en évidence l’intérêt croissant et la demande pour les services d’interprétation, ainsi que le rôle de la technologie dans le domaine, qui appelle un changement dans les cours et dans le contenu de la formation. M. Graham et Mme Branchard ont su transmettre leur passion pour leur profession. Ils ont également fourni une foule d’information sur les carrières en interprétation simultanée et consécutive. « C’est important de faire connaître ces options aux étudiants, qui les ignorent peut-être au moment de faire des plans pour l’avenir », a déclaré Aurelia Klimkiewicz, professeure à Glendon, qui présidait cette conférence.

À droite : L'atelier a été beaucoup apprécié

Le fait que plusieurs événements liés à l’interprétation se sont tenus dans un intervalle rapproché à Glendon, qu’ils ont été si applaudis et que la participation a dépassé la capacité d’accueil montre bien la demande et l’intérêt dont la discipline fait l’objet dans la communauté. Ces conférences et cet atelier ont offert à des personnes bilingues ou allophones des occasions qui n’existaient tout simplement pas, jusqu’à présent, dans la région. « Les droits linguistiques sont essentiels à une interaction ouverte et tolérante entre les personnes, explique Mme Guzmán. Ils sont spécialement importants dans le Toronto multiculturel – l’une des grandes villes du monde. » Il est à souhaiter que le succès de ces événements et l’application pratique de l’atelier de Claudia Angelelli mènent à l’organisation d’une rencontre annuelle, et, qui sait, à l’intégration d’un volet « interprétation » au programme de cours de Glendon dans un avenir pas trop lointain.

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 29 avril 2008