Sky Gilbert inaugure les Conférences littéraires bp nichol

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De qui s’agit-il ? D’un prodige artistique! Sky Gilbert, romancier, poète, réalisateur, metteur en scène, militant gai, acteur, diplômé de l’Université York, en ce moment professeur de théâtre à l’Université Guelph…

Impressionnant, non ? Le public aussi a eu le souffle coupé devant la diversité des voix et des personnages que Sky Gilbert a incarnés lors de la lecture de ses écrits les plus récents, le 17 octobre au Théâtre Glendon. D’abord Norman Bates, le protagoniste déjanté du Psycho d’Hitchcock, suivi d’une Marlene Dietrich vieillissante, reconnaissable jusqu’à l’accent, elle-même suivie de Joe, un jeune homme gai de 22 ans, naïf et tout mêlé. Ce dernier est le personnage principal de l’œuvre en cours de Sky Gilbert,
Talking with Joe, qui prendra l’affiche en avril prochain au théâtre Buddies in Bad Times.

De son vrai nom Schuyler Lee Gilbert Jr, Sky Gilbert est né en 1952 à Norwich, au Connecticut. Sa carrière théâtrale a pris son essor en 1979 quand, avec deux camarades de York, il a fondé la compagnie de théâtre torontoise Buddies in Bad Times. Dédiée tout d’abord à des récitals poétiques scéniques, sans autre orientation particulière, la compagnie est vite devenue, sous la direction artistique de Sky Gilbert, un espace théâtral ouvert à l’expérimentation et à l’innovation, avec un intérêt particulier pour les thèmes liés à l’homosexualité, tant masculine que féminine. En 1994, Buddies in Bad Times a quitté les locaux qu’elle occupait gratuitement depuis ses débuts pour ses locaux actuels de la rue Alexander, où le titre de directeur artistique s’est doublé de celui de directeur… d’entreprise. Parce qu’il préférait consacrer tout son temps à son art polymorphe, Sky Gilbert a quitté Buddies in Bad Times, pour écrire et enseigner.

Selon lui, l’expérience de la scène est très utile au dramaturge, parce qu’elle lui donne une perception réaliste de ce qui passe ou ne passe pas la rampe. « Tout écrivain ne parle que d’un sujet, la grande affaire qui l’intéresse, dit-il. Chaque pièce, chaque personnage n’est qu’une partie de ce sujet unique. » Et la grande affaire de Sky Gilbert, c’est la colère et le sentiment d’aliénation. Et de réaffirmer passionnément son militantisme contre l’homophobie. Et d’exprimer son étonnement perpétuel, devant ce qui choque les gens et ce qui ne les choque pas.

« Ce que j’aime par-dessus tout, c’est le processus d’écriture, a-t-il aussi déclaré. C’est là que je suis le plus heureux. J’ai tellement d’idées qui me viennent tout le temps, j’ai juste envie d’écrire et de les développer. » Son conseil aux aspirants écrivains : « Vous devez vous concentrer sur ce que vous aimez faire. Si ce que vous aimez, c’est écrire, ne vous inquiétez pas du résultat final ; continuez de travailler, c’est tout. »

Sky Gilbert met lui-même ce conseil en pratique. Son œuvre est immense et diversifiée, et elle a été récompensée à de nombreuses reprises, notamment par deux prix Dora, l’un en 1990, pour sa pièce The Whore’s Revenge, l’autre en 1992, pour Suzie Goo : Private Secretary. Il a aussi récolté un prix Pauline McGibbon pour la mise en scène, a produit et réalisé de nombreux films et publié ses poèmes chez différents éditeurs. Ses performances d’acteur au théâtre Tarragon et au théâtre Saidye Bronfman lui ont valu des critiques dithyrambiques. Et il reste un fervent défenseur des causes lesbiennes et gaies dans les journaux et les revues.

Le Conseil des Arts du Canada subventionne depuis le début des années 1970 un programme de lectures publiques qui met en vedette, à Glendon, des écrivains canadiens. Le programme porte son nom actuel depuis 1988, en l’honneur du poète bien connu et professeur de création littéraire très aimé de Glendon, bp nichol. Chaque année, à Glendon, des romanciers, poètes, auteurs de nouvelles et dramaturges canadiens sont invités à donner publiquement lecture de leur œuvre et à parler de leur processus de création. La lecture est suivie d’ordinaire par une discussion. Les ouvrages de l’auteur sont en vente sur place, ainsi qu’à la librairie de Glendon.

Le Programme de conférences littéraires bp nichol présentera encore deux personnalités hautes en couleurs du milieu littéraire et artistique canadien. Le dramaturge (il écrit à la fois pour le théâtre et la télévision) et critique d’art Jason Sherman lira des extraits de son œuvre en cours, lundi, le 28 novembre, de midi à treize heures trente, dans la salle B213 du pavillon York. La dramaturge, auteure, actrice, éditorialiste et professeure de théâtre à l’Université de Guelph, Judith Thompson, sera à Glendon le jeudi, 26 janvier 2006, de midi trente à quatorze heures. Le public est cordialement invité à assister à ces conférences.

Article soumis par l’agente de communications de Glendon, Marika Kemeny


Publié le 18 octobre 2005