Théories d’expression – Exposition annuelle des étudiants à la Galerie Glendon

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Désormais située dans le Manoir Glendon et donnant sur la roseraie, la Galerie Glendon a inauguré ses nouveaux locaux le 6 mars dernier avec Théories d’expression, l’exposition artistique annuelle des étudiants. Le gala d’ouverture a réuni une foule enthousiaste composée d’étudiants, de professeurs et de membres du personnel, tous impatients d’admirer les oeuvres exposées et le magnifique espace de galerie de cet important foyer d’activités culturelles.

« Choisi par les étudiants, le titre de l’exposition, Théories d’expression, donne le ton de l’événement », a expliqué Marc Audette, artiste en arts visuels et professeur à Glendon. « Même si certains pourraient le qualifier d’oxymoron, il rend compte de la complexité du geste créateur et explique la diversité des médiums et des sujets présentés par plus d'une douzaine d'étudiants de Glendon. On passe ainsi de la photographie à la peinture, de l'installation au dessin. »

Les artistes étudiants participants étaient présents à la réception d’inauguration, prêts à expliquer leur travail et à répondre aux questions. Dans les cours d’arts visuels donnés en français par Mac Audette – « Photographie numérique » et « Ligne et forme » –, les étudiants ont été inspirés par les œuvres d’autres artistes et différentes techniques, dont la peinture, le collage et la photographie numérique. À travers leurs propres œuvres artistiques, ils ont abordé des questions complexes, comme le langage corporel, les répercussions socio-économiques des panneaux publicitaires durant les campagnes électorales, les actes de violence, les rêves…

Les photographies numériques d’Émelyne Calizaire donnent l’impression de scènes peintes. Un paysage au bord de l’eau avec un ciel chargé de nuages spectaculaires, le tout dans de doux tons de brun, évoque une peinture hollandaise du 17e siècle. Son autre photographie est une invitation à jeter un coup d’œil par une fenêtre encadrée d’un drapé flottant. Intrigué, le spectateur contemple une cathédrale et sent que quelque chose est sur le point de se produire…

Kate Laird a choisi un médium et un sujet complètement différents : un quatuor de portraits en noir et blanc. Trois des portraits semblent être des dessins à l’encre : des femmes fatales stylisées, à la manière de Cléopâtre, parées de bijoux, avec robes décolletées et parures de tête. Le quatrième est une photo de la tête d’une jeune femme rêveuse qui regarde vers le haut. Son visage est tacheté par l’ombre d’un feuillage, ce qui donne à penser qu’elle est allongée sous un arbre. Le style hautement mélodramatique fait songer à des photos de stars de cinéma des années trente et quarante – Marlene Dietrich, Vivien Leigh…


Le quatuor de portraits par Kate Laird

Muhammad Umar A. Boodoo, un étudiant étranger fraîchement arrivé à Toronto, exprime son ahurissement devant les injonctions, les interdictions et la confusion qui se dégagent des nombreux panneaux de signalisation qui jalonnent les rues de la ville. On dirait de constantes limitations à ce qui est permis, à ce qui est possible… voire de la folie.

Une magnifique main de femme, étendue avec soin sur un rideau au drapé élégant, un anneau délicat passé à un doigt : les photographies de Marie-Ève Truchon permettent au spectateur d’échapper à la frénésie ambiante pour se retrouver dans un monde intérieur, apparemment d’une autre époque. Étudiante de deuxième année en études canadiennes, Marie-Ève Truchon suit ce cours d’art pour « expérimenter quelque chose de différent du reste de mon programme, une occasion qui m’est offerte de poursuivre mes autres intérêts en art et en poésie. J’adore explorer les effets de la lumière, narrer des histoires et exprimer des sentiments dans des photographies. »

L’étonnante variété des matériaux et techniques utilisés par Renée Gauthier est l’un des faits saillants de cette exposition, tant par le nombre d’œuvres exposées que par les différents thèmes explorés. Sa toile verte foncée avec arrosoir est un merveilleux condensé du travail de la nature. Du goulot de l’arrosoir jaillissent des racines de plantes, non de l’eau – voici une façon d’aller à la « racine » des choses ! Une de ses grandes toiles affiche une grande tache gris foncé piquetée par endroits d’amas de découpures de journaux rougeâtres. En y regardant de plus près, la surface foncée révèle les traits d’un visage onirique, les yeux clos – peut-être un avis de décès, avec des découpures de journaux ruisselant de sang?


L'arrosoir de Renée Gauthier

Ah oui! il y a aussi les nus grotesques de Julien Lacaille, de grosses femmes qui ne sont plus dans leur prime jeunesse, aux seins pendants et aux ventres protubérants. Étalant avec ostentation leurs bijoux, elles prennent des poses enjôleuses qui sont comme des caricatures des habituelles jeunes beautés voluptueuses auxquelles on pourrait s’attendre.


Un nu de Julien Lacaille

Les œuvres exposées expriment beaucoup de réflexion et d’exploration intérieure de la part des artistes. Elles révèlent les idées et les messages que ces étudiants veulent communiquer, cette fois-ci non pas avec des mots, mais à l’aide de toiles, de peintures, d’appareils photos, de papier et de crayons. Ces cours d’arts visuels représentent une partie importante de ce qu’un véritable programme d’arts libéraux doit être, à savoir une expérience tous azimuts des lettres et sciences humaines : non seulement la science, la littérature, l’histoire, les langues, mais aussi toutes les formes d’art.

Prochainement, la Galerie Glendon présentera Bolérama, une récente série photographique de l’artiste locale Lise Beaudry. Ces photos explorent, tant de l’intérieur que de l’extérieur, les roulottes Boler, manufacturées dans la ville natale de l’artiste, Earlton en Ontario. Les photos, accompagnées d’une installation sonore bilingue, révèlent l’approche ethnographique de l’artiste et réussissent à recréer une micro-culture particulière.

Bolérama sera à la Galerie Glendon du 20 mars au 8 avril. Les heures d’ouverture de la Galerie sont du mardi au vendredi, de midi à 15 h, et le samedi, de 13 h à 16 h. Géré par la directrice des affaires artistiques et culturelles Martine Rheault, la Galerie Glendon fonctionne sous l’égide du Bureau des services aux étudiants, sous la direction de la principale adjointe Louise Lewin. Pour plus d’information sur la Galerie Glendon, veuillez visiter son site Web www.glendon.yorku.ca/gallery ou communiquer avec Martine Rheault, tél. : 416-487-6859; courriel : artculture@glendon.yorku.ca .

Article soumis par Marika Kemeny, agente de communication de Glendon


Publié le 20 mars 2006