Guillaume Bernardi dirige la COC dans Les Noces de Figaro

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En ouverture d’une saison placée sous le signe de l’émotion, la Canadian Opera Company présente Les Noces de Figaro, de Mozart, sous la direction de Guillaume Bernardi (à droite). Le metteur en scène polyvalent, applaudi mondialement pour ses créations en théâtre, en opéra et en danse, est également un universitaire, professeur d’art dramatique à Glendon.

Cette production, présentée à l’Opéra de Francfort en mars 2007, a été acclamée par la critique. « Après la première [à Francfort], j’ai reçu un appel de la COC, qui m’invitait à présenter [Les Noces] à Toronto à l’automne. J’étais ravi d’accepter l’offre ! », déclare Guillaume Bernardi. Entretemps, le décès de [Richard] Bradshaw, le directeur adulé et très respecté de la COC, a donné au début de la saison un ton particulièrement poignant.

Guillaume Bernardi n’est pas un nouveau venu dans le monde de l’opéra. Il a réalisé Belshazzar et Saül, de Haendel, tous deux pour le Théâtre Royal de la Monnaie de Bruxelles; Dal male il bene pour le Festival de musique ancienne d’Innsbruck; et La conversione di Clodoveo, un oratorio scénique de Caldara. En 2006, l’Opéra de Francfort l’a invité à mettre en scène Through Roses, une oeuvre émouvante qui a pour sujet les efforts d’un violoniste pour survivre malgré ses souvenirs de l’Holocauste. La même année, il a dirigé Georges Dandin, de Molière, au Théâtre français de Toronto, et la critique a été très élogieuse. Il a chorégraphié Bas-reliefs, interprété à Montréal l’an dernier par Marie-Josée Chartier.

« La facture des Noces de Figaro est d’une grande complexité, explique-t-il. C’est une comédie, mais riche de sentiments profonds, de souffrance véritable et de critique sociale. » Les racines italiennes et françaises de G. Bernardi lui permettent une compréhension intime du brillant livret de Lorenzo Da Ponte, inspiré de la pièce de Beaumarchais, La Folle journée, ou le Mariage de Figaro (1784).


(de gauche à droite) Donato DiStefano dans le rôle du docteur Bartolo, Ying Huang dans le rôle de Susanna, Russell Braun dans le rôle du Comte Almaviva, Jessica Muirhead dans le rôle de la Comtesse, Megan Latham dans le rôle de Marcellina, et Robert Gleadow dans le rôle de Figaro dans la production de 2007 du Mariage de Figaro de Mozart, au Canadian Opera Company . Directeur artistique Guillaume Bernardi. Photo: Michael Cooper

Le metteur en scène confirme que, si l’ancienne salle de la COC, le Hummingbird Centre, ne convenait pas à des oeuvres intimes, comme l’est la production actuelle, la nouvelle maison de l’opéra, qui est le legs de Bradshaw, s’y prête à merveille. « Les Noces de Figaro est une histoire qui tourne autour des différentes étapes de la relation amoureuse, précise-t-il. C’est une observation fine des entichements de la jeunesse, illustrés par l’adolescent Cherubino, des amours débutants, comme celui de Figaro et de sa fiancée Susanna, et des mariages établis, comme c’est le cas pour le Comte et la Comtesse. L’histoire jette également un regard critique d’une grande vivacité sur la société du temps, les privilèges de l’aristocratie et la dépendance des serviteurs à l’égard de la bonne volonté de leurs maîtres. »

Dans la production actuelle, la mise en scène est minimale : peu d’accessoires, mais d’une élégance qui recrée admirablement l’époque et le décor de l’intrigue. La scène finale au jardin, au milieu des pins, est particulièrement évocatrice, et d’une grande beauté. Guillaume Bernardi admet que l’oeuvre n’a aucun besoin d’être adaptée au goût du jour : les thèmes qui l’animent et les relations qu’elle expose sont d’une fraîcheur et d’une actualité qui ne se démentent pas. Lui est profondément intéressé par le développement du caractère des personnages, celui de la comtesse surtout. La faculté qu’elle a de pardonner à son mari son donjuanisme et sa jalousie donne lieu à l’une des scènes les plus émouvantes du répertoire.


(de gauche à droite) Ying Huang dans le rôle de Susanna, Sandra Piques Eddy dans le rôle de Cherubino, et Jessica Muirhead dans le rôle de la Comtesse dans la production de 2007 du Mariage de Figaro de Mozart, au Canadian Opera Company. Directeur artistique Guillaume Bernardi. Photo: Michael Cooper

Guillaume Bernardi enseigne à Glendon depuis trois ans. Il a contribué à de nombreuses productions étudiantes, dont Yerma, de Garcia Lorca, et Sganarelle, de Molière. « Le travail avec les étudiants me passionne. J’adore la fraîcheur de leurs idées et leur capacité d’innovation, déclare-t-il. Les études d’art dramatique constituent une base solide pour de nombreuses compétences, dans le monde du théâtre comme au dehors. Mes étudiants se sentent à l’aise de prendre la parole en public. Ils apprennent à connaître le répertoire littéraire et théâtral, antérieur et actuel, ce qui est excellent dans la perspective d’une éducation axée sur les arts libéraux. De plus, le bilinguisme en vigueur à Glendon double les sources auxquelles puiser, et nous permet non seulement de parler deux langues, mais également d’appréhender, de l’intérieur, une multitude d’expériences culturelles. C’est un enrichissement authentique. »

Le prochain projet de Guillaume Bernardi à Glendon est The Joker of Seville, de Derek Walcott. Produite avec des étudiants de 2e année, la pièce doit prendre l’affiche en janvier. Hors de l’université, il présente, à la fin novembre, la première torontoise de Bas-reliefs, à l’occasion de l’événement DanceWorks.

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon

Publié le 2 novembre 2007