Glendon se souvient

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À la onzième heure du onzième jour du onzième mois se déroulait à Glendon, sous le drapeau, une émouvante cérémonie du souvenir. Près d’une centaine de professeurs, d’étudiants et d’employés – la foule la plus importante depuis longtemps – assistait à l’événement, qui a lieu chaque année.

Le principal de Glendon, Kenneth McRoberts, a souligné l’importance de commémorer ce jour, d’autant plus grande que la présence active de troupes canadiennes en Afghanistan est en train de donner naissance à une nouvelle génération d’anciens combattants.

Le drapeau a été mis en berne pendant qu’une étudiante, Michelle Brise, jouait La Dernière Sonnerie à la trompette et que les personnes présentes observaient deux minutes de silence. Trois textes poignants, écrits par des soldats de l’armée canadienne à l’occasion d’engagements militaires différents, ont été lus par des membres de la communauté.

À gauche : Rosanna Furgiuele, principale adjointe, Services aux étudiants, lit le poème "Thanks for the Tea" (Merci pour le thé). Derrière elle à la gauche, le principal McRoberts, à la droite : Alexandra Verbinschi et Michael Barutciski

Rosanna Furgiuele, principale adjointe, Services aux étudiants, a lu un souvenir de guerre intitulé Thanks for Tea [« Merci pour le thé »]. Dans ce texte, Peter Leacock, capitaine de l’armée canadienne, raconte que pendant la bataille du Monte Cassino (Italie, 1944), les soldats de sa patrouille de reconnaissance avaient teint en brun leurs filets à moustiques blancs en les trempant dans le thé que leurs proches leur avaient envoyé, afin de se fondre dans le paysage et d’échapper aux avions ennemis qui les survolaient.

À droite : Le professeur Michael Barutciski lit le poème d'Andrew Grenon

Le professeur Michael Barutciski, directeur des études à l’École supérieure des affaires publiques et internationales de Glendon, a lu un poème écrit en français par le caporal Andrew Grenon, de Windsor, en Ontario, et intitulé Pourquoi nous battons-nous? Le jeune homme était âgé de 23 ans quand il l’a écrit, au cours de sa deuxième affectation en Afghanistan. Il est mort en service depuis, dans une attaque menée par des insurgés. Ce poème, que l’on peut lire sur le site du ministère de la Défense nationale et des Forces armées canadiennes, illustre son dévouement à la cause, motivé par le but ultime que les générations à venir – à commencer par ses enfants – n’aient pas à combattre pour vivre en paix.

Alexandra Verbinschi, une étudiante de 4e année en études internationales, a lu un autre poème d’un ancien combattant, Elvis Baptiste, A Veteran’s War is For Life [« Pour un vétéran, la guerre, c’est pour la vie »; traduction libre], qui rappelle que le passage du temps et les honneurs n’effacent pas la peur et les horreurs vécues au combat :

« Aujourd’hui, les fusils se sont tus, les armes sont au musée.
Mais moi j’y suis encore.
Dans ma tête je cours, je feinte pour éviter les balles.
La peur traîne encore autour pendant que moi je me cache toujours dans ces donjons.
Je passe ma vie à essayer de m’en échapper. Pour un vétéran, la guerre, c’est pour la vie. »


Ce vibrant hommage rendu à ceux qui ont servi et sont morts sous les drapeaux pour que nous puissions vivre en paix s’est conclu sur l’Ô Canada, joué par l’Ensemble de musique de Glendon.


L'Ensemble musical de Glendon chante O Canada

Un article de Marika Kemeny, agente de communication de Glendon

Publié le 15 novembre 2010